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RDC: l'Eglise appelle Tshisekedi à rompre avec les méthodes du régime précédent
France: Lamine Diack, l'ex-patron de l'athlétisme mondial, bientôt jugé pour «corruption active et passive» et « abus de confiance »
Barsalogho: 15 personnes tuées dans la soirée du samedi 22 juin 2019 par des hommes armés non identifiés (ministère de la Défense). 
USA: une condamnation à mort annulée après 6 procès pour «biais racial» (RFI)
Burkina: le Code pénal révisé adopté malgré l’opposition des médias et des organisations de droits humains   
Burkina: 110 508 candidats à la conquête du BAC premier diplôme universitaire
Turquie: les militaires «meneurs» du putsch raté condamnés à la prison à vie

SOCIETE

Le tribunal correctionnel de Ouagadougou a décidé ce jeudi 10 août 2017 de relaxer le journaliste Lookman Sawadogo au bénéficie du doute. Il était poursuivi pour diffamation par le procureur du Faso sur plainte de 6 magistrats membres de la commission d’enquête du Conseil supérieur de la magistrature. Le procureur avait requis contre lui 12 mois de prison avec sursis et une amende de 300 000 F CFA.

Selon  Me Anna Ouattara/Sory, l’un des conseils du journaliste Lookman Sawadogo, cette décision du tribunal est satisfaisante dans la mesure où il a reconnu que les faits de diffamation reprochés au prévenu n’étaient pas avérés du moment où il y a un doute sur lesdits faits. «Le tribunal pour cette raison a décidé de relaxer purement M. Sawadogo Lookman des faits de ces poursuites en estimant qu’il y a un doute quant aux allégations de la partie poursuivant. Aussi, le tribunal les a condamnés aux dépens(…) C’est une satisfaction pour nous parce que nous étions convaincus dès le départ que ce que notre client a écrit  n’avait rien de diffamatoire et ne constituait pas une infraction au sens de la loi » a fait savoir l’avocate.

Néanmoins elle s’est dite déçue que le tribunal ait rejeté toutes les exceptions soulevées notamment celle  concernant la non-application de la loi CNT-2015 portant statut juridique de la presse en ligne. Pour cette dernière, du fait de la qualité de journaliste de son client, on ne devait pas le poursuivre sur la base du Code pénal. 

Lookman Sawadogo, pour sa part, s’est dit aussi satisfait car le verdict du tribunal reflète ce qu’on attend de la justice au Burkina Faso. «Ce procès était une cabale contre ma personne. Le fait que le tribunal soit allé dans ce sens est une satisfaction parce que cela restaure dans notre esprit une justice qui se veut réellement indépendante (…) On avait aussi craint que cela soit la liberté de la presse et celle d’expression qu’on assassine au Burkina à travers ce procès. Il y avait une jurisprudence qu’on a voulu instaurer pour museler les journalistes et les cybers activistes. (…)  J’ai été jugé sur la base du code pénal, ce qui est extrêmement grave pour le Burkina parce que le statut de journaliste n’est pas à géométrie variable. On reste journaliste tant qu’on est pas dans le délit de droit commun » a laissé entendre Lookman Sawadogo à l’issue du prononcé du délibéré.

Pour la défense, c’est seulement un sentiment de satisfaction qui les anime mais pas de joie car les plaignants peuvent interjeter appel dans un délai de quinze jours.  Et en appel, les choses peuvent changer. Cependant, elle estime que la sagesse prévaudra au niveau des plaignants afin qu’ils laissent tomber la procédure.

Pour l’Association des journalistes du Burkina (AJB), c’est toujours une satisfaction quand un journaliste échappe à une condamnation.  Guézouma Sanogo, président de l’AJB a indiqué suivre toujours le dossier car les plaignants peuvent faire appel.

En rappel, Lookman Sawadogo était accusé de  diffamation pour un article publié le 5 avril 2017 sur la page Facebook de son journal en ligne, Le soir. Dans ledit article, le journaliste faisait remarquer que l’un des six membres de la commission serait impliqué dans une affaire de corruption et que la justice tenterait de noyer ladite affaire. 

 

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