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ECONOMIE

La coordination des syndicats du ministère en charge de l’Economie et des Finances était face à la presse ce mercredi 28 mars 2018. L’objectif était d’annoncer d’une part leur mouvement d’humeur des 4 et 5 avril prochain et d’autre part de rebondir sur les propos de leur ministre suite à sa sortie la semaine passée devant la Représentation nationale sur la question du fonds commun.

La coordination des syndicats du ministère en charge de l’Economie et des Finances, par la voix du secrétaire général du syndicat des douanes, Mathias Kadiogo, a laissé entendre que leur ministre de tutelle, «se joue à la surprise, à l’étonnée et à la révoltée». A écouter les conférenciers, «c’est elle qui a signé tous les arrêtés du fonds commun et c’est elle qui ordonne les paiements».

Pour M. Kadiogo, il y aurait 20 autres fonds communs que la Ministre a passés sous silence lors de sa sortie à l’Assemblée nationale. «Elle oublie de dire que certains responsables touchent anormalement plus de deux fonds commun dans différents ministères. Elle passe sous silence les détails sur les vingt autres fonds communs dont certains sont sans base légale notamment à la présidence du Faso et au Premier ministère» a-t-il relevé.

Les conférenciers du jour disent se battre pour conserver ce fonds commun. «Nous allons nous battre pour conserver ce fonds commun. Le fond commun n’est pas une création du ministère ni du gouvernement. Notez bien que nous n’allons pas renoncer à notre fonds commun» ont-ils fait savoir.

Pour Nongo Grégoire Traoré, secrétaire général du SNAID, «le sous-développement du Burkina Faso n’est pas lié au fonds commun mais plutôt à la mal gouvernance. Nous au moins, on a un texte de base qui encadre le fonds commun. Au Premier ministère, il n’y a rien». 

Par ailleurs, les syndicats disent s’opposer à l'installation de guichets de banques dans les services des impôts et des douanes, parce que selon eux, pour les seuls contrats entre l’Etat et les banques pour le paiement en chèque, le coût global annuel est plus de 11 milliards de FCFA.

«Les reformes que veut imposer madame la Ministre n’apporteront aucune valeur ajoutée au ministère en charge l’Economie et des Finances. Au contraire, elles engendreront d’énormes pertes tant pour l’Etat burkinabè que pour les travailleurs», a indiqué Mathias Kadiogo.

Mathias Kadiogo estime que la décision du ministre d’ériger la direction générale des impôts en Etablissement public de l’Etat (EPE), «n’est économiquement viable au Burkina». Aussi, il a montré la volonté du ministre de supprimer d’une part le contrôle financier malgré la persistance de «la délinquance financière» et d’autre part, sa décision de confier le recouvrement des dettes fiscales à des cabinets privés, contre des rétributions exorbitantes. Pour Mathias Kadiogo, à entendre la ministre lors de son passage vendredi dernier à l’hémicycle, «ces reformes vont nécessiter une reconversion d’une partie des travailleurs, c’est-à-dire que des agents vont être affectés et il y a d’autres qui seront victimes de compression». «Ce n’est pas la peine même de chercher à privatiser. Nous ne pouvons pas permettre cela», a-t-il largué. Et Nongo Grégoire Traoré, de renchérir que, «cela vise en réalité à parachever la privatisation des régies financières exigée par les institutions de Breton Woods».

En somme, la coordination des syndicats du ministère en charge de l’Economie et des Finances entend observer un mot d’ordre de grève sur toute l’étendue du territoire national les 4 et 5 avril prochain. Cela ne sera pas basé sur le fonds commun mais, dans l’objectif d’amener le gouvernement à se pencher sur leurs préoccupations. 

 

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