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CULTURE

Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) a refermé ses rideaux ce samedi 2 mars 2019 au palais des sports de Ouaga 2000 en présence des chefs d’Etats burkinabè, rwandais (pays invité d’honneur), malien et de l’ancien président ghanéen Jerry John Rawlins. Pour une cérémonie qui se voulait grandiose à l’image de cette édition cinquantenaire qui marque la maturité de la biennale, bon nombre de spectateurs et téléspectateurs sont restés sur leur faim même si côté sécurité, le Burkina peut s’enorgueillir. 

Le Burkina peut être fier d’avoir réussi le défi sécuritaire au cours de cette 26e édition du Fespaco. Un cinquantenaire qui selon Ardiouma Soma, délégué général du Fespaco, a réuni des millions de festivaliers autour de 434 projections de films en 8 jours et dans 9 salles. Au total, ce sont 145.000.000 FCFA qui ont été distribués au titre du palmarès officiel et des prix spéciaux.

Assurer la sécurité de tous ces festivaliers était un défi majeur pour le comité d’organisation et du Burkina en général. Chose que le Burkina a réussi avec brio. En effet, du 23 février au 2 mars, aucun incident majeur n’a été signalé ni dans la capitale burkinabè, ni dans les autres villes qui abritent d’autres activités entrant dans le cadre de ces festivités. Lundi dernier, des exercices de simulation d’attaques terroristes ont été menés sur le site de la cérémonie de clôture, notamment le palais des sports de Ouaga 2000 qui devait accueillir 6000 personnes à l’occasion. Des exercices qui ont visiblement permis aux populations de se familiariser aux consignes de sécurité en pareilles occasions. Toute chose qui a facilité la tâche aux forces de défense et de sécurité qui ont réussi à contenir ce monde fou du palais des sports.

Mais que de couacs !

Et pourtant tout avait bien commencé avec les prestations des artistes Maria Bissongo, Eugène Kounker et Alif Naaba. Avec la présence de personnalités de marque, notamment Paul Kagamé, Ibrahim Boubacar Keité et son épouse et l’ancien chef d’Etat ghanéen Jerry John Rawlings, le président Roch Marc Christian Kaboré ne pouvait qu’être heureux. Une première de voir trois chefs d’Etat et autant de personnalités politico-administratives venus d’horizons divers pour une cérémonie de clôture du Fespaco depuis 50 ans.

Une cérémonie qui a été entachée de beaucoup d’irrégularités. C’est avec un sentiment d’exaspération que le public a tenu à garder son mal en patience pour entendre prononcer le nom de l’Etalon d’Or après plus de 5 h d’horloge.

Mauvaise sonorisation de la salle, des micros qui fonctionnent à peine, mauvaise synchronisation entre le maitre de cérémonie, les VTR et le protocole, étaient autant de failles qui ont rendu cette cérémonie morose. Même les interventions du ministre de la Communication et celui de la Culture dans les coulisses, n’ont pas permis de juguler le problème qui visiblement, mettaient mal à l’aise le président du Faso et le nombreux public du palais des sports. On pouvait remarquer le maître de cérémonie, Big Ben, faire des interminables vas et viens entre les coulisses et la scène, jouant parfois les régisseurs dans le but de se rassurer des noms et personnes à annoncer. Et pour enfoncer le clou, le chef de l’Etat et ses hôtes ont dû attendre des minutes durant pour avoir accès à la tribune d’honneur, simplement parce que le nombre de places réservées étaient insuffisantes.

Il a fallu l’entrée sur scène (à quelques minutes de la fin de la cérémonie) du comédien ivoirien Michel Gohou, pour détendre un peu l’atmosphère. L’absence de certains lauréats, l’éparpillement des nominés dans la salle, des trophées remis à des personnes non indiquées, sont autant de couacs qui ont poussés certains invités à se demander : «Tout ça pour ça ?».

La chorégraphie de la célèbre Irène Tassembedo, le traditionnel cérémonial de l’annonce de l’Etalon d’or du Yennenga qui marque le suspense et le clou de la soirée n’ont pas eu lieu à cette cérémonie faute de temps. Du reste, on retient que le Burkina a réussi à organiser le cinquantenaire du Fespaco sans faille dans un contexte sécuritaire difficile et que pour sa première participation à ce festival, le Rwanda (pays invité d’honneur), est reparti avec l’Etalon d’or du Yennenga grâce au film «The Mercy of the jungle» ou encore (La miséricorde de la jungle, Ndlr) de son réalisateur, Joël Karekezi.


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