Aujourd'hui,

PARLONS-EN

Énarque et ancien banquier d’affaires pour la banque Rothschild & Cie, Emmanuel Macron est le huitième président de la Cinquième République française. Elu ce 7 mai à l’issue du second tour de l’élection présidentielle qui l’opposait à Marine Le Pen, il succèdera le 14 mai prochain à François Hollande, dont il a été, entre 2014 et 2016, le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique.

«Je suis candidat à l’élection présidentielle car je veux tourner la page des cinq et même des vingt dernières années. Je suis convaincu que si nous parvenons à dépasser les clivages stériles entre la gauche et la droite qui ont bloqué notre pays, nous parviendrons à redonner à chaque Française et chaque Français confiance en soi et confiance en la France.» Telle était la profession de foi du candidat Emmanuel Macron qui, à 39 ans, vient de réussir un pari fou, celui de partir pratiquement de rien pour s’offrir le seul ticket pour accéder à l’Elysée.

Inconnu de ses compatriotes il y a trois ans, celui qui claqua la porte du gouvernement après avoir lancé son mouvement, En marche!, en avril 2016, vient de prendre le meilleur sur tous les apparatchiks de la classe politique française. Sa prouesse est d’autant plus retentissante que personne, dans son pays, ne le donnait gagnant de cette incroyable aventure politique. Et pourtant, à l’arrivée une année plus tard, c’est le benjamin de la classe des onze candidats qui ont pris le départ de cette course au fauteuil présidentiel, sans grande expérience politique et sans le crédit d’un seul mandat électif, qui rafle la mise.

En tête au soir du premier tour, le 23 avril dernier, Emmanuel Macron a conforté son avantage ce 7 mai dans une compétition finale dans laquelle il aura largement bénéficié des intentions et manifestations de barrage au Front national de Marine Le Pen. En remportant le scrutin avec 65,8% des suffrages, le successeur de François Hollande sait qu’il aura tout de même fort à faire dans les prochaines semaines pour rassembler davantage une société française divisée, d’une part, et pour obtenir une majorité cohérente lors des élections législatives de juin prochain.    

Diplômé de l’Ecole nationale d’administration (Ena) en 2004, Emmanuel Macron, né le  décembre 1977 à Amiens, devient inspecteur des finances avant d’entamer, en 2008, une carrière de banquier d’affaires chez Rothschild & Cie. Principal conseiller économique du président François Hollande, il est ensuite nommé, en 2012, secrétaire général adjoint de la présidence de la République, puis ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique en 2014 dans le gouvernement Manuel Valls II.

Son mouvement politique, En marche!, qui adopte un courant centriste ni droite-ni gauche — ou et droite et gauche, c’est selon! — vient de briser tous les codes pour le porter à la plus haute charge de l’Etat. Il devient ainsi, à 39 ans, le 25e président de la République française depuis 1848 avec la Deuxième République et Louis-Napoléon Bonaparte. Pro-européen misant la promotion de la valeur travail pour lutter contre le chômage, Emmanuel Macron annonce une profonde transformation de la vie sociopolitique française, qui s’appuiera entre autres sur un renouvellement du personnel politique et une moralisation de la vie publique.

On attend déjà avec une grande impatience la nomination de son Premier ministre, qui devrait intervenir dès son investiture à la tête de l’Etat français, le 14 mai prochain. Autant dire que c’est une nouvelle page qui s’ouvre pour la vie institutionnelle française sur laquelle souffle un grand vent de rajeunissement au lendemain de cette élection inédite et historique. Rajeunissement et rafraîchissement, que compte porter l’époux de Brigitte Trogneux, 64 ans, fusée pour les uns, mais incontestable ovni de la jungle politique française. «Tourner la page des cinq et même des vingt dernières années»? Eh bien nous y sommes, Monsieur le Président!