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ECONOMIE

Troisième produit agricole d’exportation après le coton et le sésame, l’anacarde joue un rôle moteur dans le développement économique et social du Burkina au regard de ses fortes potentialités en matière de création d’emplois et de richesses au profit de l’Etat et des acteurs directs de la filière. C’est tout le sens d’un atelier de validation de la stratégie nationale de développement de la filière anacarde au Burkina. Cet atelier s'est tenu à Ouagadougou ce vendredi 28 décembre 2018.

Le schéma de transformation structurelle de l’économie décrit dans le Plan national de développement économique et social (PNDES) vise à l’horizon 2020, une augmentation de la productivité du secteur primaire de 50%, du taux de commercialisation des produits agricoles de 25% à 37% et du taux de transformation des produits agricoles de 12% à 25%. Au niveau sectoriel, cette ambition est déclinée dans le 2e Programme national du secteur rural avec pour principal objectif, de moderniser le secteur rural du Burkina et d’en faire un moteur de sécurité alimentaire, de croissance durable et de création d’emplois à travers le développement d’entreprises professionnelles, compétitives et orientées vers le marché et les agro-industries.

La filière anacarde se trouve bien placée pour répondre à ces enjeux majeurs de l’agriculture burkinabè. «La production essentiellement concentrée dans les régions des Hauts-bassins, des Cascades et du Sud-ouest, a connu une augmentation ces cinq dernières années, passant de 50.000 tonnes en 2012 à plus de 100.000 tonnes en 2017. Dans la même période, les exportations en valeur du cajou burkinabè ont connu une croissance de plus de 32% par an, passant de 16 milliards de francs CFA en 2012 à environ 67 milliards de francs CFA», fait remarquer le ministre de l’Agriculture.

Mais les espérances sont grandes par rapport aux prévisions de croissance de la production à moyen et long terme selon Jacob Ouédraogo. En effet, le ministère en charge de l’environnement en collaboration avec celui en charge de l’agriculture met actuellement en œuvre un vaste projet de création de 25.000 hectares de vergers d’anacarde dans le bassin de la Comoé. Pour le ministre Ouédraogo, même si l’objectif premier du partenaire financier de ce projet est de séquestrer le carbone, il est évident que son implémentation accroîtra significativement la production dans les cinq prochaines années.

Pourtant, ces performances cachent à peine une réalité certaine, marquée par de nombreuses contraintes auxquelles la filière se trouve confrontée. Il s’agit notamment de l’indisponibilité de matériel végétal à haut rendement, de la faible maîtrise des bonnes pratiques de production, de la persistance des attaques parasitaires sur les plantes, de la faible maîtrise des techniques de transformation, des difficultés d’accès des unités de transformation à la matière première et du coût élevé des chaînes de transformation.
C’est fort de ce constat et conscient du rôle important que joue la filière anacarde dans l’économie, qu’il est apparu impérieux pour l’Etat, les partenaires techniques et financiers et l’interprofession de la filière selon Jacob Ouédraogo, de doter le Burkina d’un référentiel unique d’intervention des différentes parties prenantes. Ce plan aura selon le ministre, pour vocation non seulement d’encadrer les différentes interventions mais aussi et surtout, d’identifier les leviers à actionner pour un développement durable et équitable de la filière. 

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