Aujourd'hui,

PORTRAIT

Il n’avait que 13 ans, en 1998, lorsque, par le biais de ses «grand-frères du quartier», le petit Joël découvre le rap. Bien des années plus tard, «Phénomène», un groupe qu’il montera avec quatre de ses compagnons a vu le jour. Ce fut réellement le top de départ d’une carrière d’artiste, qui pour lui n’est pas le fait du hasard. Avec deux albums à son actif, Joey Le Soldat vit pleinement son rêve. 


Lorsqu’il franchit l’étape du lycée, Windtoin Joël Sawadogo voit s’accentuer son amour pour la musique hip-hop. Le choix de sa carrière est fait, mais il sait qu’il doit attendre son heure. Durant cette attente, il va à la conquête de la licence en Lettres modernes, obtenue à l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou. «Je n’irai pas plus loin dans les études, tout simplement parce que mon amour pour la musique prendra le dessus sur toute autre chose», commente Joey Le Soldat.

Comme pour poursuivre le combat mené par son grand-père, ancien combattant, il choisit de se faire appeler «Le Soldat». C’est en 2009 que démarre de façon concrète sa carrière. «Tout a commencé par des participations à des freestyles dans les concours organisés à la radio ou dans la rue. C’est sur ces scènes que j’ai peaufiné ma technique», affirme l’artiste.  De ces premières sorties en public, l’artiste a été particulièrement marqué par son passage au festival Ouaga hip-hop, où il a arraché la palme d’or du clash national. En 2012, avec Art Melody, il enregistre une compilation intitulée «Waga 3000».

Aujourd’hui, Joey Le Soldat, rappeur à la base, conjugue chant et rap, pour donner une coloration particulière à son flow. De fil en aiguille, il parviendra à se faire une identité matérialisée par «La parole est mon âme», son premier album solo, sorti en 2012. Deux ans plus tard, il connaît la consécration avec «Burkin bâ», l’œuvre qui le propulse au-devant de la scène sur le plan national. De par sa vision des choses, qu’il dit exprimer à travers ses deux productions discographiques, Joey soutient qu’il vient donner une nouvelle énergie au rap burkinabè, faisant le choix de s’exprimer, sur ses flows, dans sa langue maternelle, le mooré, dans l’espoir de jouir d’une certaine liberté et surtout de faire étalage de sa technique.

Par ailleurs, le natif de Koumbri, localité située non loin de Gourcy, dans la région du Nord du Burkina Faso, à environ 140 kilomètres de Ouagadougou, est convaincu que cette tendance musicale dans laquelle il évolue peut permettre au rap burkinabè d’être assez représentatif et compétitif à l’échelle internationale. Son deuxième album illustre bien cette conviction. En effet, selon l’artiste, de grosses pointures du rap américain, sans pour autant comprendre le mooré, ont été accrochés par le produit après l’avoir écouté.

Cela lui a également valu la reconnaissance de ses compatriotes, qui le découvraient à peine. Et lorsqu’il participe, en 2015, au concours «Découvertes» de Radio France Internationale, il décroche la deuxième place, haut la main ! «Cette expérience m’a donné l’opportunité de m’ouvrir au monde à travers de nombreuses rencontres, qui ont donné naissance un peu plus tard à de nombreux projets auxquels j’ai participé dans de nombreux pays, aussi bien sur le continent africain qu’en Europe», révèle Joey Le Soldat, qui se considère cependant n’être qu’«au début d’une carrière riche et longue».

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il en a déjà pris le chemin. Il vient en effet de signer avec MC*5, devenant le premier Africain à travailler avec ce label de musique pour artistes évoluant dans le hip-hop et ses dérivés. Un bon point pour le jeune célibataire de 31 ans, qui espère mettre son troisième album sur le marché en février prochain.

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