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POLITIQUE

Le groupe municipal de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) de la commune de Ouagadougou était face à la presse ce mardi 21 mars 2017. Objectif : faire le point des actions réalisées par ses conseillers municipaux  et surtout critiquer l’actuel gestion de la commune de Ouagadougou par le maire Armand Pierre Béouindé et ses collaborateurs du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP).

Le groupe municipal UPC de la ville de Ouagadougou compte 77 conseillers municipaux dont 5 maires d’arrondissements, un adjoint au maire central, un vice président  au conseil régional du centre.

Outre leur objectif de mobiliser la population de Ouagadougou autour des programmes de développement local, de bonne gouvernance et d’une citoyenneté exemplaire, ledit groupe municipal a également pour but de formuler des  « critiques constructives » contre les éventuelles dérives de la majorité municipale.

Et en termes de critiques sur la gestion de l’actuel bourgmestre de la capitale, Armand Béouindé du MPP, les conférenciers du jour n’ont pas du tout été avares.

Incohérence du budget communal

Les élus municipaux de l’UPC trouvent d’abord que le budget 2017 de la commune de Ouagadougou qui s’élève à plus 25,9 milliards de F CFA est incohérent à plusieurs niveaux : faible allocation budgétaire aux domaines de la jeunesse, de l’emploi et du social.

« Seulement 167 millions de franc soit 0,6% sont consacrés à la jeunesse et à l’emploi. C’est une offense à la jeunesse de Ouagadougou et un mépris aux sacrifices que cette dernière a consenti au cours de l’insurrection d’octobre 2014 et de la résistance au putsch de septembre 2015. Même la communication avec 178 millions 620 mille 500 francs est plus prise en considération que la jeunesse et l’emploi » a révélé, Jean Léonard Bouda, président du groupe municipal.

Outre cela, ledit groupe trouve également aberrant que juste 0,3% du budget communal soit affecté au social pour la prise en charge des personnes vulnérables alors que plus de trois milliards ont été affectés à la propreté et à l’assainissement pour des résultats qui ne seront visibles que dans le centre ville au détriment des quartiers périphériques.

De plus, M. Bouda et ses camarades ont dénoncé le fait que la mairie ait confié le plan de développement de la ville à deux sociétés privées et l’étude des projets à des structures extérieures pendant que la commune dispose d’une direction des études.

« Le budget a ainsi été voté occultant la jeunesse et la femme sous prétexte qu’il manquerait d’argent. Mais, notre plus grande déception, c’est quand nous avons su que le maire Béoindé et son cercle restreint ont dépensé plus de cent millions de francs, juste pour les fêtes de fin d’années. (…) le seul intérêt perceptible de ce gaspillage, c’est d’avoir permis à monsieur le maire de danser le « zoblazo » avec la première dame. Nous sommes véritablement inquiets et nous nous demandons si la population de Ouagadougou n’a pas mis à la tête de la ville des viveurs, plutôt que des travailleurs », a expliqué M. Bouda.

De la question des lotissements et des arrondissements

Sur ce sujet, le groupe municipal a indiqué que la situation des lotissements constitue une bombe à retardement. Pour Jean Léonard Bouda, pendant que les lotissements sont gelés à Ouagadougou, ils assistent pourtant à un accaparement des terrains par les promoteurs immobiliers, qui aménagent des parcelles et construisent des villas. Pour ce dernier, cela est inadmissible surtout que le maire semble assister à cet état de fait sans broncher.

Autre sujet du mécontentement des conseillers UPC de la ville de Ouagadougou : le manque d’autonomie des arrondissements. Pour les orateurs du jour, tout est décidé au niveau central par le maire et son personnel technique : « ni les conseillers, ni les maires d’arrondissement ne sont impliqués dans l’élaboration du budget, encore moins dans l’élaboration du plan de développement de la ville ».

Pour M. Bouda, seulement 0,7% du budget est consacré au fonctionnement et aux investissements des  12 arrondissements soit 71 millions (56 millions au titre du fonctionnement et 15 millions au titre des investissements) par arrondissement. Ce qui n’est pas normal car la quasi-totalité des investissements est entre les mains du maire central.

A en croire le groupe municipal UPC, ils ont déjà approché le maire par rapport à l’ensemble de cette situation de gestion et il leur a rétorqué que le fonctionnement est régi par les dispositions du code général des collectivités territoriales.

Infine, le groupe UPC dit attendre la relecture de ladite loi qui est en cours pour apporter des propositions pour que l’exclusivité de la gestion municipale ne soit plus confiée uniquement au maire central mais à tous les maires d’arrondissements.

Par ailleurs, selon Nathanaël Ouédraogo, 3e adjoint au maire, le maire Béoindé gère l’exécutif municipal à sa guise sans même concerter les adjoints qu’ils sont. « Le maire ne s’occupe de lui-même et il fait comme il veut » s’est indigné M. Ouédraogo qui a affirmé au passage qu’aucun des adjoints au maire ne dispose ni d’imprimante ni de voitures de service. Ce qui est plus déplorable est qu’en 9 mois de gestion, le maire central n’a même pas daigné aller rendre visite à sa police municipale.

 

 

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