Aujourd'hui,
URGENT
Sierra-Léone:  le gouvernement burkinabè présente ses condoléances aux familles des victimes des inondations de Freetown.
Terrorisme: le commando qui a attaqué le café Istanbul est "probablement venu du nord du Mali ou près de la frontière" (source sécuritaire).
Ouagadougou: un camion percute mortellement un conducteur de tricycle sur le boulevard des martyrs de l’insurrection ce 16 août (Omega).
Burkina : "aucun couvre-feu n'a été décrété par les autorités après l'attaque terroriste contre le Café Istanbul" (MATD).
Café Instanbul: Un deuil national de trois jours décrété pour compter de ce lundi 14 août. 
Café Istanbul: 7 Burkinabè et d’autres nationalités y ont péri
Café Istanbul::  16 victimes identifiées, dont 7 Burkinabè
Café Istanbul:: Le président du Faso condamne l'attaque "avec la plus grande énergie".
Attaque de l'Istanbu: le Gouvernement a mis en place un dispositif de prise en charge gratuite des victimes.
Café Istanbul : La gendarmerie annoncé la fin de l'assaut. Deux terroristes tuês. 

C’est un sommet de tous les défis qu’abrite la capitale rwandaise du 10 au 18 juillet. Un sommet de tous les défis, mais aussi un rendez-vous hautement diplomatico-stratégique puisque l’Union africaine devra s’offrir, à Kigali, un nouveau staff, un « gouvernement » tout neuf avec pour ambition affichée de donner une réelle impulsion à la dynamique et à l’action au sein de l’institution panafricaine.

En effet, après un mandat de quatre années à la présidence de la Commission de l’Union africaine, la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, 67 ans, renonce à rempiler. En plus de son poste, ce sont également ceux de son adjoint et des huit commissaires de la Commission qui seront soumis à élection ; ce qui souligne davantage l’importance de cette 27e session ordinaire de l’Union africaine. Au regard des enjeux, on peut aisément affirmer que les réflexions autour du thème de ce sommet — « L’année africaine des droits de l’Homme avec un focus particulier sur les droits des femmes » — seront bien vite noyées par les questions sur l’avenir politique et stratégique de l’Union africaine, plus que jamais en panne d’action et de leadership.

Si l’élection, en 2012, de Nkosazana Dlamini-Zuma avait suscité fierté et espoir, laissant entrevoir une nouvelle ère pour l’institution panafricaine, le désenchantement est quasi unanime quatre ans après. La première femme à diriger l’auguste Commission de l’Union africaine n’a pas réussi à emballer les Africains, ni même à redonner visibilité et lisibilité à ses actions. Bien au contraire, aussi bien de l’intérieur du palais de verre qui abrite le siège de l’organisation à Addis-Abeba, en Ethiopie, qu’à l’extérieur, sur le terrain des crises sociopolitiques ainsi que des défis économiques et sanitaires qui ont éprouvé les populations, l’Union africaine est apparue, ces quatre dernières années, bien fébrile, en panne d’inspiration et parfois complètement aphone, inexistante.

De fait, tout le monde s’accorde pour reconnaître aujourd’hui que l’Union africaine, et notamment sa Commission gouvernante, n’est rien d’autre qu’un « machin », de surcroît grand malade, à qui il faut administrer sans tarder un remède de cheval. Car les défis, eux, sont là, prégnants, pressants, appelant à une urgente thérapie de choc. Ils ont pour noms insécurité et terrorisme, épidémie et chômage, énergie, industrialisation et développement… Comment fédérer les Africains autour d’une vision commune pour bâtir enfin un destin communautaire qui épouse les réalités des populations et dans lequel chacun se retrouve à travers une citoyenneté partagée ?

En vérité, le prochain président de la Commission de l’Union africaine, qui qu’il soit, ainsi que le staff qu’il conduira, devra se dépenser sans compter pour redonner crédibilité et empathie à l’institution panafricaine. Pour cela, les nouveaux élus doivent impérativement tirer les leçons du constat, pertinent, de l’historien Amzat Boukari-Yabara, qui déplore avec amertume que l’Union africaine « ne fabrique plus les imaginaires d’un panafricanisme qui se pense en dehors de ses instances et des systèmes étatiques où les concepts de solidarité, de sécurité et de culture n’ont plus leur place ». De plus, se désole l’historien bénino-martiniquais, « l’UA est déconnectée des réalités et n’a pas réussi à intégrer les sociétés civiles dans les discussions. Elle reste donc un cercle de chefs d’Etat ».

Alors, question : qui des prétendants à la succession de Nkosazana Dlamini-Zuma a l’étoffe, le gabarit et le charisme nécessaire pour impulser les dynamiques nouvelles face aux défis de l’heure, afin de construire, avec les populations, l’Afrique de demain ? Sur le papier, les profils sont incontestablement prestigieux. Sans doute aussi que, dans les têtes, les ambitions sont nobles. Mais, aussi bien pour le Sénégalais Abdoulaye Bathily, la Botswanaise Pelonomi Venson-Moitoi, l’Ougandaise Speciosa Wandira Kazibwe que pour l’Equato-Guinéen Agapito Mba Mokuy — tous en lice pour le job —, la tâche ne sera nullement aisée.

Une chose est certaine : l’Afrique est en quête d’un nouveau départ, d’un challenge sérieux pour affronter les maux qui l’assaillent encore de toutes parts. Et les Africains attendent du président de la Commission de leur institution continentale qu’il ne soit pas, qu’il ne soit plus, selon la confidence d’un diplomate africain, « un serviteur des chefs d’Etat, un secrétaire entouré de technocrates démotivés qui assurent une impunité totale aux puissants ». Surtout dans un contexte sociopolitique où l’esprit et la lettre des Constituions continue d’être allègrement foulés aux pieds ci et là…