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Burkina: 110 508 candidats à la conquête du BAC premier diplôme universitaire
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Burkina: les médias dénoncent le caractère liberticide de certains articles du futur Code pénal
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France: l’ex-président Nicolas Sarkozy sera jugé pour corruption dans l'affaires des «écoutes»
Burkina: 17 civils tués dans une attaque terroriste à Béléhédé dans le département de Tongomayel (Province du Soum)

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SOCIETE

En Afrique comme dans la plupart de certains ménages, la religion est un facteur primordial. Elle s’impose aussi bien dans nos fondements que dans le consentement des familles pour le mariage ou la vie commune.  Source de divisions ou d’épanouissement socioculturel, la religion joue un rôle important dans les différentes relations amoureuses. Si elle est mieux comprise, le bonheur est au rendez vous mais mal comprise, elle brise à jamais deux cœurs. Des histoires à couper le souffle : d’une part, un mariage mixte qui a volé en éclat et d’autre part une réussite…

Partisan inséparable de nos vies, occupant une place prépondérante dans nos sociétés et coutumes africaines, la famille a son mot à dire pour les événements majeurs de notre existence. Pour l’union de deux cœurs, leur aval est essentiel et la convaincre en est une priorité. 

Cependant, ce défi n’est pas toujours simple à relever. La plupart des familles espère comme nouveau membre, un conjoint ou une compagne de même dénomination. Mais quand l’on ramène l’élu (e) de notre cœur d’une confession distincte, c’est parfois la stupéfaction. Et Lorsque la relation devient plus concrète et décisive, c’est l’angoisse du côté des familles conservatrices ou moins tolérantes. Elles voient d’un mauvais œil cette relation multi religieuses et l’horizon leur semble moins dégagé. 

Voici venu le début des tensions 

Si ce ne sont pas les deux familles ou l’une d’entre elles qui s’oppose à cette union, c’est soit l’indifférence totale à l’égard de ces tourtereaux, ou l’un des nouveaux arrivants n’est jamais totalement accepté. Pire, c’est le début d’une série de combats et de rejets qui minent le bonheur du couple. 

Rosalie, fervente catholique, 44 ans et mère de 4 enfants, divorcée, en a fait les frais :  « Je m’étais dit qu’il y a qu’un seul Dieu et c’est le seul et même que nous prions tous, donc à 20 ans j’étais ravie d’être unie à l’homme de ma vie, même s’il était de religion différente », s’exclame-t-elle !

Belle vision ! Mais ce que Rosalie n’avait pas encore mesuré, c’est que le mariage ce n’est pas seulement l’union de deux êtres, mais aussi celle de deux familles et surtout la communion de deux institutions (les croyances) en passant évidemment par la fondation de bases solides (les valeurs). Il a fallu deux décennies de vie commune mouvementée, pour que cette dame se pose les vraies questions :    «J’ai compris après 20 ans de mariage, 20 ans de lutte acharnée de reconnaissance et d’acceptation par ma belle-famille et 20 ans de concessions allant au-delà de mes convictions et principes, que le problème de religion entre nous n’était pas gagné d’avance. Il s’est même avéré fatidique à la suite de tant de pression et d’oppression». 

Divorcée depuis 2 ans, Rosalie peut à présent être objective grâce au recul.

 Il fait une chaleur d’enfer par ici.  Rosalie transpire à grosses gouttes, mais est décidé à parler. Elle dit que c’est thérapeutique ! « Au début, mon compagnon - musulman-, n’y voyait aucun inconvénient bien que je sentais la réticence de sa famille. Elle voulait que je me convertisse. Ma mère m’avait mise en garde. Mais on s’entêtait tous les deux. Rien ne comptait plus que notre amour à tel point qu’il a réussi à me faire intégrer ‘‘sa maison’’ par un mariage civil. Au fil du temps, la pression du mariage religieux nous rattrapa. Les enfants étaient nés et je voulais à tout prix réussir mon foyer. Mohamed était toujours menacé par ses parents de me convertir ou prendre une seconde épouse, bien que notre régime était monogamie. Pourtant malgré les échos fragilisant, je tenais encore le coup. J’étais certaine que Mohamed n’y était pour rien jusqu’à ce que je sois froidement convaincue du contraire».

Les tensions étaient tellement palpables dans cette grande famille où ils vivaient tous, que Rosine n’espérait qu’une chose, vivre en paix ailleurs avec son mari et ses enfants, loin de tout ce beau monde ! 

Le déclic !

On a parfois besoin d’être confronté à certaines réalités pour redéfinir nos objectifs. 

« Je refusais de m’avouer vaincue. Dit-elle. C’est lorsqu’un jour je me suis retrouvée à partager ‘‘ma maison’’ avec cette supposée seconde épouse, (enceinte) et que la ‘‘prétendue’’ nièce du village que j’élevais depuis bientôt 10 ans, –dont 5 ans à son arrivée-, était non seulement la fille de cette femme, mais aussi celle de mon mari, que je suis tombée plus bas que terre.»

«J‘ai réalisé à ce moment précis qu’il ne suffisait pas seulement d’aimer ou d’être aimé. J’étais mise à l’évidence : au fil du temps, la religion et ma belle-famille ont eu raison de nous. De toute façon, Mohamed avait déjà leur feu vert pour me remplacer et il n’a pas eu besoin de pousser la porte de la tromperie. Elle était déjà ouverte. »

Regard figé au sol, la main dans les cheveux, Rosalie observe un moment de silence comme pour remonter dans le passé et dit : « A beau y repenser, cette gamine n’avait d’ailleurs rien d’une petite ‘‘villageoise’’… » fort soupir, visage mélancolique, elle se ressaisit et affirme de nouveau : « quand je le disais à mon ex-mari, il répliquait toujours : il y a des enfants qui sont bien nés ! eh bien, il avait raison, qu’est-ce que j’ai pu être naïve… » 

Comme le dit le proverbe, ‘‘l’amour rend aveugle, le mariage rend la vue.’’ Blaise Pascal lui disait dans ses pensées : « le cœur a ses raisons que la raison ignore.» Fissénathou peut en témoigner.

Cette jeune musulmane de 32 ans, mariée depuis 7 ans à un catholique, est mère de 2 enfants, portant des noms musulmans et catholiques. Elle a dû se surpasser par amour, pour pouvoir vivre avec l’homme de sa vie qui est de religion étrangère.

 Fille de ‘‘Ladji’’ (musulman s’étant rendu à la Mecque), elle a mis sa fierté de côté, pour la plénitude de son foyer.

« Je n’ai jamais eu de problème majeur avec mon époux au sujet de la religion. Ses parents sont eux-mêmes de confession mixte et les miens sont tous musulmans. Il n’a jamais été question de conversion entre nous et il prie son Jésus et me laisse lire mon coran et prier à ma guise. C’est une question de mentalité. Si nous prions le même Dieu, pourquoi se faire la guerre ? c’est vrai que les pratiques sont différentes mais à chacun sa conviction. Nous inculquons aux enfants les commandements spirituels universels et ils seront libres de faire leur choix à leur maturité. En attendant, nous fêtons Noël comme le Ramadan et actuellement Madjid (l’ainé) s’égayait à m’accompagner dans le carême».

Vivre ensemble avec des religions diverses peut être possible et Fissénathou nous le prouve à travers la complicité et les compromis établis dans leur couple.

« Monsieur nous envoyait toujours le nécessaire pour casser le jeûne à sa descente et nous rigolons ensemble quand il ramène la viande de porc de chez son ami pascal !!! C’est tout lui et je puis vous assurer que c’est une blague qui dure des années. Il sait bien que je ne mange pas ‘‘ son gabriel’’ (le porc), mais ça l’amuse de voir la tête que je fais.  Si non les enfants aiment bien, et ça ne me dérange pas. Au contraire je suis ravie de les voir manger avec appétit en compagnie de leur père ; Ce gros gourmand ! » Avoue t’elle ! Fissénathou aime taquiner son époux, qui a aussi un grand sens de l’humour ! 

Elle renchérit : « Le problème c’est de ne juste pas forcer l’autre ou empiéter sur son terrain d’attachement. Le respect des différentes convictions est crucial et la tolérance est obligatoire. Si non c’est la guerre froide. Il faut trouver le juste milieu, ce qui n’est pas toujours évident en voulant suivre ses doctrines et faire plaisir en même temps, sans enfreindre certaines règles. C’est un sacrifice.» 

Par exemple le dimanche, je l’accompagne à l’église avec les enfants. Mais lui ne vient jamais à la mosquée. Cela ne me gêne pas, au contraire c’est un plaisir car cela le rend heureux, nous passons des moments précieux en famille et j’apprends aussi du christianisme. Je connais le ‘‘Notre Père’’ et le Psaumes 23. Pour les fêtes chez nous, le porc n’est pas privilégié quand bien même c’est noël, mais les jours ordinaires, pas de souci. C’est ce que nous avons convenu : « Ce que ‘‘tu’’ as convenu » réplique son mari tout fier d’avoir pu placer un mot et ils explosent tous les deux de rire.  Deux vrais coquins !

Fissénathou revient à la charge :« Ce qui est sûr, lui et le porc c’est une longue histoire d’amour et je ne peux rien y faire. Par contre la bière ça passe même si je ne la bois pas. « Tu y gouttes souvent » Lâche l’époux plein de goguenardises !

Fissénathou abasourdi, le regarde comme pour dire qu’est ce qui ne va pas bien dans sa tête… D’un grand effort, elle prend son souffle et rétorque en remuant la tête et souriant : « Lui tient à ce que tous nos enfants suivent normalement le catéchisme et moi je leur apprends quelques sourates dans mes temps libres. Maéla la petite dernière s’endort quand je lis. Comme si c’était une berceuse, c’est impressionnant. Même si elle ne comprend pas ce que cela signifie, ces paroles resteront vivantes en elles et lui serviront quand elle grandira».

« La question ne s’est vraiment pas posée car mon mari est un homme ouvert et très moderne. En plus il avait déjà grandi dans une famille similaire et ce n’était pas nouveau du tout. Moi j’étais plutôt pessimiste et même apeurée, mais quand mes parents après leurs multiples tentatives de déstabilisation, ont compris que nous étions faits l’un pour l’autre, ils ont accepté la situation. Moi je m’y suis faite après bien sûr que monsieur m’ait rassuré. Nous nous sommes promis tolérance et pardon et jusque-là tout se passe bien… En tout cas côté religion oui » et elle se met à nouveau à rire en lorgnant son homme avec un air de tient la monnaie de ta pièce !!! ils sont fabuleux ces deux…

Fissénathou et son époux eux, ont eu la chance de pouvoir échapper à la pression de la famille, mais ce n’est pas toujours acquis pour certains.  

Il y en qui pour éviter les discordes familiales et plaire au conjoint ou la conjointe se convertissent. D’autres préfèrent arrêter leur aventure. D’autres s’acceptent tel quel ! Et il y en a qui foncent la tête baissée, peu importe les oppositions. Une chose est sure, la religion n’est pas un aspect négligeable dans nos choix de vie de couple. Elle peut être source de développement en matière de spiritualité et de diversité culturelle, comme elle peut également être néfaste, quand les couples n’agissent qu’à leur guise sans tenir compte des us et coutumes et circonstances futures de la vie.

Le problème de consentement religieux, maintient encore des célibataires, retient certains en concubinage et peut éventuellement être la cause de mésententes et de ruptures. Ce sont des réalités à impérativement creuser et peser avant tout engagement. Les dignitaires des différentes religions ont compris la situation et on mit en place des comités de dialogue inter-religieux. Ledit comité échange sans tabous  sur des thèmes tels le mariage mixte, la vie en société et la cohésion sociale.

 

 

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