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SPORT

Le 26 mai dernier naissait à Grand Bassam en Côte d’Ivoire, Confédération africaine de pétanque (CAP). Déterminées dans un esprit de responsabilité à travailler pour le rayonnement de la pétanque au plan continental, une quinzaine de fédérations venaient ainsi de prendre leur destin en main, vu que la Confédération africaine des sports boule (CASB) que dirige le Béninois Ibrahim  Idrissou ne répondait plus aux attentes des boulistes africains. Présent à Ouagadougou au Burkina dans le cadre du tournoi de la CEDEAO, le tout nouveau président de cette confédération, l’Ivoirien Léopold Vincent Touré est revenu sur les enjeux et défis de la nouvelle CAP.


Fasozine : quelles sont les raisons qui sous-tendent la création de la CAP ?

Léopold Vincent Touré : Il y avait vraiment beaucoup de problèmes au sein de la Confédération africaine de sport boules. On nous demande d’être démocrates dans nos pays et donc dans toutes les institutions, il faut l’être aussi. En 2015, nous sommes allés aux élections au Tchad en complicité avec Bachar le président de la Fédération tchadienne de  sports boules et  le président actuel, Ibrahim Idrissou a bloqué le passeport de certains  présidents à l’aéroport et au moment des élections, ces derniers n’avaient pas de passeports donc ils n’ont pas pu  voter. Ce sont des méthodes d’un âge révolu. Cette année encore, Idrissou a décidé de ne pas faire des élections alors que depuis le début de l’année, son mandat est fini. Il a inventé une disposition du Comité international olympique qui stipule qu’il faut  que les fédérations s’alignent mais la pétanque n’est pas une discipline du CIO. D’ailleurs nous avions demandé à instaurer la pétanque comme une discipline du CIO mais ils ne l’ont pas accepté. Donc ils ne peuvent pas revenir nous demander de voir notre calendrier des élections par rapport à eux.

Il y a pourtant des textes en la matière non ?

Il y a des règlements intérieurs et si ces choses doivent se décider, cela doit se faire en fonction de nos textes. Regarder une confédération qui n’a pas de rapport financier, il n’y a pas de programme d’activités et quand le président décide de sanctionner un pays, il le fait de manière unilatérale au nom de son comité exécutif qui ne se réunit pas. Puisqu’on sait que les uns et les autres ne sont pas sur place. Nous ne voulons plus de ce genre de dirigeants autocrates. Nous voulons des dirigeants démocrates qui savent que lorsqu’ils sont en minorité, ils doivent s’effacer  pour laisser la place à un nouveau sang  pour avancer.

Qu’est ce qui explique l’absence du Benin au tournoi de la CEDEAO cette année ?

Le Benin généralement participe à nos activités contre vents et marrées. L’année dernière, Idrissou a fait sortir une note demandant  aux Béninois de ne pas  participer au tournoi de la CEDEAO parce qu’il a un problème personnel avec le président de la Fédération burkinabè de pétanque. Et c’est  vraiment dommage parce qu’on ne peut pas fonctionner ainsi. Cette année, malgré l’absence du Bénin, nous avons a eu un peu plus de triplettes et je pense que le Bénin se prépare pour la coupe d’Afrique. Ils n’ont pas le choix parce qu’ils sont dans un système mais ils vont  nous suivre bientôt parce que le président  Bidou est quelqu’un de bien et il suit ce que nous faisons. Il n’apprécie pas également le comportement de Idrissou qui est son compatriote mais au temps opportun, il sera avec nous dans ce combat pour que rayonne la pétanque africaine.

Quels sont les défis pour la nouvelle CAP ?

Le premier défi pour nous, est de rendre la pétanque impersonnelle.  Il nous faut un programme cohérent et sur le long terme pour permettre aux athlètes d’avoir de la compétition. Ce que la CASB n’offre pas jusqu’à ce jour. Depuis que nous avons commencé à nous organiser entre nous, nous sommes tout le temps dans le carré lors des compétitions internationales. Au Madagascar, nous avions placé deux équipes en finale. Au Canada, nous avions placé trois équipes dans le carré et deux équipes en Espagne. Tout cela est le fruit donc de notre organisation mais pendant ce temps, Idrissou n’attend que l’organisation de la coupe d’Afrique. Nous avons donc pour défi, de faire de la pétanque, une discipline qui fera désormais parler d’elle dans le monde. Et c’est pour cela qu’il est plus qu’important que l’ensemble des fédérations se donnent la main avec la bénédiction des clubs bien sûr.

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