Aujourd'hui,

Jusque-là épargnée de la menace djihadiste qui angoisse aussi bien les pays du Nord comme ceux du Sud, Madagascar vient de connaître, à son tour, une explosion d’origine criminelle qui a fait deux morts et 86 blessés. Les victimes étaient allées assister à un spectacle dans un stade de la capitale Antananarivo.

Loin de soupçonner des «barbus» qui auraient débarqué sur la Grande-île pour défendre on ne sait quelle cause, les autorités pointent le doigt accusateur vers l’opposition,, notamment ceux qui seraient contre le processus de stabilisation en cours dans le pays.

Mais au-delà de la guéguerre politique entre le gouvernement du président Hery Rajaonarimampianina et du clan de l’ancien président de la transition, André Rajoelina, c’est cette résurgence de violences qu’il faut craindre pour les habitants de la Grande-île. Car, cet Etat considéré comme l’un des plus pauvres parmi les plus pauvres, la classe politique a mieux à faire que d’instaurer un climat de terreur.

Cela ne peut que contribuer à anéantir aussi bien les efforts de paix et de réconciliation qu’à revitaliser un tissu économique qui a toujours du mal à couvrir l’essentiel des besoins des populations.

La déstabilisation de la Grande-île apparaît ainsi comme un non-sens qui ne profite à personne. Sauf à des aventuriers qui n’ont pas l’intelligence de conquérir autrement le pouvoir qu’en terrorisant des populations qui sont pourtant sensés protéger de la terreur et du désespoir sous toutes ses formes.