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SOCIETE

Le 27 janvier dernier, les enseignants, à travers la Coordination nationale des syndicats de l’enseignement (CNSE), sont parvenus à un compromis avec le gouvernement par la signature d’un protocole d’accord. Si cet acte marque la fin de la crise qui a secoué le milieu scolaire durant 4 mois, il ressort que la satisfaction n’est pas à 100%. Dans une interview accordée à Fasozine, Windyam Zongo, coordonnateur national des syndicats de l’enseignement, revient sur les acquis et les attentes de ses pairs, vis-à-vis des engagements pris par le gouvernement.  

Fasozine : après la signature du protocole d’accord, vous avez tenu une Assemblée générale. Quelle était la substance de cette rencontre avec vos collègues ?

Windyam Zongo : Nous avons bien voulu rendre compte à la base de ce que nous avons obtenu des négociations. Parce que c’est grâce à cette base, que nous avons pu mener la lutte durant ces quatre mois sans baisser la garde et sortir la tête haute. Il était alors de notre devoir, de se tourner vers elle. Un syndicat ne vit que par la force de la base. Les militants sont sortis nombreux à l’occasion de cette Assemblée générale, comme ils l’ont toujours fait lors de nos luttes, pour écouter le message de la coordination. Nous avons à cette occasion voulu bien présenter le protocole d’accord aux militants, pour qu’ils s’en approprient et qu’ensemble nous voyons comment persévérer dans la lutte. Certes le protocole est signé, mais il faut persévérer pour que sa mise en œuvre soit effective. Toutefois, nos camarades à qui nous avons présenté le protocole, l’ont accueilli à cœur ouvert et avec joie. Ils ont du coup féliciter la coordination, avec à sa tête les 15 secrétaires généraux qui sont restés unis jusqu’à la fin.

Le soir de la signature, vous disiez ne pas être satisfait à 100%. Comment vous justifiez ces propos ?

Justement, il faut reconnaître que nous avons mené les discussions pendant longtemps, parce qu’il y a des points sur lesquels on pensait sortir avec. Mais malheureusement, au regard de la complexité de certains d’entre eux, on n’a pas pu les arracher dès que dès que. C’est le cas par exemple du statut. Le gouvernement a acté le principe du statut valorisant mais son opérationnalisation pose un petit problème. Et donc un comité technique d’experts sera mis en place pour déposer les travaux de leur réflexion au plus tard le 31 mai 2018. A l’issue de cela, les deux parties vont se retrouver autour de la table pour encore discuter afin de l’adopter. Il y avait aussi un point concernant la loi 081, et les iniquités constatées lors du reversement, ce point n’a pas fait l’objet de discussion. Voilà des raisons qui nous poussent à affirmer que la plateforme n’a pas été satisfaite à 100%, mais nous reconnaissons qu’il y a eu des avancées de part et d’autre à propos des quatre points de notre revendication. Les lignes ont bougé en un mot. Ce qu’on a pu obtenir, en attendant l’application du statut, il s’agit entre autres de la bonification d’échelon. C’est un échelon à tous les travailleurs de l’éducation, c’est-à-dire à tout le personnel de l’éducation. Alors, c’est synonyme d’une reconnaissance nationale à tous les travailleurs. Une chose que l’on obtient lorsqu’on est décoré ou qu’on a fait un stage de 18 mois. Et tous les travailleurs ont eu cette bonification qui doit les accompagner jusqu’après la retraite. Ce n’est pas comme les indemnités qui prennent fin aussitôt après la retraite. La bonification, c’est un avantage permanent pour le travailleur. Ceux qui connaissent la valeur d’une bonification d’échelon, apprécient cet acquis. On a pu effectivement obtenir l’harmonisation et une valorisation d’indemnités spécifiques pour tous les travailleurs de l’éducation et aussi ceux de l’enseignement supérieur. Il en est de même qu’une augmentation de 26% de l’indemnité de logement. Une indemnité spéciale de logement pour les enseignants en classe et pour les encadreurs pédagogiques sur le terrain. Cette indemnité, on a pu l’obtenir du fait que les enseignants utilisaient leur logement comme second bureau. Au-delà des acquis liés aux travailleurs, il y a des acquis pour les parents d’élèves et aussi pour les élèves. Pour ces derniers cités et les étudiants, c’est la réinstauration des bourses. C’est un grand acquis. C’est quelque chose qui était supprimée. On a aussi la construction d’internats dans les 13 régions et ensuite dans les 45 provinces. Il y a également, la cantine scolaire qui est de retour pour couvrir les 9 mois de l’année. Beaucoup de cadres et d’autorités ont bénéficié de ce couscous et des bourses pour aller étudier. Mais malheureusement, à leur retour, ils ont préféré supprimer les bourses, supprimer la cantine scolaire. Et nous, nous disons qu’il faut que ça revienne, pour que l’école burkinabè soit réhabilitée. Ce sont des acquis qui datent des années 1960. Pour nous la signature de ce protocole est un renouveau pour l’école burkinabè. Voilà pourquoi, nous voulons que tout le monde s’implique quant à  sa mise en œuvre. Pour poursuivre, en termes d’acquis, vous voyez que chaque 11 décembre, on prévoit la construction de voiries, salle de sports, etc. Cependant, on ne prévoit rien en ce qui concerne les infrastructures socio-éducatives. Les deux parties ont convenu dans le protocole que désormais, là où le 11 décembre sera célébré, que l’on pourrait voir la part de l’éducation dans lesdites réalisations. Il y avait des ex monitrices des garderies populaires, qui depuis plus de 40 ans par exemple, ont travaillé sans être payées. Nous avons porté ce dossier dans notre lutte sectorielle et le gouvernement a pris l’engagement dans le protocole d’accord qu’au plus tard dans un mois, ils vont essayer de régler définitivement ce problème. Et nous allons veiller à ce que cela soit fait, parce que ces bonnes dames attendent depuis de nombreuses années. Il y en a parmi elles, qui ne sont plus de ce monde sans avoir bénéficié d’un rond de la part de l’Etat. Toujours pour les travailleurs, il y a ce qui concerne leurs situations administratives. C’est-à-dire, un agent qu’on recrute et qui peut faire 10 mois sans salaire. Dans le protocole d’accord, tout agent nouvellement recruté, lorsqu’il va prendre service, l’Etat dispose d’un mois à partir de sa date de prise de service pour le mandater. Parce qu’il y a des camarades qui partent et qui font des mois sans salaire. Comment voulez-vous qu’ils soient efficaces ? C’est difficile pour eux de donner le meilleur d’eux-mêmes. Il y beaucoup d’avantages qui concernent les parents. Par exemple la dotation des établissements en budget de fonctionnement. Ecoles primaires, CEG, lycées et autres, cela contribue à ce que les parents d’élèves ne cotisent plus pour le fonctionnement de l’école. L’école étant une structure administrative comme les autres, elle doit avoir des budgets de fonctionnement. Et cela fait partie du protocole d’accord, pour compter de la rentrée 2018-2019. Aussi, il n’est pas normal que le maître, le professeur ou le proviseur se déplace à ses propres frais.

Quels sont les moyens dont vous disposez pour pouvoir rattraper ce temps perdu ?

Il faut dire que pour le nouveau calendrier, nous avons convenu lors de la signature du protocole d’accord que les deux parties vont examiner la gestion de l’année. Et effectivement le 29 janvier dernier, nous avons rencontré l’administration, échangé avec le ministre de l’éducation nationale et à l’issue de la rencontre on a revu le calendrier de l’année scolaire ensemble. Nous, nous avons déjà pris des dispositions pour ventiler ce nouveau calendrier à travers le procès-verbal, au niveau de nos structures déconcentrées, pour que les mesures nécessaires soient prises afin de reprendre les cours incessamment dans de meilleures conditions. Alors, que l’Etat essaie aussi d’encourager les travailleurs, pour que de concert avec les parents d’élèves, et les élèves, soient développées des initiatives pour qu’on rattrape le temps perdu, à travers peut être des cours de rattrapage. Mais c’est ensemble, enseignants, parents d’élèves qu’on devrait s’asseoir et trouver les meilleures formules pour réorganiser les choses afin que nous puissions obtenir en fin d’année de meilleurs résultats, quand bien même l’année a été difficile.

Il semblerait que certains enseignants ne seraient pas prêts pour des quelconques cours de rattrapages ou heures supplémentaires ?

Si les différentes parties discutent, ils vont trouver les moyens nécessaires pour que l’année soit sauvée de façon responsable. C’est pour dire qu’on n’imposera à personne quoi que ce soit. Mais c’est toujours par le dialogue qu’on y arrivera.

Le protocole aujourd’hui signé, chacun retourne à ses occupations. Est-ce à dire que la crise est close ?

Le protocole d’accord a été signé effectivement le 27 pour ne pas dire le 28 janvier. Ce qu’il faut retenir, c’est que dans ce protocole, il y a ce qu’on appelle le comité de suivi des engagements. Lequel comité sera mis en place pour suivre pas à pas les engagements pris par le gouvernement. Si un engagement n’est pas respecté à échéant, alors nous sommes dans notre devoir, dans notre plein droit de revenir à la charge. Et nous prenons l’opinion nationale et internationale à témoin, quant à la mise en œuvre des engagements pris par le gouvernement.        

 

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