Aujourd'hui,
URGENT
Covid-19: la vaccination des Burkinabè débutera dans la première semaine de juin 2021.
Santé : un premier lot de 115.000 doses de vaccins contre la Covid-19 est arrivé au Burkina Faso. 
Oudalan: les populations de Tin Akof se réfugient près du camp militaire après une attaque terroriste. 
Santé: l'OMS valide le vaccin chinois Sinopharm pour usage d'urgence contre la Covid-19. 
Sécurité alimentaire: le CILSS prévoit une saison pluvieuse humide pour la campagne agricole 2021-2022. 
Coopération: le président Xi Jinping réaffirme l’engagement de la Chine en faveur de la solidarité et de la coopération avec l’Afrique.
Politique: Alassane Bala Sakandé rejette un appel de jeunes pour sa candidature à la présidentielle 2025. 
Somalie: l’Union africaine a nommé l’ancien président du Ghana, John Mahama, au poste de Haut représentant. 
Football: la CAF décide du report des éliminatoires de la Coupe du monde de la Fifa Qatar 2022.
Yako : un enfant de près de 14 ans s’est donné la mort jeudi, par pendaison au secteur n°4 de Yako (AIB).  

Photo: Nofi Media

SOCIETE

Entre Abidjan et Gao, sur la « Voie sacrée », une route stratégique pour l’armée française, des manifestants burkinabé empêchent un convoi logistique tricolore de rejoindre le Mali.

5 h du matin, dans un recoin de la base de Gao (Mali). Le capitaine Flavien du 516e régiment du Train regarde ses hommes avaler un café ou prendre les consignes. À lui la lourde tâche de commander un convoi de fret international, engagé au cœur d’une zone hostile et dans un environnement contraint, transportant du matériel italien, danois et tchèque en plus du matériel français​, comme vient de le rappeler le colonel Marc, le patron du groupement tactique Logistique Dragon.

Terminus Ménaka​, lance le première classe Patrick qui va effectuer sa première escorte de convoi. Ménaka, c’est à 300 km ; il faudra au moins trois jours​, précise le capitaine avant de détailler : Ce convoi, c’est 130 véhicules. Dont 20 blindés d’escorte et autant de camions de dépannage et de soutien.​ Le reste ? Des poids lourds civils chargés de matériaux de construction, de nourriture, d’outillage, de pièces de rechange, de carburant. J’ai fait trop de convois​, raconte Sory, un chauffeur routier de Gao : Tessalit, Kidal, Gossi… Cette fois, c’est Ménaka. Tout ira bien, inch Allah.

Tout ira bien ? Rien de moins sûr… La route jusqu’à Ansongo puis la piste vers Ménaka sont propices aux embuscades, aux attaques kamikazes, aux engins piégés, comme l’explique la lieutenant Charlotte, responsable de l’escorte. D’où la présence en tête du convoi de trois imposants blindés Griffon du 3e RIMa de Vannes (Morbihan), appuyés par un VAB (véhicule de l’avant-blindé) du 6e régiment du génie d’Angers (Maine-et-Loire) : À nous de détecter les engins piégés et de les neutraliser​, résume un sapeur en embarquant. Vous aurez du monde au-dessus de vous​, ajoute, rassurant, le colonel Marc.

Ces anges gardiens, ce sont en particulier les hélicoptères du groupement tactique Désert Aérocombat. À ses hélicoptères Tigre et Gazelle de procéder à des vols de reconnaissance pour dissuader les assaillants, localiser des présences suspectes et engager le combat s’il le faut​, résume le lieutenant Quentin, un Finistérien qui pilote un hélicoptère d’attaque Tigre depuis deux ans. Mais pour le mois d’octobre, nous n’avons pas eu à intervenir pour protéger des convois routiers.

Outre les attaques, le convoi doit aussi faire face à la litanie quotidienne des crevaisons, pannes et ensablements. Du 2 au 17 octobre, j’ai accompagné un convoi vers Tessalit puis lors du retour vers Gao​, raconte l’adjudant Ludovic, un gendarme lorientais qui, avec huit autres officiers de police judiciaire, constitue le détachement de la prévôté à Gao. C’était un convoi de 200 véhicules étalés sur 30 km ! Une cinquantaine de crevaisons par trajet ! Et des pannes… Pour les mécanos, c’était un travail de Titan. De jour comme de nuit. Je leur tire mon chapeau.​

Des voies logistiques habituelles

Le convoi du capitaine Flavien n’a donc rien d’inédit. C’est le lot commun des GT Log depuis l’opération Serval (2013) à laquelle a succédé Barkhane (2014). Il fallait bien ravitailler les garnisons françaises éparpillées sur le territoire malien. D’où la constitution régulière de convois de poids lourds civils escortés par des moyens militaires.

Ces dernières semaines ont enregistré une hausse du nombre de convois puisque la France a décidé de quitter trois bases du nord : Tessalit, Kidal et Tombouctou, et de resserrer son dispositif entre la grande base de Gao et la zone des trois frontières (Mali, Niger, Burkina).

Tessalit et Kidal ont été vidées et rétrocédées. Tombouctou doit l’être d’ici à la mi-décembre. D’où le départ, le 30 octobre, d’un premier convoi vers la ville sainte malienne pour y livrer des conteneurs vides et des engins de levage en vue du désengagement. Trente camions civils ont pris la route qui longe le fleuve Niger, escortés par une centaine de véhicules militaires du GTD Korrigan dont c’était la première grande sortie opérationnelle depuis son arrivée au Mali en octobre. Le 3e régiment d’infanterie de marine a engagé sa compagnie de commandement et de logistique et deux compagnies de combat sur les nouveaux blindés multirôles Griffon​, explique le commandant Fabrice, chef du centre des opérations à Gao. Une compagnie du 5e régiment de dragons sur VBCI (véhicules blindés de combat de l’infanterie) a aussi été engagée.​

Rififi burkinabé

Tout l’équipement exfiltré de ces trois bases transite par le hub logistique de Gao où il est trié et reconditionné. S’il n’est pas redistribué à la force Barkhane ou cédé à l’armée malienne, il prendra la route de la métropole via le port d’Abidjan (Côte d’Ivoire).

D’autres convois se lanceront alors sur ce que les logisticiens français appellent la « Voie sacrée »​. Soit 2 000 km éprouvants et risqués via Niamey (Niger), Kaya et Bobo-Dioulasso (Burkina Faso) et Ferkessédougou, Bouaké et Yamoussoukro (Côte d’Ivoire). Lire la suite sur ouest-france.fr