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POLITIQUE

Safiatou Lopez/Zongo, présidente d’honneur du Cadre de concertation national des organisations de la société civile (CCNOSC), est accusée d’injures et de diffamation en relation avec la mise en circulation sur les réseaux sociaux d’un enregistrement téléphonique de sa conversation privée avec Idrissa Nogo dans le courant juillet 2017. Ce jeudi 21 septembre 2017, le juge du Tribunal de grande instance de Ouagadougou a renvoyé le dossier au rôle général pour reprogrammation.

Dans le camp des «accusateurs», il y a Aly Badara Ouédraogo, président du parti le Rassemblement des patriotes pour le renouveau (RPR), Michel Rabo et Massourou Guiro.

Dans celui des accusés, on retrouve Safiatou Lopez/Zongo, Idrissa Nogo, coordonnateur du Mouvement plus rien ne sera comme avant, et Philipe Ouédraogo, qui serait la première personne à publier les enregistrements.

Aly Badara Ouédraogo  explique ce qu’il reproche aux accusés: «Le sieur Nogo a dit à Safiatou Lopez dans ces enregistrements que je lui ai dit personnellement que Saran Sérémé serait dans une logique de détruire Safiatou Lopez».

Les parties et leurs conseils se sont donc trimballés ce jeudi devant le tribunal de grande instance de Ouagadougou. Mais le juge a renvoyé le procès au rôle général pour reprogrammation parce que la partie plaignante a ajouté une nouvelle pièce (une clé USB) au dossier. Le juge a aussi ordonné la citation à comparaitre de Safiatou Lopez (absente au procès ce jeudi) à la prochaine audience.

M. Ouédraogo, un des plaignants, espère que le droit sera dit dans ce dossier. Il estime que ceux qui sont incriminés dans ce dossier sont des «fervents» défenseurs des droits de l’homme et que, par conséquent, ils ne doivent pas crier à la cabale politique. «C’est la deuxième fois que je vois physiquement Idrissa Nogo. C’est dire donc que c’est un parfait inconnu pour moi. Nos titres ne doivent pas être perçus ici. Nous nous sommes sentis diffamés et nous souhaitons que le droit soit dit, que la vérité soit dite et que notre honneur soit rétabli par rapport à ces insanités», dit le président du RPR.

Arrivée aux environs de 9h30 mn alors que le procès était prévu pour 8h (l’une des raisons de renvoi d’ailleurs), Safiatou Lopez maintient que c’est une cabale et qu’elle est prête à y faire face, même si elle est condamnée. «Je continuerai de jouer mon rôle de veille citoyenne même étant en prison. Certaines personnes veulent se venger de moi. Il y a des mains cachées qui veulent m’écarter mais je m’assumerai, quelle que soit la décision de la justice», a ajouté Mme Lopez.

Pour sa part, Idrissa Nogo, son coaccusé, dit se sentir à l’aise dans ce procès. «La convocation qui m’a été remise par voie d’huissier de justice dit que je suis accusé pour des faits d’injures et de diffamation. La même convocation précise que, cependant, c’est dame Safiatou Lopez et Philippe Ouédraogo qui ont assuré l’enregistrement et la publication de l’audio. Vous voyez donc que les rôles sont clairs et les responsabilités sont précises», énonce M. Nogo. Par conséquent, Idrissa Nogo souhaite qu’on en finisse définitivement avec ce «fait divers» qui commence à «empoissonner» sa vie.

Egalement cité à comparaître, Philippe Ouédraogo, étudiant et secrétaire général du Bloc national des étudiants contre l’injustice et l’impunité (BNECI), est accusé d’avoir diffusé l’enregistrement en question sur les réseaux sociaux. «Je ne suis pas dans cet enregistrement ni complice de dame Safiatou Lopez et on m’incrimine parce que je l’ai partagé sur les réseaux sociaux. Je me sens donc à l’aise dans ce procès à partir du moment où c’est moi seul qu’on interpelle parmi toutes les personnes qui ont partagé l’enregistrement en question», a confié Philippe Ouédraogo.

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