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EDITO

Après une année 2016 en demi-teinte, les Burkinabè abordent cette nouvelle année avec de grands espoirs, notamment au triple plan sécuritaire, économique et institutionnel. Autant dire que 2017 s’annonce déjà comme l’année de la concrétisation des importants défis qui s’imposaient depuis plusieurs années à la nation, et notamment au pouvoir en place depuis les élections couplées — présidentielle et législatives — du 29 novembre 2015.

Le président Roch Marc Christian Kaboré devrait donc donner à ses compatriotes, au cours de cette deuxième année de son quinquennat, et davantage que pendant les douze premiers mois, toute la mesure de son engagement au service du mieux-vivre ensemble et du développement national. En effet, l’année qui s’achève aura été des plus éprouvantes pour les populations. Et si l’on se perd en conjectures sur le projet constitutionnel en gestation, fondateur d’une nouvelle République, c’est la situation sécuritaire du pays qui nourrit les plus grosses inquiétudes. A juste titre!

De la retentissante attaque terroriste du 15 janvier 2016 à Ouagadougou — qui a cueilli à froid les nouvelles autorités du pays et tétanisé des Burkinabè qui n’aspirent qu’à vivre en paix après deux longues années d’une lutte héroïque pour la reconquête démocratique —, à celle, encore plus détestable, du 16 novembre dernier à Nassoumbou et qui a tué douze jeunes soldats de notre armée, les «Hommes intègres» n’en peuvent plus de compter leurs morts. Et appellent instamment les plus hautes autorités de l’Etat, de toute la force de leurs poumons, à faire en sorte que se taisent enfin les sirènes de l’impuissance qui rythment la marche forcée que nous imposent des individus sans foi ni loi vers un indéfinissable Golgotha.

Pour montrer sa détermination à endiguer ce long chapelet d’attaques récurrentes et comme en écho aux attentes légitimes des populations, le chef de l’Etat avait indiqué, le 10 décembre dernier, veille de la célébration de la fête nationale à Kaya, que… «le gouvernement s’est d’ores et déjà engagé à prendre les dispositions pour renforcer les capacités opérationnelles de nos Forces de défense et de sécurité déployées sur les frontières comme à l’intérieur de celles-ci».

En sortant, quelques jours après cette annonce, du martyr de Nassoumbou, les Burkinabè attendent à présent de constater l’opérationnalisation concrète et efficace de cet engagement présidentiel. Déjà, la nomination, le 28 décembre dernier, d’un nouveau chef d’état-major des armées, en la personne du général de brigade Oumarou Sadou, s’inscrit indubitablement dans cette dynamique et souligne aussi, sans doute, les indispensables choix à opérer rapidement pour donner raison à la… raison. En effet, ainsi que l’indique si justement l’écrivain allemand Patrick Süskind, «pour se servir de sa raison, on a besoin de sécurité et de quiétude».

La raison commande donc assurément que la sécurité s’inscrive impérativement et rigoureusement, dans tous nos actes quotidiens, du plus haut sommet de l’Etat à la plus petite échelle de la nation, comme notre plus grand défi commun. C’est ce que semble indiquer du reste Roch Marc Christian Kaboré lui-même lorsqu’il réaffirme avec force que «nous devons opposer une lutte implacable contre le terrorisme sous toutes ses formes» tout en restant, avec la même énergie, «intraitables à l’égard de tous les auteurs de tentatives de déstabilisation de la démocratie et de l’Etat de droit au Burkina Faso».

L’Etat a ainsi le devoir, au moment où l’année 2017 décline ses premières semaines, d’imprimer une nouvelle dynamique à la vie de la nation, et singulièrement au quotidien des populations en agissant sur plusieurs fronts: atténuer le gap social, impulser la reprise effective et la relance de l’économie, gagner le combat contre l’insécurité sous toutes ses formes. Si le chef de l’Etat a cru bon devoir lancer, dans son adresse à la nation le 10 décembre dernier, «un appel solennel à la retenue sur le front social», il faut aussi saluer le succès notable qui a sanctionné la conférence des partenaires du Burkina Faso, les 7 et 8 décembre derniers à Paris, en France, dans le cadre des consultations pour le financement du Plan national pour le développement économique et social (PNDES), désormais bréviaire du programme présidentiel pour ce premier quinquennat.

Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Les promesses de financement constituent aussi un appel à réarmer le moral, réformer les mentalités pour remettre, dans la discipline et le travail, le pays sur les rails d’un développement véritable qui assure mieux-être personnel et mieux-vivre collectif à des citoyens plus que jamais épris de paix, de justice et de quiétude, dans la sécurité retrouvée et la réconciliation partagée.

© Fasozine N°67, Janvier-Février 2017