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SOCIETE

Journaliste, consultant et enseignant à l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, Félix Koffi Amétépé est coréalisateur du récent rapport du Centre de presse Norbert Zongo sur la liberté d’expression au Burkina. Il porte ici un regard critique sur le dernier rapport de Reporters sans frontières qui place le Burkina au cinquième rang africain et premier en Afrique francophone en matière de liberté de presse.

Fasozine : quel est votre regard sur la liberté de presse au Burkina ?

Koffi Amétépé : Il faut dire que la liberté de la presse est un indicateur très important pour la démocratie, mais également pour la prospérité dans un pays parce qu’elle fait partie de ce droit fondamental de dire ce qu’on pense, de s’engager en fonction de ses opinions et d’orienter sa vie et de mobiliser les autres avec soi dans la non-violence. On peut dire, à partir de ce moment, que toute cité bien organisée repose sur ce droit fondamental de pouvoir dire ce qu’on pense et de mettre en œuvre ses idées et pensées pour proposer une manière de voir le bien à ses concitoyens.

Pensez-vous que le Burkina a fait un bond en avant dans le classement général ?

Il est vrai que dans le rapport 2015 de Reporters sans frontières, le Burkina était 1er francophone et 5è africain. On reste au même niveau pour cette année 2017, ce qui donne l’impression que notre pays n’a pas évolué. Mais il s’agit ici de liberté de presse qui est un élément très important. Le Burkina n’était pas en avant sur les Etats-Unis d’Amérique l’année dernière et le fait de maintenir les mêmes performances est un élément important quand on sait d’où vient ce pays. Nous faisons partie des pays qui ont payé le plus lourd tribut en matière de  liberté de presse. Nous avons sacrifié notre confrère Norbert Zongo pour arriver à cette place aujourd’hui au point que même des gens qui sont en prison au Burkina peuvent s’exprimer dans la presse. Cela veut dire que ce sont des acquis importants. A défaut de reculer, il faut pouvoir conserver les acquis et on sait ce que cela coûte dans les démocraties tropicalisées pour se maintenir à une place aussi importante. Je pense donc qu’on n’a pas à dire qu’on piétine parce qu’il ne s’agit pas de développement, mais en matière de liberté et d’expression de presse, à défaut d’avancer, il vaut mieux préserver les acquis et je crois que le Burkina est sur la bonne voie.

Quelle est la différence fondamentale entre le rapport de Reporters sans frontières et celui du CNP/NZ dont vous êtes coréalisateur ?

Il n’y a pas de différence en ce sens qu’en 2015 et 2016, Reporters sans frontières et le CNP/NZ étaient sur la même longueur d’onde. Nous sommes tous d’accord que la parole est libre et libérée. Il y a une diversité et une pluralité de presse mais ces deux indicateurs ne suffisent pas pour juger de la viabilité des médias. Parce que ce qu’il faut retenir, c’est d’avoir un bon indice de viabilité des médias. Ce qui permet non seulement de préserver les acquis mais aussi de prospérer. Or, en dehors de ces deux indicateurs, il y a d’autres critères comme la gouvernance économique des médias pour laquelle nous sommes bien en retard, sans oublier la question aussi des lois pour laquelle nous sommes en retard. La loi sur l’accès aux sources d’information et documents publics et administratifs votée par le Conseil national de la Transition n’est toujours pas mise en œuvre ainsi que la convention collective des entreprises de presse. Ce sont donc des indicateurs qui montrent qu’il y a encore des freins à la liberté d’expression et de presse. Donc, un journaliste qui a faim ne peut pas être content quand on dit que son pays est en avance en matière de liberté d’expression. Parce que quand on vous applaudit, il faut au moins avoir la décence et la grandeur d’esprit pour reconnaitre ce qu’on fait.

Que doivent faire les différents acteurs pour maintenir le cap ?

Il y a d’abord le problème économique. Un vrai média ne peut prospérer que dans un environnement économiquement viable. Or, nos pays font plus de bruits que d’agir. Il y a aussi beaucoup de travail à faire par l’Etat pour règlementer ce milieu et que les institutions de régulation de l’espace médiatique fonctionnent effectivement. Le Conseil supérieur de la communication (CSC) que nous avons est plutôt réactionnaire, qui attend que les choses se passent avant de réagir. Il y a la question de formation parce que le Burkina est encore dans le besoin. Il faut des entreprises leaders qui tirent les autres. Nous sommes aussi dans un environnement politico administratif très corrompu où des journalistes se font acheter. Ce sont donc des questions qui ne militent pas en la faveur de cette liberté de presse. Et enfin, il faut la lumière sur l’affaire Norbert Zongo.

Propos recueillis par Abel Azonhandé
 

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