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POLITIQUE

Décédé le mercredi 31 mai dernier en France, Valère Dieudonné Somé a été  inhumé ce lundi 5 juin 2017 au cimetière de Gounghin de Ouagadougou sous une vive émotion. Acteurs du monde politique et économique, amis, parents et admirateurs de l’auteur du discours d’orientation politique (DOP) ont effectué le déplacement du cimetière pour l’ultime hommage au disparu.

Le cortège conduisant la dépouille mortelle de Valère Somé est arrivé au cimetière vers 12h 30 minutes après l’absoute qui s’est tenue à la Cathédrale de Ouagadougou. C’est sous une vive émotion et de tristesse qu’a débuté l’oraison funèbre. Le cérémonial a été ponctué par six interventions : Oumar Mariko député malien et Moise Traoré au nom de ses amis et camarades, Michel Sédogo représentant le Centre national de la Recherche scientifique et technologique (CNRST), Ernest Compaoré au nom de la Convergence pour la démocratie sociale (CDS), le parti du défunt, Ahmed Koné au nom des parents à plaisanterie et Alkassoum Maiga ministre en charge de la recherche scientifique au nom du gouvernement burkinabè.

Tous les intervenants ont loué les mérites et les valeurs de l’homme qui laisse derrière lui  un grand héritage à la postérité. Il a été élevé un peu plus tôt au rang d’officier de l’ordre national à titre posthume. Pour ses collègues chercheurs, l’illustre défunt était un chercheur de niveau exceptionnel.

«  Mon cher Valère, la communauté scientifique garde de toi le souvenir d’un chercheur de niveau exceptionnel. (…) Ton ardeur au travail, la profondeur de tes analyses à travers tes articles et ouvrages scientifiques et de vulgarisation, ton esprit  visionnaire ainsi que ton patriotisme t’ont value d’être élevé au rang de commandeur de l’ordre des palmes académiques en décembre 2012 » a fait savoir Michel Sédogo au nom de la communauté scientifique burkinabè.

Les militants de son parti, la CDS, ont quant à eux promis de continuer le combat politique et de défendre l’idéologie politique de celui qu’ils considèrent comme un mentor, un camarade. « Nos larmes ne couleront pas longtemps. Ce que nous avons de mieux à faire ce n’est pas de nous désoler  de ton départ inattendu même si cela nous désempare. C’est d’incarner les valeurs qui t’ont caractérisé. (…) A la convergence  pour la démocratie sociale, nous ne reculerons pas d’un iota sur le chemin que nous nous sommes engagés avec toi », foi d’Ernest Compaoré,  secrétaire général de la CDS.

Outre ses amis politiques, ses camarades et amis qui ont eu à côtoyer l’homme dans la vie ont tenu à lui rendre aussi un vibrant hommage. A cet effet, Moise Traoré et Oumar Mariko, député à  l’Assemblée nationale malienne n’ont pas tari d’éloges à l’endroit de leur vieil ami. « Ta disparition est un énorme gâchis humain, politique et social. (…) Valère que le seigneur dans sa grande miséricorde t’accueille dans son royaume éternel. Que ton épouse Elise ainsi que tes enfants reçoivent son appui, sa protection et sa consolation et que toi, tu puisses reposer en paix » a dit Moise Traoré. Oumar Traoré, pour sa part, a laissé entendre que la mort de Valère Somé s’apparente à la chute d’une « grande bibliothèque » mais il estime qu’elle n’a pas brulé car Valère est « comme un arbre qui est tombé dont les bourgeons vont prendre la relève ».

« La mort emporte la chair mais il ne peut pas emporter les idées et la réputation. (…) Nous sommes gravement amputés Valère, mais nous saurons régénérer. Valère… A plus tard » a-t-il dit.

L’oraison funèbre a pris fin avec le mot du ministre en charge de la recherche scientifique Alkassoum Maiga au nom du gouvernement : « là où tu vas, rejoins les sages du Burkina. Rejoins les ancêtres du Burkina parmi les plus sages qui veillent sur ce pays et prie pour ce pays pour que le calme soit instauré. Prie pour ce pays pour qu’on aille vers le développement ». C’est après ce mot qu’est intervenue la bénédiction de la tombe et la mise en terre.

Socio-anthropologue de son état et concepteur du Discours d’orientation politique du 2 octobre 1983, bréviaire de la Révolution du 4 août 1983, Valère Dieudonné Somé est né le 17 octobre 1950. Ancien ministre des Enseignements secondaires et supérieurs et de la Recherche scientifique, Valère Somé était à la retraite avant de dire adieu à la terre de ses ancêtres. Il laisse derrière lui, un monde politique burkinabè attristé, une veuve et trois enfants.

 

A l’issue de l’enterrement, quelques personnalités réagissent :

Zéphirin Diabré, chef de file de l’opposition : « Nous sommes dans la consternation car nous avons perdu un grand homme politique. Il marqué l’histoire et le temps de son pays par sa contribution multiforme au débat national idéologique, politique et intellectuel depuis sa tendre jeunesse au plus haut sommet du pouvoir avec ses camarades révolutionnaires. Il a aussi été un chercheur émérite qui a beaucoup produit sur le plan intellectuel. Donc c’est toute une perte immense qui s’abat sur le Burkina mais c’est aussi la volonté de Dieu et nous n’avons pas le choix. Il se trouve qu’à travers son parti, il était un militant de l’opposition donc c’est aussi une perte pour l’opposition parce que juste quelques semaines après avoir adhéré au Cfop-b qu’est intervenue ce drame. Nous n’aurons même pas eu le privilège de  bénéficier de son expérience, de son savoir-faire tactique et stratégique que tout le monde lui reconnait ».

Philippe Ouédraogo, président du PDS/Metba : « Valère était un intellectuel de haut vol qui sur les questions de politique nationale était impliqué. Il était même considéré comme un théoricien politique. Il s’est beaucoup impliqué dans la vie des organisations politiques. Non seulement, il a fortement contribué à l’avènement de la révolution de 1983 mais il a également apporté sa pierre comme responsable car il a été ministre sous le gouvernement Sankara de 1986 à 1987. En dehors de cela, l’homme était capable de se fâcher, de dire ce qu’il pensait même si cela pouvait blesser mais il était aussi celui qui était capable de reconnaitre ses erreurs et s’excuser. (…) Il était ouvert à beaucoup de milieu et ce n’est pas pour rien qu’il y a une telle foule qui a assisté à son enterrement. (…) C’est un homme qui a marqué son époque et qui est parti prématurément mais je pense que le peuple se souviendra de lui comme un homme qui a contribué à répandre  l’esprit de sa résilience à la domination néocoloniale et l’esprit de la recherche de son autonomie et de son progrès ».

Achille Tapsoba, président par intérim du CDP : « Valère Somé était un acteur de première ligne de la politique burkinabè depuis les années 1970 à l’heure actuelle. Pour nous, il est à la fois un leadeur, un ainé, un concepteur, un idéologue et surtout un militant engagé qui est resté fidèle à sa ligne jusqu’à sa mort. C’est aussi un exemple. Quelque soit les divergences qu’on peut avoir avec Somé Valère on reconnait qu’il a fait un travail très immense pour la politique burkinabè qui reste une référence et toutes les générations à venir peuvent s’en inspirer et cela va produire des hommes et femmes politiques aussi valeureux que possible ».

 

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