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SOCIETE

De janvier 2014 à nos jours, 15 cas graves de pratique illégale de la profession de médecin ont été dénoncés par le Conseil régional de l’Ordre des médecins de Ouagadougou (CROM-O). Pour le Pr Charlemagne Ouédraogo, président de l’Ordre régional, des plaintes ont été déposées et certaines personnes appréhendées ont été jugées et déférées à la maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (Maco). Au cours du point du presse tenu ce jeudi 23 février 2017 à cet effet, il également indiqué que l’instance de régulation de la profession fera de tout son mieux pour mettre hors d’état de nuire « ces faux médecins ».

Parmi les différents cas d’exercice illégal du métier de médecin détectés par l’Ordre, certains dénoncés sont en cours d’instruction et d’autres déjà jugés. Entre autres, les conférenciers du jour ont mis en exergue le cas le plus emblématique, celui de l’affaire Dabo Mamadou Chérif de nationalité étrangère.

Selon les explications du Pr Ouédraogo,  sa pratique avait été dénoncée en 2014 par un de leurs confrères et suite à une enquête puis une plainte déposée, il avait été arrêté le 10 juin 2014 par la gendarmerie nationale en flagrant délit de pratique illégale de la médecine.

« Par jugement 618-2 du 6 aout 2014, rendu en premier ressort, en matière correctionnelle, par le tribunal de grande instance de Ouagadougou, Monsieur Dabo Mamadou Chérif a été déclaré coupable des faits d’usage de faux, notamment de faux diplôme de docteur en médecine, d’usurpation de titre de médecin et d’exercice illégal de la profession de médecin. Il a été condamné à 24 mois ferme, interdiction de séjour de 10 ans et 40 millions de dommages et intérêt », a relaté l’orateur principal.

L’accusé aurait fait appel mais le jugement n’a pas encore eu lieu. Mais ce qui étonne, Charlemagne Ouédraogo est que ce dernier a bénéficié d’une liberté provisoire depuis le 13 février 2015 pour raison médicale sans qu’aucun avis ne soit transmis à l’Ordre. Et le comble à l’en croire, il aurait quitté le Burkina Faso et son certificat serait un faux et signé par Sieur Mahamadi Ouédraogo, un autre « faux médecin » également poursuivi actuellement devant les tribunaux pour exercice illégal car il a eu à « pratiquer la chirurgie d’urgence » à Sapouy, province du Ziro.

Outre cela, M. Dabo aurait même quitté la Maco sans permission. Ce qui a amené l’Ordre à saisir le ministère de la Justice en vue de situer les responsabilités.  « Ce cas a été enrôlé dans les dossiers de la commission d’enquête  du Conseil supérieur de la magistrature et nous avions été auditionné à ce sujet le 2 février 2017 », a révélé Pr Ouédraogo.

Il a également noté que le sieur Dabo n’a jamais suivi aucune étude de médecine et durant le temps de sa pratique illégale, il a eu à consulter environ 3 000 personnes.

Ce cas parmi tant d’autre montre à quel point la blouse blanche ne fait pas forcément le médecin. Et pour mettre fin à ces pratiques qui nuisent à la santé des populations, l’Ordre régional des médecins dit compter sur le ministère de la Santé pour les soutenir dans cet élan car leur instance n’a pas compétence pour fermer un cabinet illégal de soins. 

De plus, le manque de moyens financiers ne leur permet pas de sensibiliser les populations sur la question. Mais tout de même, le Pr Ouédraogo a promis que leur regroupement ne baissera pas les bras et continuera le plaidoyer en vue de continuer à « débusquer » les faux médecins.

« Il y a un travail de communication qui doit être fait. Il se fait mais pas à un grand niveau pour permettre aux citoyens de pouvoir identifier le vrai médecin parmi ceux qui portent la blouse blanche ou éviter  le faux médecin parmi ceux qui portent la blouse blanche. Nous continuons à travailler et nous menons des actions envers l’Etat pour pouvoir avoir des moyens afin de faire cette campagne de communication de façon permanente » a-t-il dit.

Par ailleurs, le Pr Charlemagne Ouédraogo a précisé que les faux médecins existent aussi en dehors du privé : « Restez vigilant, il n’y a pas que le privé. Ils existent aussi dans les établissements sanitaires publics comme confessionnels ».

Est considérée comme faux médecin toute personne exerçant illégalement la profession de médecine c'est-à-dire sans inscription au tableau de l’ordre des médecins. Aussi sont considérés comme tels, toute autre personne n’ayant pas de diplôme ou étant détenteurs de faux diplôme en médecine.

 

Dimitri Kaboré

 

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