Aujourd'hui,
URGENT
Burkina: l'Aïd-el-Kébir (Tabaski) sera célébrée le vendredi 1er septembre 2017 (Fédération des associations islamiques).
Burkina: un deuil national de 72 heures, à compter du mercredi 23 août, a été décrété suite au décès de Salifou Diallo.
Café Istanbul: trois blessés  sont encore hospitalisés à l'hôpital Yalgado Ouédraogo, une semaine après l'attaque terroriste (CHU-YO).
Nécro: la dépouille de Salif Diallo, le président de l'Assemblée nationale décédé à Paris le 19 août, attendue à Ouagadougou mercredi.
Café Istanbul: le MDL Y. Sawadogo, un gendarme grièvement blessé lors de l’assaut contre les terroristes, est décédé ce 19 août 2017.
Sahel: la soldate de 1re classe Bilgo Nadège est l’un des militaires tués dans l’explosion d’une mine (Observateur Paalga).
Sahel: le soldat de 1re classe Tiendrébéogo Franck est l’un des militaires tués dans l’explosion d’une mine (Observateur Paalga).
Sahel: le soldat de 2e classe Koussoubé Sylvain est l’un des militaires tués dans l’explosion d’une mine (Observateur Paalga).
Terrorisme: la Chambre de Commerce appelle les acteurs socio-économiques à se joindre à la marche de soutien aux familles éplorées.
Coopération: le Japon octroie un don de 30 milliards de FCFA pour la réhabilitation de la rocade sud-est du boulevard des Tensoba.

POLITIQUE

Le présumé cerveau de l'attaque de la poudrière de Yimdi, le sergent-chef Aly Sanou, a été entendu ce samedi 1er avril 2017 par le tribunal. A la barre, il a reconnu avoir planifié personnellement l'attaque de Yimdi. « Je ne suis pas fier et je demande pardon à mes ex collègues pour le fait de les avoir amené sur ces lieux », a-t-il laissé entendre lors de son interrogatoire.

Il est poursuivi pour complot militaire, désertion à l'étranger en temps de paix, vol aggravé, détention illégale d'armes à feu et de munitions, violences et voies de fait sans incapacité totale de travail (ITT). Lors de ses explications, il a nié les faits de complot militaire car le projet de l'attaque n'a pas été préparé avec ceux qui ont attaqué la soute à munition. L’ancien militaire de l’ex Régiment de sécurité présidentielle (RSP) dit avoir muri personnellement l'idée depuis son exil en Côte d'ivoire avant de la mettre en exécution une fois à Ouagadougou.

« Aucun de mes camarades ayant participé à l'opération n’était informé auparavant de l'idée. J’ai utilisé la psychologie du renseignement pour les amener à Ouagadougou et ensuite je leur ai donné rendez-vous sur le pont de Yimdi. C'est une fois sur ledit pont que je les ai mis au parfum de l'attaque », a-t-il expliqué.
Cette attaque, selon lui, avait pour but de contrecarrer « la révolution que souhaitait mener le général Yacouba Zida et son projet d'assassiner les généraux Bassolé et Diendéré et Salifou Diallo ».  La preuve, selon lui, que ces camarades n’étaient pas informés, est que certains n'auraient pas adhéré au projet et seraient repartis.

« Nous sommes restés professionnels »

Ceux qui ont adhéré ont été divisés, à l'en croire, en deux équipes  et aucune des équipes n'était informée de la présence de l'autre. Et comme consigne, il aurait demandé à « ses éléments » de procéder à l'exécution de l'attaque sans « effusion de sang » et « sans atteinte à l'intégrité physique» des sentinelles et des gardes au niveau du poste. Ce qui a été fait selon ses dires et ceux du sergent Ollo Stanislas Silvère Poda, l'un des chefs d'équipe de l'opération.

« Nous sommes arrivés et la sentinelle écoutait de la musique en manipulant son portable. Nous l'avons surpris et nous l'avons mis en joue avant de la plaquer au sol », a révélé le sergent Poda. Au cours de leur progression, ils sont arrivés à proximité du poste et c'est à ce niveau que l'un des gardes a ouvert le feu. Ce qui aurait semé la peur auprès des autres gardes et du chef de poste qui auraient fui en laissant les armes sur place. L'opération aurait été menée selon Aly Sanou sans armes car lui-même n'était pas armé sauf deux personnes qui avaient leurs pistolets automatiques. Une fois la soute sous contrôle, ils ont ligoté les gardes qui étaient en faction avant d'entrer dans le magasin d'armements. « Nous avons déconné certes mais nous sommes restés professionnels du début à la fin de l'opération », a déclaré le sergent Poda à la barre.

« Je suis resté sur ma soif »
Une fois dans le magasin des armes, Aly Sanou a indiqué n'avoir pas trouvé ce qu'il recherchait comme armes, à savoir des roquettes et des RPG 7. Ce qui l'a amené à sursoir à la mission. Il aurait alors demandé au groupe de replier. Et sur ses instructions, «ses éléments » ont ramassé les armes laissées par les gardes en fuite pour que cela ne porte pas préjudice aux populations car ils ne savaient pas qui allait venir sur les lieux après leur départ.

Le commissaire du gouvernement, au cours de l'interrogatoire, a demandé à Aly Sanou quel était le but de l'opération et quelle allait être la suite si il avait trouvé les armes souhaitées. « Comme je n’ai pas trouvé les armes, la mission s'est arrêtée sur le champ. Comme vous, je suis resté sur ma soif  car je n’ai pas eu ce que je voulais » a répondu le sergent-chef Sanou.


En ce qui concerne la désertion à l'étranger en temps de paix, il a réfuté les faits en indiquant comme les autres avoir quitté le Burkina Faso parce que sa vie était menacée.
Pour son avocat, la procédure contre son client connait beaucoup de lacunes et cela ne va pas permettre « au tribunal de rendre sereinement justice». « Mon client est un vrai militaire et il a assumé sa responsabilité », foi de son conseil, Me Fako Bruno Ouattara.

Aly Sanou pour sa part a tenu à demander pardon à ses ex collègues du RSP et à la hiérarchie militaire. Outre cela, Il a dit s'incliner sur la mémoire des personnes tuées au cours du putsch manqué et a souhaité prompt rétablissement aux blessés. En temps opportun, il demandera pardon à la nation entière, a-t-il fait savoir.
Le procès se poursuivra ce lundi 3 avril avec l'audition des différents témoins cités par les parties (laccusation et la défense).

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