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Putsch du RSP: l'audience de confirmation des charges a été renvoyée au 6 octobre par la justice militaire.
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Côte d'Ivoire: 3 000 bacheliers de s'inscrivent dans les universités du Burkina.
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POLITIQUE

Le Caporal Madi Ouédraogo, cerveau présumé de l’affaire du projet d’attaque de la Maison d’arrêt et de Correction des armées (MACA) a comparu ce Mardi 10 janvier 2016 devant le tribunal. Il a réfuté les faits à lui reprochés à savoir l’association de malfaiteurs et la complicité de détention illégale d’armes à feu et de munitions de guerre. Pour ce dernier, tout cela est un « complot monté de toutes pièces par le général Zida ».


« Je voudrais, monsieur le président, que vous m’autorisiez à m’exprimer de long en large sur cette affaire parce que j’ai attendu que le peuple veut la vérité sur cette affaire », a-t-il dit d’emblée à la barre lors de sa comparution. Pour lui, toute cette affaire est liée au fait qu’il a refusé d’exécuter une mission à lui confiée en juin 2015 par le général Zida. Selon ses explications, le 18 juin 2015, une dizaine de soldats et lui-même ont été reçus par l’ancien Premier ministre de la Transition. Ce dernier leur aurait proposé d’assassiner les généraux Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé et  l’actuel président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo, contre la somme de 60 millions de F CFA et une villa.

« Pour ma part, je lui ai dit que je n’allais pas le faire et nous n’allons pas le faire parce que cela va à l’encontre de l’éthique du soldat que nous avons apprise au Groupement d'instruction des forces armées (Gifa). Face à notre refus, il a retoqué en disant de ne pas avoir peur car Diendéré et Bassolé ont leurs mains tachés de sang donc si nous les tuons, les populations allaient nous applaudir. Salif Diallo parce qu’étant un politicien, il pouvait contrecarrer son plan de révolution avec ces nombreux militants », a déclaré Madi Ouédraogo toujours à la barre.

Et face à son refus, il a été une nouvelle fois convoqué le lendemain chez Zida, qui serait « son oncle » selon ses propres termes. Là également, il a manifesté son refus alors que l’intéressé lui a donné des garanties sur sa protection. Malgré tout, d’autres auraient après son départ « accepté de conclure le marché » avec le  général.

Selon le caporal Madi, à l’issue de cela, il aurait informé sa hiérarchie (Gilbert Diendéré) de cette manœuvre et ordre lui a été donné avec d’autres éléments de pister ceux qui auraient accepté cette mission. Et quelques jours après, ils ont réussi à arrêter des militaires non loin de la maison de Salifou Diallo avec des armes prêts à l’assaut. Et à l’en croire, la liste des militaires arrêtés serait entre les mains de Gilbert Diendéré.

Du lien avec l’attaque de la Maca
Pour lui, c’est à cause de son refus que Zida aurait monté ce complot pour se venger. Ayant perdu ses biens  avec d’autres frères d’armes au Camp Naaba Koom II à la suite de la dissolution du RSP, ils avaient eu l’idée de se rencontrer pour trouver des solutions afin de retrouver leurs biens perdus dans le camp. Et selon ses dires, il aurait perdu entre autres 4 bœufs, 5 béliers, une moto neuve et des réfrigérateurs. Donc l’ordre du jour de la réunion n’était juste qu’une concertation pour retrouver lesdits biens.

C’est à la veille de la réunion du 19 décembre 2015 à son domicile que quatre militaires, tous de l’Ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) (Sergent Alexandre Yougbaré, caporaux Claude Ido, Rachidi Ouédraogo, et Dieudonné Ouédraogo)  lui aurait rendu visite.

Ces deniers  lui auraient dit qu’ils faisaient partie d’un complot de Yacouba Isaac Zida qui voulait créer des troubles le 29 décembre 2015, le jour de l’investiture du président Roch Marc Christian Kaboré. Mais eux, ils ont été évincés, raison pour laquelle ils voulaient l’informer afin qu’ils prennent des mesures. Dites mesures qui allaient permettre à tous ceux qui ont perdu des biens de les retrouver. « Sur une note qu’ils m’ont transmis et que je devais lire devant mes camarades le jour de la réunion pour avoir leurs avis, il y avait des mesures et elles consistaient à libérer les prisonniers de la Maca et à les installer à Naaba Koom II. Mais avant cela,  Nous devrions attaquer la poudrière de Yimdi pour récupérer des armes », explique toujours Madi Ouédraogo. Le jour de la réunion effectivement, il aurait porté l’information à ses frères d’armes qui se seraient fâchés car cela ne les intéressaient pas et que leur seul problème était la perte de leurs biens.

Et Pour Madi Ouédraogo, c’est le caporal Claude Ido qui était à la réunion qui aurait enregistré avec son téléphone portable les échanges  et les aurait transmis à un officier de l’armée du nom de Joachim Nana. Et c’est cet enregistrement qui le compromettrait ainsi  que ces autres frères d’armes.

A l’issue de cette narration et du refus de Madi Ouédraogo de reconnaitre les faits à lui reprochés, le commissaire du gouvernement, Alioune Zanré piqué au vif a accusé caporal Ouédraogo de mensonge : «C’est malsain de nourrir ce projet et jouer à la victime. Nous ne sommes pas d’accord», a-t-il martelé.
L’avocat du caporal, Michel Traoré est lui aussi monté à la charge contre l’accusation. « C’est un montage fait pour noyer mon client. Il s’agit d’une manipulation du début à la fin», clame-t-il.

Idem pour Me Christophe Birba, l’un des conseils de la défense qui affirme la thèse du complot : « La thèse du complot se confirme et je suis complètement dévasté. Je suis d’autant plus dévasté que le parquet à mon avis ne veut pas du tout découvrir la vérité (…) La thèse du complot s’est finalement confirmée parce que l’audition de Madi a révélé qu’il n y a pas eu d’entente. Il a clairement indiqué que c’est Ido Clause qui a fait la proposition d’attaquer la MACA. (…) Il y a eu effectivement complot contre Madi parce qu’il a refusé le projet du Général Zida ».

L’audience a été suspendue aux environs de 20 h15 minutes et elle se poursuit ce mercredi avec la suite  de  l’interrogatoire de Madi Ouédraogo, la présentation de pièces à conviction et la comparution de deux témoins cités par les avocats : Eric Kini et Abou Ouattara.   Les avocats de la défense demandent aussi la comparution comme témoin de Gilbert Diendéré, chef présumés des putschistes que les accusés auraient voulu libérer.


Dimitri Kaboré




 

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