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Burkina: «Plus de 46 000 enfants non scolarisés ont été enregistrés au niveau des déplacés internes » (Stanislas Ouaro)
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Burkina: les télévisions privées débourseront 75 millions de FCFA par an pour la redevance TNT
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Justice: la procureure de la CPI fait appel de l'acquittement de Gbagbo et Blé Goudé
Burkina: l’UPC «vivement préoccupée par la dégradation continue de la situation sécuritaire»
Burkina: la marche non autorisée des syndicats et de la société civile dispersée par la police, une dizaine de blessés

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TRIBUNE

L’Etat burkinabè est menacé dans son intégrité. Les fondements de la nation sont régulièrement bafoués par des individus aux obscurs desseins. L’heure est suffisamment grave au Burkina Faso. Le pays est en guerre. Les incrédules doivent enfin se le tenir pour dit. Face à la recrudescence des attaques terroristes, les discours creux,  l’insouciance, les interminables jérémiades ou les initiatives isolées et sans lendemains n’ont plus lieu d’être. Il faut impérativement une mobilisation générale s’appuyant sur une réflexion structurante pour sauver le Faso du péril qui le guette.  Des actions immédiates et réfléchies sont attendues du premier magistrat du pays jusqu’au citoyen lambda.

Le bilan macabre donne froid dans le dos. Depuis 2015,  plusieurs dizaines de Burkinabè ont péri dans les attaques terroristes. De nombreux autres  en portent les stigmates à vie.  Les déplacés internes se comptent par centaines de milliers. Le  pays tout entier est dans l’émoi et la consternation.  L’attaque de Koutougou est une véritable hécatombe pour les forces de défense et de sécurité engagées courageusement dans cette lutte anti-terroriste. Malgré le caractère préoccupant de la situation, certains burkinabè semblent  n’en n’avoir cure. A titre illustratif, combien sommes-nous à avoir véritablement respecté les restrictions que nous imposait le décret instituant le deuil national suite aux attaques de Koutougou ? Avons-nous fait notre introspection suite à ce deuil ? Quelles sont les résolutions que nous avons prises pour l’après deuil ?  Nous ne sommes pas nombreux à pouvoir apporter des réponses intelligibles à ces questions. C’est là l’une des plaies de notre société actuelle. Nous nous complaisons dans le conformisme. Nous ne tirons pas suffisamment leçon des attaques terroristes pour nous remettre en cause et mettre nos actes en perspective. L’émotion est vive après chaque attaque terroriste.  Dès les premières heures,  nous nous étripons,  nous invectivons, nous accusons à tout-va. Mais quelques jours seulement après l’épreuve,  nous retombons dans le train-train quotidien.  La bière, les brochettes et la … bamboula reprennent le dessus. C’est la dolce vita !  Circulez. Il n y a rien à voir. Le « yelkayé » atteint son paroxysme…

Du nécessaire changement  de paradigme

Si nous sommes dans un pays normal, le contexte, lui, est radicalement différent  de ce que nous vivions il y a seulement  une dizaine d’années.  Désormais, le terrorisme est une donnée à prendre en compte. A tous les échelons.  Il nous faut donc un aggiornamento, un changement de paradigme dans nos actes au quotidien. Au niveau de la gouvernance, il faut sortir des sentiers battus de la gouvernance classique  pour s’inscrire dans une véritable et durable rupture. Sur ce terrain, il ne devrait plus y avoir de passe-droit, de clientélisme, d’hommage du vice à la vertu. Il faut engager une farouche lutte contre la corruption et  œuvrer inlassablement à la moralisation de la vie publique. Sans vouloir qu’ils deviennent des parangons de la vertu,  les premiers dirigeants doivent néanmoins montrer patte blanche afin que leur exemple fasse tache d’huile.  Les terroristes et leurs suppôts exploitent en effet outrancièrement les failles de la gouvernance pour rallier de nombreuses personnes à leur cause. Il faut ouvrir l’œil et le bon. Il ne faut guère prêter le flanc.  La gouvernance s’étend aussi à l’ensemble de la classe politique qui doit faire preuve de hauteur d’esprit face au terrorisme.  A ce propos, plus d’un mois après la fin du dialogue politique, aucune recommandation n’a été, à notre connaissance, mise en œuvre.  Pourtant,  de bonnes propositions ont été formulées pour sortir le pays du bourbier terroriste.  Il est temps d’agir pour ne pas donner l’impression à une partie de l’opinion que ce forum a été juste une espèce de défouloir pour les uns et les autres. Il est temps de secouer le cocotier. On ne saurait attendre indéfiniment alors qu’il y a péril en la demeure. 

Le peuple à la rescousse de l’armée

Le deuxième niveau de mobilisation concerne les forces de défense et de sécurité.  Les effectifs actuels de militaires, gendarmes et policiers sont insuffisants face à l’ampleur et à la gravité de la menace.  Il faut donc recruter  des réservistes qui seront conséquemment formés pour  contribuer à l’effort de guerre.  Les cellules de veille et d’alerte dans les villes et villages, les groupes d’auto-défense ont fait leurs preuves dans certains pays comme l’Algérie,  le Pakistan, l’Afghanistan, le Nigéria.  Tout en veillant au respect des droits humains et des conventions internationales en matière de lutte contre le terrorisme, le Burkina Faso peut s’inspirer des expériences de ces pays pour organiser une véritable défense populaire. Le peuple doit faire corps avec son armée. Chaque burkinabè doit être prêt à s’engager sous le drapeau pour défendre la patrie.  Dans aucun pays du monde, l’armée à elle seule n’est parvenue à vaincre le terrorisme.  Il faut nécessairement des relais au niveau des populations.  La flamme patriotique brûle dans le cœur de nombre de jeunes burkinabè qui ne  supportent plus de voir le pays  s’enliser de jour en jour. L’énergie et la pugnacité de ces jeunes sont bien mobilisables.  Le recrutement exceptionnel de 500 soldats du rang initié par le ministère de la Défense est déjà un bon pas en ce sens. Après l’attaque de Koutougou, il faut rapidement travailler à désamorcer la crise qui couve au sein de l’armée. Le crépitement des armes  qui s’est  déroulé au camp Guillaume Ouédraogo n’est pas à l’honneur de  l’armée surtout dans le contexte actuel.  La situation doit être gérée avec le maximum de soin et de doigté pour un retour définitif de la sérénité dans les rangs. Il faut surtout des mesures conservatoires pour que la tragédie de Koutougou  ne se reproduise plus jamais au sein des FDS.  Parlant toujours du moral des troupes, il est de bon aloi que le Président du Faso  en tant que chef suprême des armées aille beaucoup plus régulièrement au contact des hommes dans les casernes et sur le front. La présence physique du chef en amont ou en aval des situations critiques  est un bon stimulant et un adjuvant pour les hommes.

Au front, patriotes !

La lutte contre le terrorisme se mène aussi au niveau artistique et culturel.  En ce sens, il convient d’encourager et susciter les créations artistiques tendant à motiver et revigorer les FDS sur le front.  Ces chansons peuvent avoir un effet psychologique très fort sur les troupes. Dans ce registre, il convient de saluer  l’artiste Nourat Zoma pour sa chanson « Burkina soldats » qui s’inspire de la rythmique de « Buffalo soldier » de Bob Marley. C’est une œuvre de belle facture  dont l’écoute donne des frémissements et fouette la fierté d’être Burkinabè.  Les boys ont besoin d’égéries au front.

Pour être concluantes, toutes ces initiatives doivent s’insérer dans une véritable  stratégie de lutte anti-terroriste assortie de plans opérationnels très clairs.  Le Burkina Faso regorge de valeureux stratèges pour un tel travail d’orfèvre. 

Les larmes ont assez coulé. De nombreuses familles sont endeuillées. C’en est assez. Le Burkina Faso doit reprendre l’initiative face aux terroristes. Nous ne pouvons guère nous contenter d’une posture attentiste et réactive. Le leitmotiv doit plus que jamais être celui-ci : « des actes », « des actes », « des actes ». Le gong a sonné. Trêve de complaintes. Au front ; patriotes ! Et pour reprendre la chanson hommage à Che Guevara, disons : « Hasta la victoria siempre » (Toujours jusqu’à la victoire).

 

 

 

 

 

 

 

Enseignant chercheur

Ouagadougou

 

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