Aujourd'hui,

Alors que l’on continue de s’interroger sur l’état de santé du chef de l’Etat nigérian, rentré dans son pays il y a peu après deux mois de vacance présidentielle pour raison médicale, voilà que les vieilles tentations sécessionnistes du Biafra refont surface. Pendant que la partie anglophone du Cameroun voisin sonne à nouveau la trompette du «fédéralisme».

Kwame Nkrumah

C’est un anniversaire particulièrement significatif que célèbre le Ghana ce 6 mars. L’ancienne Gold Coast marque en effet soixante années de souveraineté nationale. Une indépendance qui n’est pas sans rappeler la riche histoire de ce pays ainsi que les rêves de panafricanisme de certains pères fondateurs africains dont Kwame Nkrumah. Et quel honneur pour son tout nouveau chef de l’Etat de présider les festivités de ce rendez-vous du Ghana avec le passé et le futur du continent!

C’est l’histoire d’un film dont la réalisation n’en peut plus de s’écarter du brillant scénario adopté dès le départ par l’équipe de production. Mais s’il ne s’agissait que d’un film, on pourrait gommer les scènes «indésirables» du produit fini ou, mieux encore, insérer les séquences inattendues mais peut-être positivement surprenantes dans un long-métrage qui invite à l’enthousiasme au fil des «ça tourne, coupez»!

Zéphirin Diabré, chef de file de l'opposition politique, en compagnie du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré

«La sécurité, notre plus grand défi commun», avons-nous titré notre première chronique de l’année 2017, expliquant que «les Burkinabè abordent cette nouvelle année avec de grands espoirs, notamment au triple plan sécuritaire, économique et institutionnel» (Fasozine N°67, Janvier-Février 2017, Parlons-en, p.3). C’est une lapalissade, les Burkinabè demeurent, au moment où s’achève le premier bimestre de cette année de tous les défis et de tous les espoirs, très préoccupés par les questions de sécurité et de terrorisme qui se sont plus gravement invités dans leur quotidien depuis ces deux dernières années. Les populations attendent toujours que l’Etat, ainsi que nous l’écrivions dans la même chronique, imprime «une nouvelle dynamique à la vie de la nation en agissant sur plusieurs fronts: atténuer le gap social, impulser la reprise effective et la relance de l’économie, gagner le combat contre l’insécurité sous toutes ses formes».

Le gouvernement Thiéba I, formé le 13 janvier 2016

Depuis que le sablier a entamé son décompte de l’année 2017, et une fois passé le long week-end des fêtes du Nouvel an, les Burkinabè attendaient impatiemment que Roch Marc Christian Kaboré propose un nouveau casting de l’équipe gouvernementale. Il en avait fait lui-même l’annonce, on se rappelle, le 28 décembre 2016, lors d’un échange interactif qui lui a permis de répondre, via Twitter, aux préoccupations de ses compatriotes.

Au Bénin, les nostalgiques n’ont pas oublié qu’il y a 27 ans le pays tout entier, alors en ébullition dans un chaudron de crises sociopolitiques larvées, s’était retrouvé sous un magnifique arbre à palabres pour fumer le calumet de la paix. Depuis, la conférence nationale des forces vivres reste, au «pays du vaudou», comme un «Œil de Caïn» qui questionne à chaque fois la conscience des Béninois dans leur processus démocratique.

Presque deux semaines après sa disparition, le 1er février dernier à Bruxelles, Etienne Tshisekedi wa Mulumba continue de dominer des pieds et de la tête la vie sociopolitique congolaise. Du moins, la gestion de ses obsèques s’est déportée sur le terrain politique, avec de profondes divergences entre le pouvoir et l’opposition qui tirent chacun à hue et à dia pour garder la paternité de ces adieux attendus par tout un peuple. Etienne Tshisekedi est certes mort, mais cet enfant terrible de la vie congolaise de la RD Congo ne s’effacera pas de sitôt de la mémoire collective. D’autant qu’il est resté, quasiment jusqu’à son dernier souffle, un acteur majeur du compromis politique qui tente de sortir ce pays-continent de la crise institutionnelle qu’il traverse depuis plusieurs mois. Sa carrure et son poids politiques ont incontestablement contribué à la conclusion, sous les bons offices de la Conférence épiscopale nationale du  Congo (Cenco), du compromis de l’espoir, conclu le 31 décembre 2016.

Lorsqu’il a quitté Kinshasa le 24 janvier dernier pour Bruxelles, on se demandait bien si ce vieux routier de la politique africaine reviendrait cette fois-ci de cette énième séance de soins. D’autant qu’Etienne Tshisekedi, affaibli depuis bien longtemps par la maladie, avait dû passer près de deux ans de convalescence dans la capitale belge avant de rentrer triomphalement sur la terre de ses aïeux fin juillet dernier 2016. On comprend donc les folles rumeurs qui ont circulé au sujet de ce dernier voyage, désormais sans retour. Ainsi, le «Vieux» — ainsi que le surnomment affectueusement ses compagnons — a tiré sa révérence ce 1er février à Bruxelles, alors que son parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), qu’il chérit depuis 34 ans, est engagé dans d’importantes et délicates négociations politiques avec le pouvoir en place.

En cette fin du premier mois de l’année 2017, les regards des Africains sont tournés vers Addis-Abeba, la capitale de l’Ethiopie, où s’ouvre ce 30 janvier, la 28e Conférence au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’Union africaine. Les dirigeants des 54 Etats du continent tiennent donc leur grand’messe, les 30 et 31 janvier, avec au menu des dossiers on ne peut plus chauds, qui engagent l’avenir de l’Afrique.

Ouf, Yahya Jammeh a finalement cédé et s’est engouffré dans un avion pour… la Guinée équatoriale. Après plusieurs semaines d’inquiétudes et d’épreuves, et alors que la Gambie était sous le coup d’une intervention armée de la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’ancien chef de l’Etat qui faisait de la résistance a dû se rendre à l’évidence: son salut n’était plus à Banjul. Lâché de toutes parts, pressé par la «communauté internationale», raisonné par les présidents Mohamed Ould Abdel Aziz de la Mauritanie et Alpha Condé de la Guinée, Yahya Jammeh est donc sorti par la petite porte samedi dernier, après avoir régné 22 années durant sur ce petit Etat de l’Afrique de l’Ouest, enclavé dans le Sénégal.

Adama Barrow

Elu président de la République de Gambie le 1ᵉʳ décembre 2016, Adama Barrow, qui soufflera sa 52e bougie le 16 février prochain, vient d’être investi dans ses nouvelles fonctions sur le territoire diplomatique gambien de Dakar, capitale du Sénégal, devenant ainsi le troisième chef de cet Etat, depuis la proclamation de la République en 1970.

Ça y est, l’Amérique tourne tout doucement la page Obama. Premier président de couleur de la première puissance mondiale, Barack Obama, qui vient de boucler ses deux mandats réglementaires à la tête de l’Exécutif américain, fait en effet ses adieux à la Maison-Blanche après huit années d’une présidence jugée globalement satisfaisante, voire exemplaire.