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POLITIQUE

Le 27 février prochain s’ouvre le procès de l’affaire ministère public contre le général Gilbert Diendéré et 83 autres. Si le Mouvement burkinabè des droits de l’homme et du peuple (MBDHP) qualifie cette programmation de victoire d’étape, il interpelle par ailleurs à la conduite de ce procès avec rigueur et transparence absolue. C’était au cours d’une conférence de presse ce mardi 20 février à son siège à Ouagadougou.


L’annonce officielle du jugement au fond de l’affaire ministère public contre le général Diendéré et 83 autres, apparait aux yeux du MBDHP comme une victoire d’étape dans cette quête populaire de vérité et de justice. Au-delà des ayants-droits des victimes et des blessés, le mouvement estime que ce procès interpelle l’ensemble des démocrates, patriotes et révolutionnaires. Le MBDHP appelle aussi à la plus grande vigilance. «Les vaines agitations et polémiques puériles nées et suscitées ces derniers temps dans certains cercles politiques ne sauraient détourner notre peuple de sa quête de vérité et de justice dans ce procès tant attendu», a fait remarquer Me Chrizogone Zougmoré, président du MBDHP.

De manière ferme, le MBDHP souligne ainsi donc, que tout comme les autres procès de crimes de sang et économiques tant attendus par le peuple burkinabè, le procès des présumés putschistes de septembre 2015, doit être conduit avec rigueur et transparence absolue, et toute personne impliquée entendue, afin que toute la lumière soit faite et que les coupables soient condamnés. Me Zougmoré estime qu’il s’agit là d’un test grandeur nature de crédibilité du système judiciaire burkinabè, de ses acteurs impliqués dans ce procès et de sa capacité à rendre justice au peuple. Et dans le cadre de ce procès, le MBDHP entend interpeller davantage, apporter son assistance aux victimes à travers ses avocats et à faire exécuter les condamnations qui seront prononcées.

Par ailleurs, Me Prospère Farama, l’un des avocats des victimes, estime que la justice ne saurait être sacrifiée sur l’autel d’une quelconque réconciliation ou de compromissions politiciennes «indécentes et ignobles». Et à ceux qui pensent que la justice militaire n’est pas indépendante, l’avocat fait remarquer que c’est le même droit qui est dit dans tous les tribunaux.

El Hadj Aboubacar Yenongo, président de l’association des familles des victimes du putsch manqué de septembre 2015 espère juste que le droit soit dit et ce, au profit des victimes. «Le procès sur l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 a été plusieurs fois reporté. Et c’est justement pourquoi nous inquiets qu’on parte de report en report dans ce procès. Les parents des victimes ont beaucoup de difficultés actuellement et il faut que quelque chose soit fait pour apaiser les cœurs. Moi-même mon petit frère a été victime et il a laissé derrière lui une femme et trois enfants. C’est donc moi qui dois m’occuper des enfants si Dieu me donne une longue vie. Et il y a plusieurs cas comme celui-là. Il y a même le père d’une victime qui est toujours malade et c’est l’association qui le soutien», témoigne El Hadj Yenongo.

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