Aujourd'hui,

PARLONS-EN

La Côte d’Ivoire vient d’enregistrer un nouveau tour de vis dans la situation militaro-sécuritaire qu’elle connaît depuis le début de l’année. Des soldats ont en effet à nouveau fait parler leurs armes pour exprimer leurs récriminations.

Jusques à quand les populations ivoiriennes devront supporter les frasques de certains soldats qui n’ont de cesse de faire parler la poudre pour revendiquer ce qu’ils considèrent comme des droits non payés? Une fois de plus, des hommes à la gâchette facile ont troublé le sommeil de paisibles Ivoiriens, notamment dans la commune abidjanaise d’Abobo et à Korhogo, ville située au Nord du pays, à 635 kilomètres de la capitale économique ivoirienne.

Les tirs, qui ont retenti dans la nuit du 14 au 15 juillet, ont tué trois soldats et fait trois blessés, tandis que trois personnes ont été interpellées à Korhogo, et trois autres à Abobo. «Les Forces de défense et de sécurité sont immédiatement intervenues pour mettre fin (aux) agissements» de ces soldats, a précisé un communiqué du chef d’état-major général des armées, le général Sékou Touré, qui a ensuite indiqué que «les auteurs de tels agissements seront purement et simplement radiés des effectifs et mis à la disposition de la justice».

Si la situation était redevenue calme dans la matinée de samedi, selon une source proche de l’état-major, il n’en reste pas moins que la situation militaro-sécuritaire de  la Côte d’Ivoire, théâtre ces derniers mois de mutineries de soldats réclamant le versement de primes, suscite de grandes inquiétudes. En effet, la Côte d’Ivoire a été secouée, en janvier puis en mai, par des «mutineries d’anciens rebelles intégrés dans l’armée et qui réclament le paiement de primes promises». Une main sur la gâchette et la tête dans des négociations avec le pouvoir, «ils ont fini par obtenir de l’Etat 12 millions de francs CFA par tête».

Dans cette spirale infernale que tentent d’emprunter les quelques 6 000 anciens rebelles «démobilisés» — qui n’ont pas été intégrés à l’armée et qui ont réclamé, eux aussi, des primes, mais sans succès —, la Côte d’Ivoire doit à présent solder, entre autres, les comptes et mécomptes de la violente crise postélectorale qu’elle a connue après l’élection présidentielle de 2011.