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Burkina: hausse du taux brut de scolarisation au primaire passant de 33,8% en 1994 à 88,5% en 2017 (Officiel)

©Lefaso.net/Image d'illustration

SOCIETE

La rentrée scolaire et universitaire a débuté officiellement le 1er octobre 2019 sur toute l’étendue du territoire national. Comme à l’accoutumée, l'Union Générale des Étudiants Burkinabè (UGEB) et de la Coordination des Élèves et Étudiants Burkinabè (CEEB) ont rendu public ce 4 novembre 2019 leurs déclarations de rentrée. Ci-dessous lesdites déclarations.

Déclaration de l’UGEB

"Camarades étudiantes et étudiants,

En cette rentrée académique 2019-2020, l’UGEB souhaite à tous les étudiants Burkinabè une très bonne rentrée académique. A l’endroit des nouveaux bacheliers, l’UGEB leur adresse ses félicitations pour leur succès et leurs souhaite la bienvenue au niveau des universités et instituts d’enseignement supérieur.

Camarades étudiantes et étudiants,

Cette rentrée s’effectue dans un contexte marqué par :

- La faillite du pouvoir MPP et alliés, aujourd’hui incapable de trouver des réponses aux préoccupations des populations (vie chère, délabrement du système de santé, chômage, inaccessibilité du logement, …) ;

- La multiplication des attaques terroristes qui frappent plusieurs régions du pays (Sahel, Nord, Centre-Est, Boucle du Mouhoun) avec de multiples conséquences sur les masses populaires (centaines de morts parmi les civiles et les éléments des FDS, déplacés internes, fermetures d’écoles et centre de santé…) ;

- La fascisation du pouvoir MPP et alliés (code pénal liberticide, assassinats ciblés et exécution de masse, mort suspecte de prisonniers, interdiction des marches du mouvement démocratique et révolutionnaire…) ;

- L’approfondissement de la crise structurelle qui secoue l’école burkinabè. 

Camarades étudiantes et étudiants,

La situation dans nos universités publiques et centres universitaires polytechniques est plus que préoccupante. Dix (10) ans après l’application du système LMD les autorités sont incapables de présenter à la communauté universitaire un calendrier fiable indiquant le début et la fin de l’année académique. Le retard et le chevauchement des années académiques constituent aujourd’hui la règle. Ainsi, dans certaines unités de formations et de recherche, deux, trois voire quatre années académiques se chevauchent. En plus des chevauchements et retards académiques, s’ajoutent les taux de succès catastrophiques. A l’Université Norbert ZONGO de Koudougou, on a enregistré 12 admis sur 160 étudiants en session normale de S2 en philosophie. A l’université Nazi BONI de Bobo, ce fut la même désolation avec 4 admis sur 476 étudiants en session normale du S1 et 00 admis sur 66 étudiants en session normale du S1 et du S2 respectivement en MPI et en IUT/GMP. A l’UFR/SEA de l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, c’est le comble avec 26 admis sur 2304 étudiants en session normale pour les bacheliers de 2016. 

Comme nous pouvons le constater, la faillite de l’application du système LMD est remarquable à tout point de vue dans nos universités publiques. Comme si cette situation n’était pas suffisamment catastrophique, le pouvoir du MPP et alliés y rajoute en adoptant le 25 février 2019 deux arrêtés portant sur le régime général d’études de Licence et de master. Ces arrêtés remettent en cause les conditions de passages classiques du système LMD et imposent aux étudiants entre autres : des examens en lieu et place d’évaluations continues, des sessions uniques de rattrapage pour les deux semestres de l’année, l’exclusion après deux redoublements en première année, des notes éliminatoires pour les étudiants en master… 

Pour le pouvoir MPP et alliés, ce désastre dans le système universitaire n’est guère suffisant. Hélas ! Les autorités ministérielles s’attaquent subtilement au droit d’inscription des nouveaux bacheliers notamment leur droit à s’inscrire dans une filière relevant de leur choix. Il leur est imposé désormais lors de la demande d’orientation sur la plateforme Campus Faso le choix de 12 filières. Il est inimaginable qu’un étudiant puisse avoir 12 vocations. Ces orientations arbitraires préparent à n’en point douter, l’échec des étudiants dès leur première inscription à l’université. 

Camarades étudiantes et étudiants,

Sur le plan social, c’est le même spectre de désolation. Les étudiants font face quotidiennement aux multiples problèmes de logement, de restauration, de transport, de santé et d’allocations sociales. En effet, le Centre National des Œuvres Universitaires (CENOU) ne loge que moins de 4% des étudiants burkinabè. Il n’y a aucune cité universitaire dans les universités de Dédougou, Ouahigouya, Fada, et dans tous les centres universitaires polytechniques. Dans les cités existantes, les étudiants sont dans la promiscuité. 

Là où le restaurant universitaire existe, la qualité et la quantité des repas servis laissent à désirer. L’insuffisance du nombre journalier de plats servis (10 000 pour plus de 130 000 étudiants au plan national) amène les étudiants à sécher les cours avant 10h dans l’espoir de se procurer un plat hypothétique. Cette situation est aggravée par l’informatisation du ticket de restauration qui augmente la lenteur du service. Le transport étudiant, n’existe presque pas. Pour les universités qui en disposent, il est principalement réservé aux résidents en cités universitaires (c’est-à-dire les 4% d’étudiants) et à un coût hors de portée. Concernant la santé, les étudiants sont abandonnés à la MUNASEB qui impose des frais d’adhésion et plafonne le montant de sa prise en charge. En matière d’allocations sociales, l’endettement massif des étudiants constitue l’option poursuivie par le FONER au détriment de l’octroi d’une aide conséquente en rapport avec le coût de la vie. A cela s’ajoute la rareté des bourses d’études dont le contingent stagne à 2 300 depuis 2013 malgré l’accroissement du nombre des étudiants.

Non content de tout cela, le pouvoir MPP et alliés assassine les libertés. Nous assistons à un déploiement des forces dites de l’ordre sur les campus pour réprimer les luttes des étudiants en violation flagrante des franchises et libertés universitaires comme ce fut le cas à Dori en juin 2019.

Camarades étudiantes et étudiants,

La situation des étudiants du privé n’est non plus pas reluisante. Les universités et instituts privés pour la plupart brillent par leur caractère mercantiliste que par la qualité de leur formation. Le coût de certaines offres de formation dans le privé atteint 2 500 000F CFA. Le bâclage de la formation par le biais de tripatouillage des curricula de formation, de la non-exécution des travaux pratiques et dirigés et d’exécution partielle des modules d’enseignement est devenu la règle pour bon nombre d’entre eux.

Les étudiants burkinabè à l’étranger, ne sont également pas épargnés par l’irresponsabilité des autorités. En effet, en plus de l’insuffisance et du retard de paiement des bourses, l’Etat burkinabè ne dispose par exemple pas de cité universitaire dans aucun pays de l’étranger pour accueillir les étudiants burkinabè. La cité FESSART en France qui jadis servait de logement aux étudiants burkinabè leurs est désormais fermée. Camarades étudiantes et étudiants,

Face à cette situation, l’UGEB :

- appelle l’ensemble des étudiants Burkinabè à s’organiser au sein de ses sections et comités d’initiatives afin de lutter pour l’amélioration de leurs conditions de vie et d’études ;

En avant pour la défense ferme de nos intérêts matériels et moraux !

Vive l’UGEB !

 Pain et liberté pour le peuple 

Le Comité Exécutif"

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Déclaration de la CEEB

"Camarades élèves,

Camarades étudiantes et étudiants,

Le 1er octobre 2019, les scolaires et les étudiants des universités et instituts d’enseignement supérieur ont repris les activités académiques. C’est l’occasion pour la CEEB de souhaiter une bonne rentrée académique 2019-2020 à tous les élèves ainsi qu’aux étudiants des universités et instituts d’enseignement supérieur privés. Aux étudiants des universités et instituts d’enseignement supérieur publics, confrontés depuis la mise en œuvre du système LMD aux chevauchements des années académiques et à un retard sans précèdent, la CEEB leur prodigue ses vifs encouragements. 

Camarades élèves,

Camarades étudiantes et étudiants,

La rentrée académique 2019-2020 s’effectue dans un contexte difficile marqué par l’aggravation de la crise sécuritaire qui secoue notre pays avec la multiplication des attaques terroristes. Des pans entiers du territoire national sont devenus des sanctuaires des groupes terroristes qui y sèment la terreur et la désolation. Cette situation présente de multiples conséquences pour les populations des zones touchées avec des milliers de déplacés internes, la fermeture de nombreux établissements d’enseignement primaire, post primaire et secondaire dans certaines localités du nord, du centre nord, du Sahel, de l’Est et du centre-Est.

Une telle situation exacerbe la crise profonde qui secoue l’école burkinabé depuis l’application du Programme d’Ajustement Structurel (PAS) imposé à notre pays par les institutions impérialistes telles que la Banque Mondiale et le FMI. En effet, tous les ordres d’enseignement sont durement frappés par cette crise. Les problèmes traditionnels tels que le déficit en infrastructures (salles de classes, bibliothèque, laboratoires etc.) et en enseignants s’empirent d’année en année. Dans ces conditions, les taux d’échec ne peuvent qu’être élevés. En témoigne les résultats des examens du BEPC et du Baccalauréat. Pour l’année  académique 2018-2019, les taux de succès au plan national sont de l’ordre de 26,62% soit une baisse de 16.32 point comparativement à l’année académique 2017-2018 pour le BEPC et de 55.11% contre 64% en 2018 pour le baccalauréat. Mais il ne pouvait en être autrement avec les reformes barbares et antisociales qui tenaillent le système éducatif. Ces réformes qui consacrent la mise en œuvre des instructions des institutions impérialistes ont mis l’école burkinabè à genou. Ainsi le préscolaire est désormais l’affaire des privés qui spéculent sur les frais d’inscription. Au niveau du primaire, du post-primaire et du secondaire les salles de classes ploient sous l’effet des effectifs pléthoriques. Les élèves sont également soumis à des conditions sociales et académiques draconiennes liées à l’absence ou à la vétusté des infrastructures scolaires, des cantines scolaires, des bibliothèques et des laboratoires pendant que leurs parents doivent faire face aux frais de scolarité exorbitants ainsi que les cotisations APE et autres cotisations dites spéciales.  C’est dans ces conditions que les autorités politiques refusent d’adopter de manière concertée des franchises scolaires laissant un blanc-seing aux responsables d’établissements qui n’en demandent pas plus pour combattre les élèves et leurs organisations combatives.

Au supérieur, les chevauchements et les retards académiques constituent le triste quotidien des étudiants des universités publiques avec l’application mécanique du système LMD. Les autorités universitaires sont devenues des experts dans le bâclage de la formation avec notamment les cafouillages dans l’organisation des examens et délibérations, le tripatouillage des curricula de formation, la réduction drastique des volumes horaires, la suspension ou la suppression de certains travaux dirigés et pratiques ou des modules entiers de formation. A cette situation il faut ajouter la privatisation de certaines offres de formation ainsi que des masters dont le coût des frais de formation varie entre 300 000 et 1 200 000 F CFA.  En somme, nous assistons à une privatisation progressive de tous les ordres d’enseignements. 

Sur le plan social, le constat est également amer. L’Etat et ses intellectuels de service juchés dans les administrations universitaires travaillent sans vergogne à la clochardisation des étudiants burkinabé. Les œuvres sociales à la charge du CENOU, du CIOSPB et du FONER sont constamment remises en cause avec des atteintes graves aux intérêts des étudiants.  

Non satisfait de toute cette situation chaotique, le pouvoir du MPP et alliés continue de violer les franchises et libertés avec des escalades répressives comme ce fut le cas le 6 juin 2019 au CUP de DORI où le chargé de mission a fait intervenir la police pour réprimer les étudiants qui dénonçaient la programmation cavalière de leurs évaluations. 

Camarades élèves,

Camarades étudiantes et étudiants,

Au regard de tout ce qui précède, la CEEB :

- Dénonce la privatisation de l’école burkinabé ;

- appelle l’ensemble des scolaires et étudiants à s’organiser davantage pour défendre de façon ferme leurs intérêts matériels et moraux ;

- invite les scolaires et étudiants à rester solidaires et à se tenir pour les luttes à venir au cours de cette année académique 2019-2020. 

En avant pour la défense ferme de nos intérêts matériels et moraux !

En avant pour une école démocratique et populaire !

Vive la CEEB !

Pain et liberté pour le peuple

Le Bureau Exécutif National"

 

 

 

 

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