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PARLONS-EN

La capitale du Burkina Faso abrite, du 3 au 7 mars 2017, un symposium international sur le dialogue des religions et des cultures. Objectif: «Harmoniser les différentes approches développées par les organisations et institutions internationales et régionales afin de donner une vision cohérente de la question.»

Piloté principalement par Filippe Savadogo, ancien représentant permanent de l’Organisation internationale de la francophonie aux Nations unies, et Lazare Ki-Zerbo, spécialiste de programme à l’Organisation internationale de la francophonie de 2004 à 2014, ce symposium vise principalement à enraciner l’«Initiative africaine d’éducation au développement et à la paix par le dialogue interreligieux et interculturel», lancé le 29 mai 2015 à Cotonou, par Albert Tévoèdjrè, ancien médiateur de la République du Bénin.

Au centre des réflexions de la rencontre de Ouagadougou, un questionnement actuel et transcendantal: «Comment, sur quelles valeurs sociétales, savoirs et savoir-faire endogènes, engagements internationaux allons-nous nous appuyer pour gérer la diversité humaine et la diversité religieuse de notre continent?» Le symposium se veut ainsi un cadre vertueux d’échanges et de partage d’expériences pour analyser notamment «le rôle des leaders religieux dans la gouvernance démocratique».

Mais ce n’est pas tout. Les échanges devraient également permettre d’aboutir à un consensus entre les parties prenantes, d’une part, et à la formulation de recommandations pertinentes sur «le rôle des politiques culturelles dans le dialogue des cultures et des religions», d’autre part. Au total, un «Plan d’action opérationnel de Ouagadougou» sanctionnera les travaux du symposium, dont les organisateurs tiennent qu’il fasse date dans la perspective d’un vive-ensemble plus paisible, mieux compris et porteur de développement.

En s’inscrivant dans le prolongement et les enseignements de la rencontre de mai 2015 à Cotonou, le symposium de Ouagadougou prend à son compte les convictions alors consignées dans un manifeste, qui reconnaît notamment que… «l’éducation à la paix et au développement à travers le dialogue interreligieux et interculturel peut grandement contribuer à renforcer les fondements d’une paix viable et d’un développement équitable». Réuni sous l’égide d’Albert Tévoèdjrè du Centre panafricain de prospective sociale (CPPS), le rendez-vous de la capitale économique béninoise avait également réaffirmé fortement que «la cohabitation pacifique entre les différentes communautés religieuses et culturelles est un bien inestimable pour la paix et pour le développement harmonieux des peuples».

Autant dire que le symposium qui s’ouvre le 3 mars à Ouagadougou repose sur une fondation solide. Il entame ses travaux avec un prérequis formidable pour mettre effectivement sur pied les mécanismes et outils susceptibles de réussir le… «vivre-ensemble dans un monde de diversités (à travers) la mise en œuvre de stratégies interculturelles pour favoriser le dialogue de cultures, la prévention des crises et des tensions interculturelles».

Entre fora, ateliers spécifiques et séances plénières, le symposium se propose d’embrasser les différents volets de son questionnement avec des personnalités de haut vol et des personnes ressources, toutes engagées dans la cause commune pour un monde de paix, de démocratie et de développement…

© Fasozine N°68, Mars-Avril 2017