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Sahel: la France va envoyer des renforts supplémentaires au Sahel, en sus du renfort des 220 soldats annoncé à Pau
Burkina: la loi portant institution de Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP) adoptée par l'Assemblée nationale
Burkina: le document de Politique de Sécurité nationale remis au président du Faso
Afrique: 45 millions de personnes menacées par la famine en Afrique Australe
Médias: le Synatic annonce un sit-in (22 et 23 janvier) et une grève générale de 48 heures (du 29 au 30 janvier 2020)
Burkina: le tribunal militaire a condamné lundi 13 janvier 2020 les accusés à payer 947 279 507 FCFA aux victimes du putsch manqué de 2015.
Burkina: les autorités coutumières et religieuses «lancent un appel à l’union et à la cohésion nationale»

POLITIQUE

Le secrétaire général de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B), Bassolma Bazié était face aux journalistes ce jeudi 19 avril 2018 pour se prononcer sur le discours du Premier ministre, Paul Kaba Thiéba sur la situation de la nation le 12 avril dernier devant les députés.


Selon Bassolma Bazié, le discours de Paul Kaba Thiéba était «un semblant de monologue ennuyant et ennuyeux» aussi bien dans la forme que dans le fond. «Le Burkina Faso est dans quelle direction», se demande M. Bazié. Tout en rappelant les propos du PM le 18 avril 2017 qui disait «le Burkina is back», le syndicaliste se demande comment un Premier ministre puisse dire dans un autre discours quelques jours après, que «le Burkina est en marche» alors que lui-même ne maitriserait pas le rang qu’occupe le Burkina sur les 188 nations. «C’est hilarant mais en même temps douloureux que le Premier ministre demande aux uns et aux autres pour se situer sur le rang qu’occupe son pays dans le concert des nations. Finalement vers quelle direction nous marchons ? Marchons-nous vers la pendaison d’autant que ceux qui se pendent aussi marchent pour aller se pendre», martèle Bassolma Bazié.

Sur l’appel incessant du Premier ministre à l’union et à la réconciliation nationale, Bassolma Bazié estime qu’il faut respecter le triptyque vérité, justice et réconciliation pour que le Burkina se développe et qu’il ne faut pas ramener les choses aux individus. «On ne peut pas parler d’union sacré, de réconciliation dans le mensonge, l’hypocrisie et la démagogie.» Bassolma Bazié ne manque pas de revenir sur le manque de «courtoisie et d’humilité politique» du chef du gouvernement lors de cet exercice. Pour M. Bazié, la majeure partie des couches sociales et bien d’autres acteurs, n’ont pas joué franc jeu avec l’avenir du pays depuis l’assassinat du journaliste Norbert Zongo en 1998. «C’est comme si chacun avait des oignons à protéger au point où on sentait un montage tout fait qui a laissé des lendemains assez douloureux à notre pays», rappelle le syndicaliste. Occasion toute trouvée pour lui de donner l’exemple des militaires radiés à qui la justice a donné raison mais que certains hauts gradés refuseraient l’intégration au sein de l’armée. «Comment comprendre qu’on parle de réconciliation sans justice ?», se demande-t-il.

«Les gens ne mangent pas les chiffres»

Sur le plan économique, Bassolma Bazié estime qu’il est bien d’égrainer les chiffres mais qu’il faut que cela colle avec la réalité sur le terrain. «Il n’y a pas de Burkinabè qui a dit que le Premier ministre a évoqué tellement de chiffres qu’il n’a plus faim. Les gens ne mangent pas les chiffres. Il n’y a pas de malade qui a quitté son lit d’hôpital parce que des chiffres ont été évoqués par le PM à l’hémicycle», fait remarquer M. Bazié. Le syndicaliste va plus loin d’ailleurs en faisant un calcul. De ce calcul, Bassolma Bazié conclu que les chiffres évoqués par Paul Kaba Thiéba ne collent pas avec les prévisions en recouvrement annoncées par le gouvernement le 5 février 2018. «Il y a une différence de 7.782.000.000 FCFA entre les prévisions à recouvrer annoncées par le gouvernement le 5 février 2018 et ceux indiquées par Paul Kaba Thiéba le 12 avril dernier. Il y a donc un problème. On monte des chiffres pour retourner la population contre les travailleurs et ce n’est pas normale», s'offusque M. Bazié. 

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