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Burkina: des organisations syndicales se démarquent de la journée nationale de protestation initiée par l'Unité d'action populaire
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SOCIETE

Depuis le lundi 27 mars dernier, le Syndicat national des agents des impôts et des domaines (Snaid) a entamé un sit-in de deux semaines de 8h à 14h sur tout le territoire national. En marge de ce sit-in, ce jeudi 30 mars le syndicat devrait organiser une marche de protestation en direction du Premier ministère pour livrer un message à Paul Kaba Thièba. Mais, cette marche leur aurait été interdite par les autorités communales car le destinataire du message n’a pas été informé au préalable.


A travers cette marche de protestation, le Snaid voulait montrer à l’opinion nationale que les travailleurs des impôts ne sont pas contents du traitement qui leur est réservé, soutient le secrétaire général, Nongo Grégoire Traoré. «Il faut dire qu’au moment où nous étions prêts pour la marche, hier (ndlr mercredi 29 mars) la mairie de Ouagadougou dans un premier temps nous a notifié l’autorisation de la marche. Deux heures après, les autorités communales nous ont envoyé une deuxième lettre pour nous dire que l’autorisation de la marche est annulée car, elles auraient eu l’information selon laquelle nous n’avons pas pris les dispositions pour informer l’autorité destinataire, c’est-à-dire le Premier ministre. Chose qui n’est pas exacte parce que nous avons écrit une lettre en bonne et due forme au Premier ministre pour le préavis de sit-in et pour la marche», a expliqué le M. Traoré.

Le premier responsable du syndicat estime que cette interdiction de la marche n’est rien d’autre que la détermination de l’ensemble des travailleurs car, de son avis, le mouvement est largement suivie sur le territoire national. Il qualifie l’interdiction de cette marche comme un grand recul pour le mouvement démocratique et syndical par ce que la marche est un droit. «Maintenant, si on nous refuse ça, pour un gouvernement issu d’une insurrection populaire et que quelques jours après cette insurrection, on remet en cause les libertés, nous pensons que c’est très dangereux», déplore- t-il.

Il dit ne pas comprendre aussi cette réaction de la commune de Ouagadougou. «Si la mairie se dédit après, nous ne comprenons pas quels sont les motifs mais, nous pensons que cela s’inscrit dans la droite ligne des répressions qu’ils sont en train de faire contre notre organisation depuis le début de nos mouvements» s’est-il justifié et en ajoutant ceci : «ils ont d’abord procédé par des réquisitions illégales et des intimidations de certains responsables qui suivent le mouvement.»

Selon le secrétaire général du Snaid, le message qui devrait être adressé au chef du gouvernement, Paul Kaba Thièba, était un message de protestation. «Nous avions voulu lui faire comprendre que ce n’est pas normal que les travailleurs de la première régie de recettes soient en grève et lui adressent des revendications et qu’il ne donne pas de réponses. Depuis le début de la grève, le gouvernement dit qu’il nous viendra avec des réponses mais jusqu’à ce jour, aucune réponse n’a été apportée. Ils nous informent qu’ils n’ont pas encore trouvé de bonnes réponses», a-t-il précisé.

Le sit-in se poursuivra jusqu’au 7 avril prochain sur toute l’étendue du territoire nationale. A l’issue de ces deux semaines de sit-in, «s’il n’y a pas de réponses concrètes, nous envisagerons d’autres actions», foi M. Traoré.

En rappel, les travailleurs des impôts revendiquent entre autres des bâtiments de qualité, une dotation suffisante en carburant pour les sorties de terrain, la correction des iniquités...

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