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Les parents de la victime expliquent qu’ils sont arrivés à l’hôpital aux environs de 22h

SOCIETE

Le personnel de l’hôpital Yalgado Ouédraogo de Ouagadougou observe depuis ce lundi matin 5 juin 2017, un arrêt de travail de 24 heures. Les agents entendent ainsi protester contre l’agression de trois agents de santé -dont deux internes et un médecin- par les accompagnants d’un malade décédé dans la nuit du dimanche à lundi aux environs de 3h du matin. Le personnel soignant dénonce ce genre d’actes et exige que les agresseurs soient arrêtés et jugés.


Ces agressions seraient dues au décès de Ibrahim Compaoré, 23 ans, qui a eu un traumatisme crânien ouvert suite à un accident de la circulation. Selon le Secrétaire général adjoint du Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (Syntsha) de la sous-section hôpital Yalgado, Modeste Méda, l’accidenté est arrivé dans un état très agité. «Les agents ont pu arrêter l’hémorragie. Il restait donc à prendre les autres dispositions, c’est-à-dire faire le scanner. Les agents ont remis l’examen du scanner aux parents. Malheureusement, le scanner est en panne depuis trois semaines. Ils n’ont donc pas pu le faire. Il y a aussi qu’à un moment donné, la victime avait un problème respiratoire. Et dans la salle de réanimation, il se trouvait qu’il y avait deux malades qui étaient déjà sous oxygène et un malade couché à même le sol qui attendait. Malheureusement, on n’a pas pu oxygéner le malade et il est décédé. C’est pourquoi les accompagnants ont agressés nos camarades», a déploré M. Méda.

Les agents de l’hôpital disent être écœurés. «Cela fait plusieurs fois que nos agents ont été victimes d’agression. On a même eu à faire des mouvements de dénonciation le 9 février dernier, et les autorités ont pris des engagements comme quoi ces agressions ne se reproduiront plus. Quelques mois plus tard, les mêmes choses se sont produites. Les deux agents ont été blessés et l’autre a été tabassé, sans blessure. On est dépassé par la situation, raison pour laquelle nous avons décrété un mot d’ordre de grève de 24heures», a expliqué le secrétaire général adjoint du Syntsha. Il a aussi précisé que «nous ne pouvons pas dire que le malade a rendu l’âme par manque de matériel. Mais il faut noter aussi la gravité de la blessure. Si vous êtes un traumatisme crânien ouvert, tout dépendra des choses: si l’état est grave, quelle que soit la prise en charge, à un moment donné, on peut perdre le malade.»

Les parents de la victime en concertation.

A la question de savoir s’il n’y avait pas une possibilité de l’évacuer vers un autre centre hospitalier, M. Méda de rétorquer que «tout dépend de la gravité de la blessure. On évacue en fonction de l’état du malade, il faut le transfuser pour le stabiliser avant de l’évacuer. Dans notre cas, le malade pouvait rester en route. Malheureusement, on a perdu le malade et les accompagnants s’en sont pris aux agents comme d’habitude. Nous dénonçons ce genre d’acte et les autorités doivent prendre leurs responsabilités pour que les agents qui travaillent soient en sécurité.»

De leur côté, les parents (de la victime) avec qui nous avons échangé parlent plus tôt de négligence de la part des agents. Ils expliquent qu’ils sont arrivés à l’hôpital aux environs de 22h, contrairement à la version des syndicalistes qui parlent de 2h du matin. Les proches du jeune Compaoré précisent que c’est suite au délestage dans la nuit de dimanche au centre médical de Bogodogo, qu’ils ont été transférés à Yalgado.

S’ils reconnaissent les faits d’agression, ils soutiennent qu’ils ne connaissent pas les agresseurs en tant que tel : l’acte aurait été commis par des amis de la victime. Des agents refuseraient de rendre le corps tant que les auteurs des coups de seraient pas retrouvés.  Et comme les agents de santé demandent à ce qu’ils emmènent les agresseurs, c’est le géniteur de la victime qui sera obligé d’endosser cette responsabilité afin d’entrer en possession du corps de Ibrahim Compaoré pour l’inhumation. Les parents de la victime disent laisser cette affaire entre les mains de la police pour des investigations.

Le syndicat compte se réunir demain 6 juin afin d’apprécier l’évolution de la situation. «Si les agresseurs ne sont pas arrêtés et si les dispositions ne sont pas prises pour les juger, nous allons reconduire le mouvement», a conclu M. Méda.

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