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POLITIQUE

Le Chef de file de l’opposition politique (Cfop) a respecté son traditionnel point de presse ce mardi 3 juillet 2018. Face aux journalistes, dans une déclaration liminaire de 16 pages, il a dépeint les maux qui minent la gestion du pouvoir MPP. Il a aussi qualifié la sortie médiatique du président du Faso le 24 juin dernier de «déjà vu».

A travers ce bilan du président Roch Kaboré, selon Zéphirin Diabré, les masses laborieuses du pays s’attendaient à un diagnostic de la situation nationale, à un récapitulatif des actions posées, mais dit M. Diabré, au lieu de cela, sa sortie « a donné lieu à du déjà vu».

Au-delà de tout ce qui a été dit pendant cette sortie médiatique, pour le Chef de file, cette interview aura été qu’une tribune pour le président Kaboré d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle de 2020. Pour le président du parti du «lion», ce qui pourrait pousser un chef d’Etat en exercice, à mi-mandat, à annoncer avec précipitation sa candidature à sa propre réélection est qu’il craint que son camp ne lui préfère à quelqu’un d’autre. «C’est donc pour éviter l’émergence d’un candidat de rechange que le chef de l’Etat a anticipé son annonce» lance-t-il.

Aux dires de Zéphirin Diabré, le Burkina Faso, sous le règne du MPP, est caractérisé par une situation politique et sécuritaire dégradée, une situation économique caractérisée par la morosité, une situation administrative prise en otage par l’incivisme et la corruption, une situation sociale gagnée par la grogne. «Ceux qui nous gouvernent aujourd’hui ont royalement trahi les aspirations qui les ont portés au pouvoir», s’indigne M. Diabré qui souligne que, lorsque le MPP a pris le pouvoir en 2015, ils étaient nombreux les Burkinabè qui espéraient que la démocratie «fonctionnerait autrement».

Par ailleurs, le chef de file de l’opposition a fait savoir que la qualité et la qualification du personnel de notre diplomatie est aux antipodes de son utilisation et de sa rentabilité au regard des défis actuels de la politique étrangère de notre pays. «En deux ans et demi de gouvernance du Président-candidat aucune conférence des ambassadeurs ne s’est jamais réunie» a-t-il indiqué en affirmant que «l’Etat burkinabè est en train de disparaître».

A l’entendre, «diriger un pays, c’est prendre des décisions quand il le faut». Mais, déplore-t-il, «nous avons un gouvernement peureux qui refuse de s’assumer. Notre Etat et notre nation sont en train d’être submergés par l’incivisme et autres mauvais comportement de masse». 

De 2016 à nos jours, confie M. Diabré, il n’y a pas ce secteur administratif qui n’a pas connu de remous.  A l’en croire, la seule année 2017 a enregistré un record jamais égalé de grève et de sit-in soit 233 jours non travaillés.

Actualité nationale oblige, le cas Naïm Touré, condamné à deux mois de prison ferme ce mardi, s’est invité aux débats. Pour Zéphirin Diabré, étant donné que c’est une décision de justice, en tant que responsable d’une opposition politique, il dit ne pas pouvoir la remettre en cause. «Pour nous, ce qu’il (ndlr Naïm Touré) a fait ne suffisait pas pour qu’on en arrive jusque-là. Mais, nous respectons en tout cas la décision de justice. Nous l’avons défendu par principe» a conclu le président du parti du lion.

 

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