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Le président sortant passe le témoin au nouveau président (à droite)

SOCIETE

Mathias Tankoano a été officiellement installé ce jeudi 9 août 2018 comme le nouveau président du Conseil supérieur de la Communication (CSC). Il a désormais la lourde tâche avec le concours des 8 autres conseillers de réguler les médias burkinabè et le secteur de la publicité. La cérémonie de passation des charges avec le président sortant, Désiré Comboïgo a été présidée par le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba.  

La crise qui a secoué le CSC durant près d’une année a plané au cours de ce cérémonial consacrant la prise de fonction de Mathias Tankoano. Le président sortant, Désiré Komboïgo faisant son bilan de 6 mois passés au gouvernail de l’institution, est revenu en grande partie sur les difficultés qu’il a rencontrées. Il n’a pas manqué de tirets à boulets rouges sur certains agents de l’administration qui auraient posé des actes tendant à paralyser l’institution. L’affaire de l’incarcération de la présidente Nathalie Somé et de son directeur de l’administration et des finances (Daf) n’a pas aussi été occulté par M. Comboïgo qui, apparemment avait « gros sur le cœur ».

« Jamais l’institution CSC n’avait atteint un tel niveau de déliquescence morale  que les inculpations et incarcérations de sa présidente et de son Daf avait préalablement engendrée. Tout se passait comme si une coalition aux desseins étranges était téléguidée par une main dont le sort était fortement lié aux acteurs de l’insoumission et de la rébellion administrative.  Empêcher les nouveaux acteurs de prendre connaissance des dossiers en cours était l’objectif « salvateur » à atteindre coûte que coûte, vaille que vaille même au prix de la destruction d’une institution vieille de plus de deux décennies » a indiqué Désiré Comboïgo. 

Pour celui qui a assuré l’intérim de l’institution depuis le 23 janvier 2018, l’administration est un outil technique au service de la mission des conseillers. Et pour lui afin de faire face aux dérives de certains agents administratifs qui veulent saboter l’institution, il urge  pour les conseiller entrants de veiller à ce que l’administration demeure au service des missions du collège des conseillers. 

Et à l’en croire, les impératifs pour la nouvelle équipe se résument, entre autres, à la reconstruction d’une administration digne d’une autorité administrative indépendante, l’élaboration urgente du projet de budget 2019 qui aurait été boycotté par certains agents, la réhabilitation de l’image de marque du CSC auprès des populations et la préparation immédiate des prochaines consultations électorales.     

Le nouveau président de l’institution, pour sa part, a appelé tous les acteurs au dialogue et à la concertation afin que la nouvelle équipe puisse réussir sa mission. : « J’invite l’ensemble de conseillers ainsi que le personnel du CSC à se mettre à la tâche dans l’unité, l’esprit d’équipe et au nom de l’intérêt suprême de la nation. Car nous n’aurons pas d’excuses aux yeux de l’opinion si nous ne parvenons pas à tirer leçon des expériences » a fait savoir Mathias Tankoano. 

Pour le nouveau président, la priorité ultime sera d’amener la sérénité au sein de la maison CSC car il estime que l’institution ne peut assumer sa mission de régulation « dans la division et la bagarre » mais « dans la compréhension, l’acceptation mutuelle et l’accompagnement ». 

Le chef du gouvernement, Paul Kaba Thiéba s’est dit convaincu que cette nouvelle équipe pourra ramener la sérénité tant attendue dans cette institution : « Je suis convaincu que les travailleurs du CSC vont se réunir autour de la nouvelle direction et de la nouvelle présidence pour se donner la main afin de relever les défis (…) Je voudrais féliciter le président par intérim, qui dans un contexte difficile à assumer sa fonction avec responsabilité et efficacité ».

Notons que le renouvellement des instances du CSC avait pour but de mettre fin à la crise qui secouait l’institution et à la situation de blocage qu’elle connaissait suite à l’inculpation de sa présidente. Le parlement avait procédé en mars dernier à la modification de la loi organique N°15-2013/AN du 14 mai  2013 portant   attributions, composition, organisation et fonctionnement du Conseil supérieur de la communication(CSC). Cela dans l’optique d’apporter des innovations dans le fonctionnement de l’institution et surtout mettre fin à la crise.

Malgré cela, une polémique est survenue suite au mode de désignation des membres du nouveau collège. L’AJB et le Synatic ont estimé que le processus a été clandestin car n’ayant pas été consulté. Les patrons de presses avaient nié en bloc via une déclaration.

 

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