Aujourd'hui,

22 décembre 2016. La gendarmerie nationale annonce sur sa page Facebook qu’il y a du grabuge au niveau d’une cargaison de poulets qui filait droit vers Ouagadougou. Et conseille vivement de faire attention «aux produits que vous achetez en cette période de fêtes de fin d’année». Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette mise en garde reste d’actualité, même après la période sensible du passage d’une année à une autre, car au-delà des… «820 poulets impropres à la consommation saisis par la Brigade territoriale de gendarmerie de Saamba alors qu’ils étaient transportés à bord d’un véhicule et d’un tricycle vers la ville de Ouagadougou», objet de l’alerte du 22 décembre dernier, combien de produits néfastes pour notre santé ont pu passer les mailles du filet et/ou échapper à la vigilance des citoyens?


La question est d’autant plus cruciale que ce n’est pas la première fois, en 2016, que des gens malhonnêtes ont voulu dribbler notre santé avec des poulets pourris. Rappelez-vous: le 19 août dernier, la police nationale du Burkina saisit près de 20 tonnes de poulets impropres à la consommation à la gare de l’Est! Et découvre par la même occasion, dans un entrepôt, «des boîtes de tomate et autres marchandises diverses, conditionnées dans des cartons ne correspondant pas à l’origine des produits». Avant cela, en juillet, plus de 70 tonnes de riz et environ deux tonnes de poulets — encore! —  importés, ont dû être incinérés parce que jugés «dangereux pour la santé».

Il est donc de bon ton de se demander qui veut gâter le «label» du poulet qui ravit le palais des Burkinabè dans les tous les «six-mètres». Même que dans ce pays où les adresses des bons étals et maquis sont légion, le poulet bicyclette, de tradition partout, tient son rendez-vous annuel à Poa. Qu’il soit télévisé, au four, flambé, grillé à l’ail ou encore à la chasse, cette volaille se déguste en toutes saisons et à tous les coins de rue de Ouagadougou et des autres villes. Ici, le poulet est comme une signature dont la réputation a largement traversé les frontières du pays.

Il faut donc espérer que chacun fera la… police pour gendarmer le vrai poulet burkinabè afin de barrer la route à tous ces empoisonneurs qui tentent d’inonder le marché avec de la volaille empoisonnée. La suspicion légitime qui frappe dorénavant le poulet importé devrait, en conséquence, aiguiser la vigilance de tous pour actionner le 1010 d’appel téléphonique gratuit dans un combat solidaire avec les forces de l’ordre.

Cependant, au-delà du poulet, cette vigilance doit également s’exercer, ainsi que le réclament d’ailleurs les associations de défense des consommateurs, vis-à-vis de tous les produits. A bon entendeur…

© Fasozine N°67, Janvier-Février 2017