Aujourd'hui,

On ne verra plus bientôt Ellen Johnson Sirleaf sur la photo de famille des chefs d’Etat africains. Après deux mandats de six ans à la tête du Liberia, la seule dame qui préside aux destinées d’un pays du continent passera le témoin à celui qui sortira vainqueur des urnes de ce mardi 10 octobre.

Le Burkina Faso sort tout doucement d’un mois d’août 2017 bien sombre qui aura perturbé le sommeil des populations ainsi que de la classe politique toutes tendances confondues. Par deux fois, en effet, les drapeaux ont été mis en berne: d’abord en mémoire aux 19 victimes de l’attaque qui a frappé, le 13 août, la pâtisserie-restaurant Aziz Istanbul; puis pour marquer, dans la foulée, le deuil qui a plongé le pays tout entier dans la consternation lorsque, le 19 août à Paris, le désormais ancien président de l’Assemblée nationale nous a brutalement quittés.

Avec l’invalidation de l’élection présidentielle kényane du 8 août 2017, la cour suprême de ce pays renvoie les commissions électorales africaines à la crédibilité qu’elles doivent imprimer à tout scrutin sur le continent. Pointée du doigt et désormais objet d’une enquête en bonne et due forme pour «irrégularités» et actes «illégaux» présumés dans la gestion de cette présidentielle décriée, la Commission électorale indépendante kényane devient le mauvais élève d’une classe plus que jamais sous haute surveillance.

A Lomé, le bras de fer se durcit au fil des jours entre l’opposition et le pouvoir en place. Mais bien plus, ce sont les populations togolaises qui, dans une large mesure, ne veulent plus de la perpétuation du régime dynastique des Gnassingbé. Les nouvelles manifestations annoncées pour cette semaine — mercredi 20 et jeudi 21 septembre notamment — promettent d’être chaudes…

«Coup de tonnerre», «moment historique», «décision courageuse», «exemple pour le continent»… on ne se lasse pas de saluer l’annulation, le 1er septembre dernier par la Cour suprême kényane, de l’élection présidentielle du 8 août 2017. De mémoire d’Africain, jamais les résultats d’un scrutin présidentiel n’ont été ainsi retoqués par l’instance suprême de leur validation.

La prochaine réunion des ministres des Finances de la zone franc, qui se tient chaque semestre alternativement en France et sur le sol africain, promet d’être mouvementée. Du moins, l’onde de choc du renoncement de plus en plus persistant et de plus en plus percutant du franc CFA qui tonne du tréfonds des populations risque de secouer les débats de ce rendez-vous qui devrait se tenir à Paris en septembre ou octobre de cette année.

Après trente-huit ans de règne sans partage sur les destinées de l’Angola, José Eduardo dos Santos passe la main et se retire de la présidence de ce pays pétrolier de l’Afrique australe. Les élections générales de ce 23 août devraient toutefois perpétuer la mainmise du Mouvement populaire pour la libération de l’Angola sur la gestion des affaires du pays.

C’est le cas de le dire, l’opposition togolaise rêve d’une insurrection à la burkinabè pour mettre enfin un terme au statu quo politique et institutionnel que semble vouloir faire perdurer le pouvoir en place. La manifestation initiée par le Parti national panafricain pour réclamer à nouveau, samedi dernier, le retour à la Constitution de 1992 a viré à l’épreuve de sang…

Après le Bénin (1er août), le Niger (3 août) et le Burkina Faso (5 août, mais dont les manifestations sont consacrées le 11 décembre de chaque année, date de la proclamation, en 1958, de la République), c’est au tour de la Côte d’Ivoire de célébrer, ce 7 août, le 57e anniversaire de son indépendance. Et cela avant le Congo-Brazzaville et le Gabon, qui boucleront ces commémorations du mois estival respectivement les 15 et 17 août 2017.

Il ne fait aucun doute que l’actuel chef d’Etat du Rwanda, Paul Kagame, candidat à sa succession à la magistrature suprême de son pays, jouera un rôle déterminant sur le continent au cours des prochains mois. Considérée à juste raison comme une formalité, sa reconduction à l’issue de l’élection présidentielle du 4 août prochain, vise aussi à renforcer le leadership continental de celui qui dirige le Rwanda depuis le 17 avril 2000.

Les jours passent et se ressemblent en RD Congo. Alors que le dialogue semble définitivement rompu autour de la sépulture de l’opposant historique, Etienne Tshisekedi — décédé le 1er février dernier à Bruxelles et toujours pas inhumé —, l’opposition congolaise affiche sa détermination à… «obtenir le départ» du président Joseph Kabila.

La question du dividende démographique n’est-elle pas devenue l’une des équations les plus essentielles à résoudre par les dirigeants africains? En tout cas, et même si la récente sortie du président français, Emmanuel Macron — sur la forte natalité des femmes africaines —, continue d’alimenter la polémique, il est utile de regarder de près, pour mieux les gérer désormais, les contours de cette équation cruciale et existentielle.