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PORTRAIT

En quatre années, Imilo Lechanceux — Emile Ilboudo à l’état civil — apparait comme l’artiste le plus veinard de sa génération. Un vrai chanceux à qui, superstition oblige, les commerçantes de son quartier donnaient de l’argent pour qu’il soit leur premier client. Malgré le succès fulgurant qu’il connaît en tant que musicien, le petit prodige de Tanghin Dassouri, localité située à quelques encablures de Ouagadougou, garde tout de même la tête sur les épaules: «Dieu fait ma force et j’attends mon heure.» Son heure a véritablement sonnée en cette soirée du 28 avril 2017 où il a été sacré Kunde d'or.


C’est à Tiassalé, en Côte d’Ivoire, que naît Emile Ilboudo le 20 septembre 1988. Il fera ses premiers pas artistiques dans cette commune, notamment avec le ballet municipal de Tiassalé, avant de déposer, en 2004, ses valises au Burkina Faso, son pays d’origine. Le fils de Johany Ilboudo, chauffeur à la retraite, et de Bernadette Zoungrana, ménagère, intègre par la suite l’Atelier théâtre burkinabè (ATB) au sein duquel il continue de faire du théâtre et de la danse.

En 2005, sous le surnom de DJ Imilo, il se lance dans le mouvement «Disk Jockey» qui venait de faire son apparition au Burkina. La platine, la danse et les animations n’ont plus de secret pour lui. Il tape aussitôt dans l’œil d’artistes comme Floby, Adèle Rouamba, Idak Bassavé, Amity Méria, Wendy, Dez Altino, la regrettée Djata Ilebou, David Tayerault et le Maréchal Séka Séka, qui l’invitent à exécuter ses pas de danseur dans leurs clips.

Avec sa casquette de DJ, il participe à plusieurs compétitions dont celui d’Erof Production, à l’issue duquel il est classé troisième. Les quatre premiers de ce concours — DJ Imilo, Baby, Tabaly et Zino — forment en 2009 le groupe «Les Villageois». En 2010, DJ Imilo décide de se lancer dans une carrière solo. Il prend alors le nom d’Imilo Lechanceux et sort «En voici 1», son tout premier album. Composée de huit titres, l’œuvre est arrangée par l’artiste ivoirien Serge Beynaud.

La chanson «Mot de passe» va le propulser au-devant de la scène. L’international footballeur burkinabè Bertrand Traoré apprécie: «Imilo est un artiste talentueux. C’est un monsieur que je prends du plaisir à écouter. Je promets de danser Mot de passe à chaque fois que je vais marquer un but.» En 2013, Imilo rebelote avec un autre concept, «le Super», et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il sort le «Wassa Wassa» en 2014 puis «Talaba» en 2015, suivi du single «Attraper attraper» avant de sortir «Elévation», son dernier album le 23 février 2017. C’est donc à juste titre que les mérites de l’artiste ont été reconnu à travers son sacre aux Kunde 2017 où il est reparti avec l’or des mains de la première dame Bella Sika Kaboré.

Septième d’une famille de huit enfants, Imilo se dévoue entièrement à la musique. «Je me concentre d’abord sur ma musique. Je travaille d’abord et quand je serai bien assis, je prendrai une femme», projette l’artiste. Estimant que le mariage est synonyme de beaucoup de responsabilités, l’ancien pensionnaire de l’école catholique de Tiassalé continue pour l’instant de vivre sa passion avec la musique, son amour de tous les jours. Après avoir bouclé une tournée européenne en novembre 2015, Imilo a retrouvé sa terre natale, la Côte d’Ivoire, en janvier 2016. Dans son viseur pour cette année, le Tchad pour mai 2016, à l’occasion d’un festival.

© Fasozine N°62, Mars-Avril 2016

Par Abel AZONHANDE

 

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