Aujourd'hui,

PARLONS-EN

Cela ne vous aura pas échappé que les femmes ont pris d’assaut, ces derniers temps, la Toile mondiale pour délivrer leurs messages de sensibilisation notamment contre le cancer du sein. Tour à tour, et en se passant les mots et les images comme des donneurs d’alerte, les femmes ont assuré grave sur Facebook. Objectif avoué: informer et conscientiser sur l’autopalpation des seins afin d’augmenter sensiblement le nombre de femmes dépistés. Plusieurs femmes — amies, sœurs, épouses — ont ainsi donné de leur temps et de leur énergie à cette campagne qu’il bon de saluer, au lendemain de la Journée mondiale contre le cancer, qui capte (ou devrait capter) l’attention des populations le 4 février de chaque année. Mais les hommes doivent, eux aussi, jouer leur partition en accompagnant de façon permanente et appuyée cette campagne.

Selon le ministre burkinabè de la Santé, Smaïla Ouédraogo, qui s’est exprimé sur la question à la télévision nationale, notre pays a enregistré à ce jour «8 127 cas de cancers, dont 13% affectant le sein et 11% l’utérus». Mais les produits nécessaires à la prise en charge des patients coûtent excessivement chers et le Burkina doit en plus faire face à une insuffisance du plateau technique et à un manque de travailleurs de santé qualifiés, avec seulement cinq cancérologues pour une population estimée à plus de 18 millions d’habitants. «Les médicaments coûtent chers et les gens n’arrivent pas à payer. Nous avons engagé une réflexion pour voir comment nous allons réduire de 50% les prix des médicaments nécessaires à la prise en charge du cancer», a notamment indiqué Smaïla Ouédraogo.

Au Maroc par exemple, la campagne de sensibilisation de cette année a connu un franc succès. La Fondation Lalla Salma de prévention et traitement des cancers a ainsi indiqué que «958 621 femmes se sont faites dépistées le 22 novembre et le 16 décembre 2016 dans les établissements publics», contre 500 000 en 2015. Pour la fondation lancée depuis bientôt onze ans par la princesse Lalla Salma, et qui vise à «faire de la lutte contre le cancer une priorité de santé publique au Maroc et dans la région, tout en améliorant la prise en charge des patients», il s’agit là d’une «progression exceptionnelle du taux de participation au dépistage».

En se mettant en avant sur les réseaux sociaux pour appeler à des comportements positifs, notamment en encourageant le dépistage du cancer du sein, les femmes burkinabè et africaines ont fait œuvre utile et s’inscrivent admirablement dans la dynamique du thème de cette année, «Nous pouvons, je peux» - «We can / I can». Il ne faut donc pas s’arrêter en si bon chemin et poursuivre cette belle campagne au-delà de cette évocation mondiale du 4 février.

Aussi, est-il heureux de constater, pour le saluer, que la Coupe d’Afrique des nations de football, qui a écrit son épilogue le 5 février avec le sacre des Lions indomptables du Cameroun, a également servi de tremplin pour passer le message de la lutte contre le cancer. Le calendrier s’y prêtait, et cinq divas de la musique africaine — l’Ivoirienne Josey, la Sénégalaise Coumba Gawlo, la Malienne Rokia Traoré, la Camerounaise Charlotte Dipanda et la Gabonaise Pamela Badjogo — ont prêté leurs voix à cette noble cause, en interprétant «Pour nos sœurs et pour nos mères», un titre composé uniquement pour l’occasion.

A noter que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que «8,8 millions de personnes meurent chaque année d’un cancer, pour l’essentiel dans les pays à revenu faible ou intermédiaire». Le cancer du col de l’utérus, le cancer du sein, le cancer du foie et le cancer de la prostate constituent les types de cancers les plus fréquents dans la région africaine, précise Moeti Matshidiso, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. Cependant, «le cancer du sein est de loin le premier cancer chez la femme à la fois dans les pays développés et dans les pays en développement». De quoi remettre le prochain «Octobre rose» dans une perspective plus accrue de lutte et d’engagement. Le mois d’octobre est en effet, dans les pays du monde entier, consacré à la sensibilisation au cancer du sein, afin d’«attirer une plus grande attention sur la maladie, de favoriser la prise de conscience et d’accroître le soutien apporté au dépistage précoce et au traitement ainsi qu’aux soins palliatifs de la maladie».