Aujourd'hui,

PARLONS-EN

Ça y est! Emmanuel Macron est entré dans ses attributs de président de la République française. Après la journée d’investiture tout en symboles et en solennité de ce dimanche 14 mai, les compteurs semblent désormais lancés pour un quinquennat à plein gaz…

Il y a eu la passation de charges entre le désormais ancien chef de l’Etat et le huitième président de Ve République. Une cérémonie simple, mais ô combien émouvante! Entre François Hollande et Emmanuel Macron, la complicité reste palpable, en dépit des divergences d’hier. Et l’on a pu déceler une véritable amitié, mêlée d’une grande considération, dans l’au revoir des deux hommes. François Hollande parti, convaincu d’avoir «laissé la France dans un état meilleur» que celui dans lequel il l’a trouvé en 2012, Emmanuel Macron peut désormais imprimer sa marque à l’Elysée.

Après la journée protocolaire du dimanche 14 mai, qui a toutefois permis au nouveau chef de l’Etat français de réaffirmer que «tout ce qui fait de la France un pays sûr, où l’on peut vivre sans avoir peur, sera amplifié», le Président Macron va devoir entrer de plain-pied dans l’exercice de ses fonctions dès ce lundi, notamment avec la nomination très attendue de son Premier ministre. Si plusieurs noms circulent à ce sujet, les Français attendent de voir la fumée blanche pour juger de la capacité de la personnalité désignée à se mettre en adéquation avec les objectifs de cette présidence.

Et au-delà de la nomination du chef du gouvernement, ce lundi, c’est toute la semaine qui aura une forte charge politique pour le nouveau locataire du palais de l’Elysée. D’autant que le gouvernement devrait être formé dans la foulée, mardi, pour un premier conseil des ministres annoncé pour mercredi. C’est également ce jour-là, mercredi 17 mai, que le tout nouveau parti du chef de l’Etat, La République en marche (LREM), dévoilera — après la première partie de 428 candidats annoncée le 11 mai dernier —, la liste complète de ses candidats aux élections législatives de juin prochain. Enjeu majeur ce quinquennat qui ambitionne de renouveler profondément la classe politique française, ces élections législatives — considérées comme les troisième et quatrième tours de l’élection présidentielle des 23 avril et 7 mai 2017 — devraient contribuer à donner une majorité de gouvernement au nouveau pouvoir. Et ce n’est pas encore gagné!

Le défi est donc incontestablement immense pour Emmanuel Macron et ses soutiens, qui viennent de réussir une incroyable prouesse, donnant le top à une recomposition complète du paysage politique français. Autant dire que les premiers pas du nouveau chef de l’Etat seront scrutés avec soin. Du haut de ses 39 ans — qui lui confèrent la palme du plus jeune président porté à la tête de l’Etat français depuis la Ve République —, Emmanuel Macron apporte un vent vivifiant et revigorant dans la gestion des affaires de son pays. Mais il n’oublie pas que son élection a également projeté une France fortement divisée, avec un nombre important de citoyens qui ont choisi de… ne pas choisir entre le Front national de Marine Le Pen et le «ni gauche-ni droite» (et gauche, et droite) qui vient de le porter au pouvoir. «J’aurai (…) la volonté constante de réconcilier et (de) rassembler l’ensemble des Français», a-t-il notamment indiqué dans son discours d’investiture.

Et puisque c’est au pied au mur qu’on reconnaît le bon maçon, Emmanuel Macron est désormais face à son destin: façonner la France à l’image des défis actuels et l’inscrire durablement dans une Europe refondée et plus proche des populations. Des travaux d’Hercule que le jeune président français compte bien réaliser en se donnant sans compter à son travail auquel il dit se consacrer ardemment depuis dimanche soir. Toutefois, a-t-il précisé, «je ne céderai sur rien des engagements pris. (…) Le travail sera libéré, les entreprises seront soutenues, l’initiative sera encouragée».

En tout état de cause — foi de Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel français, citant François-René de Chateaubriand dans un élan d’enthousiasme et d’optimisme au cours de cette cérémonie d’investiture — «pour être l’homme de son pays, il faut être l’homme de son temps». Le sablier est déjà… en marche, qui nous dira si Emmanuel Macron est effectivement «l’homme de son temps», «l’homme de son pays»…