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POLITIQUE

En sa séance du 9 mars 2017, le Conseil des ministres a procédé à la création du Haut conseil du dialogue social (HCDS). Le même Conseil des ministres a nommé dans la foulée les membres de cette institution qui auront pour mission de promouvoir le dialogue social et de prévenir les conflits sociaux à caractère national relevant du monde du travail. Au cours d’une conférence de presse, Clément P. Sawadogo, ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, a apporté plus d’éclaircissements à ce sujet. C’était dans l’après-midi de ce lundi 8 janvier 2018.

«Au regard des insuffisances et des difficultés vécues dans la pratique du dialogue social et de la nécessité de parvenir à un dialogue social de qualité, le ministère en charge du Travail avait déjà, en 2014, commandité avec l’appui du Bureau international du travail (BIT), une étude sur l’état du dialogue social et la prévention des crises sociales au Burkina Faso», a d’emblée expliqué Clément Sawadogo.

A l’en croire, il existait une volonté manifeste de mettre en place un cadre permanent consacré au dialogue social.  Mais «l’évolution socio-politique n’a pas permis» d’y arriver. Cependant, la demande de la mise en place d’un cadre national de dialogue social avait été réitérée le 1er mai 2016 par les organisations syndicales, selon le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale. Ce serait cette aspiration des syndicats qui a conduit le gouvernement à créer une institution dont la priorité serait la mise en avant du dialogue social.

«Au regard du contexte national et sous régional propice à la mise en place d’un cadre permanent  de dialogue social et de la volonté maintes fois exprimée et qui s’affirme par la prédisposition des différents acteurs du dialogue social, la mise en place d’un tel cadre restait plus que jamais une nécessité et une opportunité pour mieux asseoir le dialogue social, prévenir et gérer les conflits sociaux qui agitent le monde du travail», explique Clément Sawadogo.

Pour que ce cadre voie le jour, un atelier national de concertation a été organisé du 19 au 21 octobre 2016. Ce sont les conclusions de cet atelier qui ont débouché sur la création du Haut conseil du dialogue social. Rattachée à la présidence du Faso, cette institution est composée de 30 membres titulaires, dont 10 représentant le gouvernement, 10 au titre des organisations d’employeurs mandatés par le Conseil national du patronat et 10 autres issus des rangs des organisations syndicales et portés par l’Unité d’action syndicale (UAS).

L’instance doit «contribuer au renforcement du dialogue social afin de promouvoir la recherche du consensus et la participation des principaux acteurs intéressés à la recherche de solutions aux préoccupations communes», confie Clément Sawadogo. Elle  est chargée de concourir à la prévention et au règlement des conflits sociaux du monde du travail, de promouvoir la concertation sur toute question relative au climat social. Mais aussi, d’œuvrer à l’élaboration d’une charte nationale du dialogue social, d’encourager le dialogue permanent entre employeurs et employés.

Au demeurant et à en croire le ministre en charge de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, la mission assignée au HCDS est celle relative à «la promotion du dialogue social à tous les niveaux, national, sectoriel, dans le public, le parapublic et le privé, y compris l’économie informelle».

Il revient au président du Faso de nommer le président de ladite institution. Son secrétaire général lui  sera nommé en conseil des ministres sur proposition du ministre du Travail.

Il existe encore une zone d’ombre sur le budget alloué à cette institution pour son fonctionnement. Clément Sawadogo s’est voulu rassurant. «Le Haut conseil du dialogue social ne sera pas un cadre au sein duquel les membres iront s’enrichir. Dans l’exercice de leur fonction, le strict minimum sera mis à la disposition de ses membres», a-t-il promis.   

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