Aujourd'hui,
URGENT
Fada N'Gourma : décès de sa Majesté Kupiendieli, 31ème Roi du Gulmu, dans la nuit de vendredi 16 au samedi 17 août 2019. 
Soudan: le nouveau Premier ministre Abdalla Hamdok confirmé le 20 août
Hadj 2019:  "Le contingent burkinabè a enregistré au total cinq décès" (Abdoul Moumine Zoundi Ilboudo /Radio Oméga). 
Burkina  : 20 peaux de crocodiles et 2 pointes d’ivoire d’éléphants saisies par le service des Eaux et Forêts. 
Jeux africains : les Étalons juniors font match nul face au Nigéria ce 16 août 2019 (1-1). 
RDC: deux médicaments testés sur des malades sont parvenus à réduire significativement le taux de mortalité de Ebola
Etats-Unis: Trump assouplit la loi de protection des espèces menacées aux États-Unis
Burkina: l'UAS dénonce le mépris du gouvernement quant aux conditions de reprise du dialogue social
Burkina: le Premier ministre Christophe Dabiré échange avec les chefs des circonscriptions administratives sur la gestion des crises 
Tanzanie: une soixantaine de morts après l’explosion d’un camion-citerne

SOCIETE

«Les Mères poules» est une association regroupant des femmes issues de milieux ruraux et défavorisés. Présidée par Madina Boly/Yaméogo, ce regroupement de femmes œuvre pour l’autonomisation de la femme.

Il est 11 heures ce samedi 10 février 2018 lorsque nous arrivions dans les locaux qui abritent l’association «Les Mères poules» dans la cité Azimo au quartier Ouaga 2000. A l’intérieur de la villa, une cinquantaine de femmes s’affaire. Les plaisanteries fusent. Ces femmes étaient bien occupées par la fabrication de savon, de l’eau de javel et de produits cosmétiques. 

Pour la plupart sont sans emploi, elles se retrouvent pour apprendre la fabrication de savon et de produits cosmétiques faits à base de matières locales, - moringa, miel, balanites, beurre de karité- etc. «Nos productions sont bio. Ils n’ont pas d’effets secondaires sur la pigmentation, l’épiderme, la peau. Ce sont des produits qui entretiennent la peau. Avec ces produits, on ne risque pas de risque le cancer. Les femmes africaines devraient utiliser ces produits bio pour l’entretien de leur peau», affirme Mme Yaméogo. 

«Les Mères poules» est une idée originale du sage Zakaria Niankiné, un ami à Mme Yaméogo. «C’est ce monsieur qui m’a vraiment donné le courage de mettre les femmes en association pour mutualiser nos forces et compétences», témoigne la présidente. 

L’association a vu officiellement le jour en 2015. Madina Yaméogo entend porter ces femmes vers un horizon meilleur par leur autonomisation. «Nous sommes des mères avec nos poussins (nos enfants). C’est donc ensemble, main dans la main, que nous allons construire notre avenir», se plait à dire cette maman de deux petits garçons qui pour elles, ne peuvent que profiter de l’épanouissement de leur mère.

Issues de milieux ruraux et défavorisés, certaines de ces femmes sont aussi placées pour le nettoyage dans structures de la place. Madina Yaméogo qui tient un magasin de vente d’habits et des produits Lobbel (son label), met ces femmes à contribution pour la production. Elles sont ensuite rémunérées au prorata de leurs productions. Certaines parmi elles ont même un salaire mensuel. 

Malgré son jeune âge, dame Yaméogo s’emploie également à prodiguer des conseils en nutrition et en planification familiale à ces «Mères poules». «Imaginez-vous qu’il y a des femmes qui n’ont même pas 30 ans et qui sont déjà mères de quatre enfants… Tout cela arrive par ignorance. Nous passons parfois toute une journée à causer entre nous. C’est une vie de famille que nous menons ici quoi. Parce que pour nous, une femme épanouie, c’est une société qui se développe. Notre objectif est de faire le bonheur de milliers de femmes dans cinq ans. Et nous irons dans les hameaux du Burkina pour y parvenir», foi de Madina Yaméogo.

Très prisés par les consommateurs, les produits Lobbel sont présents sur le marché burkinabè, nigérien, malien, sénégalais et ivoirien. Après deux années d’existence (officielle), l’association rêve de se transformer en centre professionnel de formation et d’insertion pour non seulement former et éduquer les femmes, mais aussi encadrer les enfants de ses membres. 

En attendant, il est envisagé l’ajout de sections tissage, jardinage, coiffure, restauration à ses activités. Elle vient d’ailleurs d’ouvrir un restaurant dans le quartier chic de Ouaga 2000 où certaines de ses membres y monnayent leurs talents culinaires.

Mais en dépit de cette volonté de réussir, cette association fait face au manque de moyens pour développer ses activités.  «Nous souhaitons avoir des outils modernes pour la fabrication en quantité. Nous souhaitons avoir du matériel de travail et de l’appui financier parce que nous avons l’ambition d’exporter nos produits», souhaitent ces généreuses femmes.

ENCADRES

Djamila Kouanda, membre de l’association depuis six mois

Mariée et mère de deux enfants, Djamila Kouanda était ménagère. «Je ne pouvais rien acheter moi-même tant que mon époux me donne pas de l’argent», témoigne-t-elle. C’est donc cette situation qui a amené Mme Kouanda à intégrer les «Mères poules». Aujourd’hui, elle dit gagner sa vie grâce à son revenu mensuel, 25.000 francs CFA environ. Très habile dans la fabrication de savon et produits cosmétiques, Djamila Kouanda rêve d’ouvrir sa propre entreprise les années à venir. Mais en attendant, elle demande l’accompagnement de bonnes volontés afin de permettre à l’association de se développer ses activités.

Rasmata Zongo, membre de l’association depuis cinq ans

Rasmata Zongo était sans emploi jusqu’au jour où elle a adhéré à l’association «Mères poules». Mariée et mère de quatre enfants, Rasmata Zongo avoue qu’il était difficile pour elle d’entretenir ses enfants parce que son époux, modeste employé dans une imprimerie de la place, était le seul bras financier du couple. «Aujourd’hui, monsieur fait 50% des dépenses du foyer et moi les autres 50%. Je paye aussi la scolarité de mes enfants et je m’habille comme je veux», confie Mme Zongo. Tout comme les autres membres de l’association, Rasmata Zongo déguste également les fruits de son labeur grâce à un salaire mensuel de 40.000 francs CFA. 

Salimata Diarra, nouvelle membre de l’association 

Célibataire avec deux enfants, Salimata Diarra effectuait son baptême de feu ce 10 février. Pour celle-là même qui a perdu son emploi de serveuse dans un restaurant de la place, c’est une nouvelle expérience qui commence. «J’ai perdu mon emploi et je ne savais que faire pour m’occuper de mes deux enfants et moi-même», témoigne Mlle Diarra qui espère apprendre un métier qui puisse l’aider à s’occuper de ses deux bouts de chou.

 

Abel Azonhandé

©FasoZine N°74, Mars-Avril 2018. Tous droits réservés. 

 

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