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SOCIETE

La section de l’Organisation démocratique de la jeunesse du Gourma (ODJ) a animé une conférence de presse ce vendredi 7 juillet 2017 à Ouagadougou sur les nouvelles menaces de déguerpissement qui planent sur la population de Kounkoufouanou, localité située à 70 Km de Fada N'Gourma, sur l'axe Fada-Frontière du Bénin. Par ce point de presse, l’ODJ voulait prendre l’opinion publique à témoin sur la situation préoccupante et pénible de la population de cette localité qui a été victime d’un déguerpissement en 2015 sous la Transition.


«A travers cette conférence de presse, nous voulons sensibiliser, donner l’information à l’opinion nationale et internationale, également interpeller les dirigeants pour qu’ils nous disent véritablement ce que cette population a fait pour mériter ce sort et ce qu’ils prévoient de faire. Car, pendant les campagnes, ces mêmes dirigeants ont promis à la population de Kounkoufouanou qu’il y aurait une solution dès lors qu’ils seront aux commandes de l’appareil d’Etat. Et voilà qu’aujourd’hui, c’est le statu quo. Aucune réponse, aucune possibilité d’audience avec ces dirigeants.» C’est en substance ce qu’a déclaré le président de l’ODJ, Blaise Tindano.

Il a même précisé qu’une lettre ouverte a été adressée au Premier ministre Paul Kaba Thiéba. Laquelle lettre n’a pas encore connu de réponse. «Jusqu’à présent, aucune autorité n’a accepté se prononcer sur cette situation qui prévaut dans la localité de Kounkoufouanou. Nous souhaiterons que les autorités nous donnent les raisons du déguerpissement. C’est un véritable problème que l’autorité jusqu’à présent ne se prononce pas. Ne serait-ce que nous dire pourquoi elles n’ont pas prévue de site d’accueil» martèle M. Tindano. Il a rappelé que cette population a été victime d’un déguerpissement arbitraire en juin 2015. Elle n’avait pas de sites d’accueil et les mobiles avancés ne sont pas connus.

Et ce n’est pas Moussa Diagbouga, un habitant de la localité, qui dira le contraire. «Depuis que nous avions été déguerpis en 2015, nous n’avions pas eu de site d’accueil sinon, nous ne serions plus revenus vivre à Kounkoufouanou.» Il a indiqué que tous ces problèmes seraient partis de la découverte de l’or en 2006 dans ladite localité.
M. Tindano a laissé entendre que cette population, «traumatisée, meurtrie et délaissée» sous le pouvoir de la Transition, nourrissait l’espoir qu’avec le pouvoir issu des élections couplées du 29 novembre 2015, une oreille attentive serait portée à son endroit en vue de remédier à l’arbitraire dont elle est victime.

Mais, dit-il, face au statu quo, après une «année d’errance» sans solution et sans alternative, les expulsés ont commencé à réintégrer Kounkoufouanou. «Et voici que le 20 juin et le 5 juillet dernier, des forces de l’ordre viennent sommer les populations au nom des autorités du pays, de déguerpir ; faute de quoi, ils verront pire que le traitement qu’ils ont subi sous la Transition», explique-t-il tout en soulignant que cette population n’a pas trouvé une voie pour se faire entendre par les autorités.

Cependant, l’Organisation démocratique de la jeunesse, à travers sa section provinciale du Gourma, dénonce les atteintes aux droits fondamentaux des populations de Kounkoufouanou, tient les gouvernants actuels pour responsables si toute fois ces agissements venaient à détériorer le climat social dans la localité et environnants, et elle exige la cessation immédiate des violations  systématiques du droit à la terre.

Par ailleurs, l’ODJ encourage la population de Kounkoufouanou et l’invite à rester mobilisée autour de cette situation jusqu’à ce que vérité et justice soient rendues à cette population désespérée. Particulièrement, l’ODJ interpelle les autorités nationales et locales à sortir de leur mutisme et à faire preuve de bonne volonté et de responsabilité afin de privilégier le respect des droits fondamentaux des communautés déguerpies.

En rappel, le 16 juin 2015, les habitants de Kounkoufouanou, agglomération rurale fondée en 1983 et située à environ 70 Km de Fada N'Gourma, ont été déguerpis par des Forces de défense et de sécurité, en application d'une décision prise par le conseil des ministres, en sa séance du 18 février 2015, au motif qu'ils étaient installés dans une zone à vocation pastorale érigée en 2004.

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