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Photo de famille avec le CB de Djibo

SOCIETE

A l’initiative du Club des amis journalistes, une vingtaine d’hommes des médias étaient en immersion à Djibo, ville située dans la région du Sahel. Du 14 au 15 janvier 2019, ces professionnels des médias sont sortis de leurs bureaux pour non seulement aller s’informer sur les attaques terroristes de plus en plus récurrentes dans cette partie du pays mais aussi d’apporter leur soutien moral aux autorités administratives et aux Forces de défense et de sécurité.

Le 19 octobre dernier, un groupe d’individus armés ont attaqué la brigade territoriale de gendarmerie de la ville de Djibo, dans la province du Soum. Le bilan relevé fait état d’un gendarme blessé, de dégâts matériels et de l’évasion de plusieurs présumés terroristes en garde à vue. Plusieurs autres attaques similaires ont été enregistrées dans cette même localité au cours de l’année 2018. C’est à juste titre qu’une vingtaine de journalistes se sont rendus dans la province pour soutenir les autorités administratives et les FDS qui vivent une psychose jamais vécue dans la localité.

De Ouagadougou à Kongoussi (105 km), l’ambiance était bon enfant. Par mesure de prudence, le groupe décide de passer la nuit du 14 à Kongoussi, ville située à 94 km de Djibo. L’ambiance était détendue jusqu’à ce que deux agents du ministère de la sécurité se joignent à la délégation des journalistes. C’est alors que nous eûmes à l’idée que nous allions dans une «zone rouge». Sur le chemin, la rencontre d’une patrouille de militaires nous édifie davantage sur la singularité de cette localité en matière d’insécurité. Après quelques heures de route sur une voie poussiéreuse dont le bitumage a démarré depuis août 2016, nous voici à Djibo.

En dehors de quelques contrôles à l’entrée de la ville et de regards curieux, la vie semble suivre son cours normal à Djibo. Mais c’est au Haut-commissariat que nous nous rendons compte de la psychose dans laquelle vivent les populations de cette localité. Des informations reçues déjà à l’entrée de la ville, il nous est revenu clairement que les terroristes avaient les leurs dissimulés parmi les populations. Il fallait donc avoir de la retenue dans les propos. A l’image du poste de gendarmerie, la plupart des services déconcentrés ont fait ériger des clôtures pour protéger les locaux d’éventuels assaillants.

Assisté de son secrétaire général, Pierre-Claver Bancé, le Haut-commissaire de la province du Soum, Siaka Barro, après un briefing est formel. Ici on ne répond pas aux questions jugées sensibles ou directement liées à la sécurité.  Toutefois, l’administrateur civil rassure que l’état d’urgence «est bien perçu et respecté par les populations».  Du reste, il estime que «la province est vivable» et que les populations n’ont pas de raisons à fuir sa circonscription. 

Le reste de la toiture de la gendarmerie attaquée

Cap est mis par la suite à la brigade de la gendarmerie nationale de Djibo. En rappel, cette gendarmerie avait été attaquée le 18 octobre dernier par des individus lourdement armés, qui ont fait évader des prisonniers avant de disparaître dans la nature. Le bâtiment avait été littéralement saccagé par les assaillants. Après une brève présentation, le Chef de brigade (CB), le major René Ouoba, en poste depuis le 21 décembre 2018, s’est dit très «sidéré par ce courage des journalistes» qui ont bravé la peur et les risques pour toucher du doigt les réalités que vivent les FDS et les populations de cette localité. «On est ravi quand des journalistes quittent leurs bureaux pour se rendre sur le terrain afin de voir comment la situation se présente. J’avoue que ça nous met un baume au cœur, parce que cela nous rassure que nous ne sommes pas seuls dans cette lutte. Je vous dis merci pour cet engagement. Votre sortie nous galvanise et on souhaite que l’initiative soit pérenne pour que le pays soit arrosé d’informations saines car, quand on s’abreuve de l’information saine, on grandit forcement», se réjoui le CB.

Après quelque temps d’échanges, permission nous est donnée de visiter les restes des locaux de la gendarmerie où jonchent toujours des débris. Murs noircis par des flammes, toits troués et meubles calcinés témoignent de l’atrocité de cette attaque. Dans la cour de la brigade, il ne reste que les ferrailles du véhicule de commandement et celui de l’ancien CB. 

Photo de famille avec le Directeur provincial de la police nationale du Soum

«Tout ce monde-là ?»

Tout comme à la brigade de gendarmerie, au commissariat de Djibo où nous nous sommes rendus par la suite, les hommes en tenus laissent entrevoir un moral haut. Mais ici également, pas question de piper le moindre mot sur les questions liées à la sécurité. Sereins et armes au poing, les agents sont imperturbables malgré l’affluence des usagers devant l’entrée du commissariat. Avant d’atteindre les bureaux du commissaire, nous avons su qu’on ne blague pas ici. Juste après l’entrée principale et malgré que nous étions annoncés au préalable, un policier nous arrête net : «Où allez-vous ?» Nous sommes des journalistes en mission et nous avons rendez-vous avec le commissaire. «Tout ce monde-là ?», réplique-t-il. Après les formalités d’usage, nous sommes reçus par le commissaire Claude Kambou, Directeur provincial de la police nationale.
 «Nous sommes contents que vous ayez effectué ce déplacement pour venir participer avec nous dans cette lutte contre le terrorisme. Cela nous va droit au cœur et nous vous encourageons pour cette initiative. Vous êtes un maillon important dans la lutte contre ce phénomène que le Burkina est en train de connaître», confie le commissaire Kambou.

Des programmes de radio contrariés

A la Radio lutte contre la désertification et les changements climatiques (RLCD), à laquelle nous avons rendu visite, le directeur comptable, Lucien Lassané Ilboudo, laisse entendre que cette radio traite des thèmes comme l’extrémisme violent, l’excision et le planning familial à travers des émissions interactives qu’ils ont «du mal à exécuter». Un programme modifié vu le contexte d’insécurité élevé, témoigne le directeur. «Avant, nous fermions à 22 heures mais maintenant on ferme à 20H. Quand il y a des activités, nous ciblons les zones qui ne sont pas rouge», déclare-t-il. En effet selon les propos de M. Ilboudo, la station a déjà reçu des menaces.

A la radio «La Voix du Soum», la station sur laquelle, le prédicateur radicalisé, Malam Dicko, qui a eu à revendiquer plusieurs attaques dans cette zone, notamment la localité de Nassoumbou, le programme se déroule avec des modifications. «La psychose des attaques est vraiment permanente. On ne peut plus faire vraiment des reportages à l’intérieur de la province, ce qui est dommage. Il y a aussi la psychose, comme je l’indiquais, qui fait que la plupart des agents ne peuvent pas donner 100% de ce qu’ils ont comme potentialité puisqu’il y a ce blocage-là dans la tête», témoigne Roger Sawadogo, directeur de la radio.

Pour le président de l’association du Club des amis journalistes, Dénis Zoungrana, ce fut une satisfaction de faire cette immersion qui a permis aux hommes et femmes des médias de toucher du doigt les réalités que vivent les populations de Djibo. «Le Club est là pour témoigner son soutien non seulement aux FDS qui sont en première ligne dans cette lutte, aux autorités, mais à toute la population de Djibo. Ceci afin de les rassurer que nous sommes de cœur avec eux», s’est réjoui Denis Zoungrana à la fin de la visite.  Une autre journée est prévue pour soutenir cette fois-ci les familles des victimes des différentes attaques terroristes au Burkina.

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