Aujourd'hui,
URGENT
Cameroun: le chef des séparatistes anglophones condamné à la perpétuité
Italie: le président du Conseil Giuseppe Conte annonce sa démission
Ouagadougou: un important lot de poulets impropres à la consommation déversé à l’arrondissement 6, une enquête ouverte
Burkina: le bilan actualisé de l'attaque de Koutougou est de 24 militaires tués, 5 disparus et 7 blessés
Burkina: 40 terroristes tués après l’attaque de Koutougou (AIB)
Burkina: «Plus d'une dizaine de militaires» tués dans l’attaque de leur détachement
Soudan: le procès pour corruption d'Omar el-Béchir s'ouvre à Khartoum
Burkina: 270 776 personnes déplacées internes enregistrées à la date du 16 août, le plan d'urgence estimé à plus de 110 milliards de FCFA
Fada N'Gourma : décès de sa Majesté Kupiendieli, 31ème Roi du Gulmu, dans la nuit de vendredi 16 au samedi 17 août 2019. 
Soudan: le nouveau Premier ministre Abdalla Hamdok confirmé le 20 août

TRIBUNE

Hommes armés non identifiés (HANI). Ces derniers temps, c’est  sous ce vocable que  sont désignés les auteurs des attaques terroristes  itératives perpétrées contre les innocentes populations civiles et parfois certains symboles de l’Etat au Burkina Faso. Mais diantre qui sont ces «HANI» dont les actes sont bannis ? Comment arrivent-ils à passer incognito ? Comment parviennent-ils à commettre si facilement  leur base besogne et à repartir allègrement ? De nombreuses questions demeurent sans réponses.  Mais face à la recrudescence des attaques, les populations des zones où ces HANI sévissent, les FDS, la communauté burkinabè du renseignement sont interpellés.  Le bilan macabre doit s’arrêter. Il faut donc tout mettre en œuvre pour mettre ces HANI hors d’état de nuire. Le Burkina Faso en a les moyens.

Le modus operandi est le même.  Les HANI se déplacent généralement à bord de tricycles ou de motos.  Ils opèrent parfois à visages découverts.  Ils profèrent des menaces contre les populations, abattent des victimes, menacent encore ces populations de représailles si elles venaient à collaborer avec les FDS. Disparaissent dans la nature. La suite est connue. Quelques heures après, communiqué du ministère de la défense: «Dans la nuit du… au..., le village x a été attaqué par des hommes armés non identifiés. Le bilan fait état de X victimes. Des ratissages sont en cours (…) ».

La dernière attaque a eu lieu dans le marché du village de Diblou, commune rurale de Pissila, province du Sanmatenga, dans la nuit du 25 au 26 juillet 2019.

15 personnes ont été tuées. Les individus armés non identifiés ont fait une incursion dans le village et ont tiré à bout portant sur les populations. Le lendemain de cette attaque, il y a eu déplacements de populations suite à des rumeurs faisant état de l’irruption d’hommes armés dans le village de Kankandé. Il a fallu un démenti du maire de Kaya pour atténuer un tantinet la psychose.

Nous vivons un véritable drame avec des morts et des milliers de déplacés internes. Cette spirale doit s’arrêter. Chaque mort d’un burkinabè,  est une mort de trop. Cela dit, que faire face à des individus  qui ne reculent devant rien pour accomplir leur funeste dessein  même en situation d’Etat d’urgence?

Renforcer le renseignement

Dans un premier temps, les structures de renseignement tant au niveau central que décentralisé doivent mieux collaborer. A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Au niveau des structures spécialisées du renseignement, nous pensons notamment à l’Agence Nationale de Renseignement (ANR), à la Division du renseignement militaire (DRM),  au centre de recherche et de traitement de l’information (CTRI) de la Gendarmerie Nationale, à la Direction de la Sûreté de l’Etat (DSE) de la Police nationale, à la Cellule nationale de traitement de l’information financière (CENTIF),à  la Direction des enquêtes douanières (DED), à la Division du renseignement pénitentiaire (DRP), au service du renseignement et des opérations (SOR) des eaux et forêts.

Ces structures doivent être appuyées par les brigades de gendarmerie, les commissariats de police, les postes de douanes, les corps de troupes militaires,  les unités des eaux et forêts, les unités de la garde de sécurité pénitentiaire.  Des structures techniques comme l’autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), l’office national d’identification (ONI),  la Direction Générale des transports terrestres et maritimes (DGTTM), l’institut géographique du Burkina (IGB),… pourraient être consultées.

En fonction de ses prérogatives, chaque structure détient un certain nombre d’informations. Sans être un expert des questions sécuritaires, nous pensons  qu’une bonne agrégation  des données d’une localité bien déterminée peut fournir de précieux indices  à même de permettre de déjouer certaines attaques  ou de neutraliser les terroristes où qu’ils se trouvent.

Dans la situation que nous vivons actuellement, il n y a pas de pré carré qui prévale. Les structures doivent nécessairement collaborer. Il y va de la survie du Burkina Faso en tant qu’Etat. Les données collectées et traitées devraient permettre  de parvenir à un plan d’alerte et de prévention ayant pour objet d’informer les autorités de l’État de toute menace d’action terroriste probable, de faire appliquer des mesures générales et/ou spécifiques de vigilance et de prévention adaptées à l’évolution de la situation.

Ce dispositif doit aussi permettre de mettre en éveil l’organisation des différents échelons de défense pour diffuser les dispositions prises, rechercher des renseignements et des indices complémentaires, s’assurer de l’application des mesures de vigilance ou de prévention prescrites pour réagir instantanément à tout acte de terrorisme, de préparer la mise en œuvre éventuelle des plans ad hoc d’intervention contre les actes de terrorisme.

Se départir des positions égocentriques

Mais quelque soient les moyens qui seront déployés, les résultats ne peuvent être concluants qu’avec la participation pleine et entière des populations des zones attaquées.  Dans cette croisade anti-terroriste, les populations jouent un rôle déterminant. Les FDS doivent alors les rassurer et faire surtout en sorte qu’elles  ne cèdent pas aux intimidations de représailles proférées par les terroristes. 

Le mode opératoire des terroristes ainsi que le fait que les attaques ne sont jamais revendiquées laissent croire que  les individus auteurs des attaques ne sont pas extérieurs aux communautés visées. Ils vivent avec les populations au quotidien, savent où frapper pour faire le maximum de victimes, maitrisent surtout les failles du système sécuritaire.  C’est pour cette raison qu’un travail de fond doit être opéré après chaque attaque terroristes. Il ne faut pas se contenter de déplorer les victimes et d’annoncer  des opérations de ratissage. Il faut une enquête minutieuse dans la zone attaquée. La police scientifique pourra être sollicitée pour l’expertise balistique.  De fil en aiguille, de précieux indices pourront être rassemblés pour débusquer ces « hommes armés non identifiés ».

Il est vrai que les FDS sont montées en puissance.  Les opérations Otapuanu et Doofu enregistrent de grands succès sur le terrain. Les attaques contre les FDS ont  également sensiblement diminué.  Mais la véritable prouesse consistera à enrayer le phénomène terroriste. C’est bien possible. Le Burkina Faso a les hommes et les moyens pour cela. La lutte sera certainement de longue haleine mais le Burkina Faso en sortira victorieux car rien ne peut s’opposer à l’avancée radieuse d’un peuple déterminé avec à sa tête des dirigeants résolument dévoués pour la cause de la patrie. 

C’est aussi l’occasion d’attirer l’attention de tous  ces politiciens opportunistes qui veulent faire du terrorisme un fonds de commerce ou qui se réjouissent chaque fois que le pays est attaqué. Cette conception de la politique est contreproductive et aux antipodes des valeurs démocratiques et républicaines. A l’issue du dialogue politique qui s’est déroulé dans une atmosphère plutôt bon enfant, les uns et les autres doivent  se départir des positions égocentriques pour ne considérer que l’intérêt supérieur du pays au moment ou des milliers de nos compatriotes sont des déplacés dans leur propres pays du fait de nos propres turpitudes.

C’est en cela que l’union sacrée trouve toute sa pertinence.  Le Burkina Faso est à une étape critique de son histoire. Les hommes politiques ont une lourde responsabilité. Vont-ils  précipiter le pays dans l’abîme ou faire preuve de grandeur d’esprit afin que le Burkina Faso retrouve son lustre d’antan ? L’avenir nous le dira.

Jérémie Yisso BATIONO

Enseignant chercheur

Ouagadougou

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Sondage

La Fédération burkinabè de football a choisi de confier le poste de sélectionneur des Etalons "A" à Kamou Malo, faisant ainsi confiance à l’expertise nationale. Cette décision, selon vous, est:

OFFRE CANAL+

Rejoins-nous sur Facebook

ACTUELLEMENT DANS VOS KIOSQUES

NEWSLETTER

Abonnez vous à notre bulletin d'informations pour être quotidiennement informé