Aujourd'hui,

Centre Delwendé à Ouagadougou

PARLONS-EN

C’est devenu un rituel. Le 8 mars de chaque année, la «communauté internationale» célèbre les femmes. Placée cette année sous le thème «Les femmes dans un monde du travail en évolution: une planète 50-50 d’ici 2030», la Journée internationale de la femme est une occasion d’opérer une halte afin de «dresser le bilan des progrès réalisés, d’appeler à des changements et de célébrer les actes de courage et de détermination accomplis par les femmes ordinaires qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire de leur pays et de leur communauté».

Il s’agit de promouvoir, à travers le thème de cette année, l’égalité entre les sexes pour une planète 50-50 en 2030, notamment dans le monde du travail. Aussi, est-il demandé aux politiques, entre autres, de… «prendre en compte l’écrasante majorité des femmes dans l’économie informelle, promouvoir l’accès des femmes aux technologies et aux pratiques innovantes, au travail digne et décent et aux emplois résilients aux changements climatiques».

C’est du reste ce que souligne la directrice exécutive d’ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka, lorsqu’elle indique dans son message qu’«en grandissant, les filles doivent être exposées à un large éventail de carrières et être encouragées à faire des choix qui les mènent à des emplois dans les secteurs de l’industrie, de l’art, de la fonction publique, de l’agriculture moderne et des sciences, au-delà des services ménagers et d’aide à la personne traditionnels». Et pour Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture), «l’égalité réside aussi dans la chasse aux préjugés, dans les médias et dans les représentations collectives, par la mise en avant des femmes scientifiques, artistes ou politiques qui font avancer l’humanité dans tous les domaines».

Au Burkina Faso, la commémoration de ce jour est placée sous le thème «La valeur morale de la personne humaine: responsabilité des communautés dans la lutte contre l’exclusion sociale des femmes» afin de mettre en avant… «l’épineuse problématique de la valorisation de l’image de la femme dans la société traditionnelle et son implication dans le développement du pays». En effet, selon le communiqué publié à cette occasion par le ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille, «des personnes âgées, majoritairement des femmes, sont chassées de leur foyer et/ou de leur famille et bannies de leurs communautés» dans différentes localités chaque année. Accusées d’être des sorcières ou des «mangeuses d’âmes», ces femmes du troisième âge subissent maints «traitements inhumains et dégradants».     

Pour combattre ces exclusions, le gouvernement burkinabè a pris, note le communiqué du ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille, un certain nombre de mesures, notamment «la création d’un secrétariat d’Etat en charge de la lutte contre l’exclusion sociale, l’accompagnement des structures d’accueil de ces femmes, la sensibilisation des populations sur les dangers du phénomène». L’Etat burkinabè a également mis en place un arsenal juridique constitué de «la loi N°061-2015/CNT du 6 septembre 2015 portant prévention, répression et réparation des violences à l’égard des femmes et des filles et prise en charge des victimes, et de la loi N°024-2016/AN du 17 octobre 2016 portant protection et promotion des droits des personnes âgées».

A l’occasion de cette journée et pour témoigner d’«actes de courage et de détermination accomplis par les femmes ordinaires», le magazine Fasozine propose pour sa part, dans les colonnes de sa livraison N°68 (mars-avril 2017), actuellement dans vos kiosques et dépôts, un Focus spécial avec dix portraits de femmes qui, dans des domaines variés, refusent la fatalité et apportent crânement leur contribution à la construction d’une société de paix, de tolérance et de valeurs.