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CULTURE

Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) fêtera ses 50 ans d’existence lors de sa 26e édition qui se tient du 23 février au 2 mars 2019. Placée sous le thème «Confronter notre mémoire et forger l’avenir d’un cinéma panafricain dans son essence, son économie et sa diversité», cette édition est celle des nombreuses innovations que présente, le journaliste Yacouba Ouédraogo, le président du Comité national d’organisation, dans l’entretien qui suit.

Fasozine: Vous dites que vous considérez le comité national d’organisation de la 26e édition du Fespaco installé le 2 novembre 2018 comme une «équipe de fous» pour un «programme de malade» avec lesquels vous entendez marquer la mémoire collective...

Yacouba Traoré: Le comité est composé de 12 conseillers et 22 présidents de commission. C’est peut-être un abus de langage, mais de toutes les façons, il faut être un peu fou pour gérer des artistes, pour gérer une activité artistique, parce que les artistes eux-mêmes sont des fous. Faire de l’art, c’est penser à côté, comme disait Einstein. Faire de la fiction, c’est penser à côté. Celui qui crée, l’artiste, le cinéaste, le romancier, même s’il ne le dit pas, quelque part, il est fou au point de se comparer à Dieu, en créant des personnages, en décidant de les tuer ou de les laisser vivre. Nous, nous sommes d’autant plus fous que nous sommes amenés à casser des codes, à faire les choses différemment, à présenter des spectacles qui sont à la hauteur des 50 ans du Fespaco. Un programme de malade parce qu’il ne faut pas qu’il y ait une seule activité qui ennuie, car, comme l’a dit le penseur, «l’ennui est né un jour de monotonie». Et je l’ai dit à la "commission cérémonies" dirigée par Seydou Zongo, alias Zêdess. Avec cette équipe très compétente constituée essentiellement de gens qui travaillaient déjà à la délégation du Fespaco, nous allons essayer d’innover, que ce soit à la cérémonie d’ouverture, à la réception que le chef de l’Etat organise en l’honneur des cinéastes, ou surtout à la cérémonie de clôture ponctuée de remises de prix, il ne faut pas que ça ennuie!  

Quelles sont les innovations prévues à cette édition liées ou non au cinquantenaire, et pourquoi?

Nos réflexions, au niveau du comité d’organisation, tournent principalement autour de trois axes. Le premier axe consiste à faire un festival qui respecte les normes professionnelles. Le deuxième vise à aller à la rencontre du public. Et le troisième axe a trait à l’hommage que nous voulons rendre aux pionniers et aux disparus. Nous n’allons pas nous contenter des publics qui viennent dans les salles de cinéma. Nous envisageons des projections au niveau des différents établissements d’enseignement, parce que, quand les pionniers venaient dans les années 69, leurs publics étaient constitués d’étudiants et de scolaires. Et les Ousmane Sembène faisaient le tour de certains établissements. Il est vrai qu’il y a un espace jeune au niveau des commissions du Fespaco, mais nous voulons aller au-delà. Il s’agit de déconcentrer le rayon habituel du festival en allant au-delà du siège et d’Azalaï. Moi, je suis fier d’avoir été choisi comme président du comité national d’organisation, car, à la toute première édition, en février 1969, donc il y a 50 ans, c’est une journaliste de télévision, Alimata Salembéré, qui a été la présidente de l’organisation. C’est donc pour moi une fierté de lui emboiter le pas pour rendre hommage aux pionniers comme Ousmane Sembène qui a aidé à asseoir les bases d’un cinéma national au Burkina Faso bien que n’étant pas Burkinabè. La petite histoire est que quand l’Etat voltaïque a récupéré la petite manifestation créée par les Claude Prieux, François Bassolé, madame Salembéré, pour en faire le Fespaco, les distributeurs de films avaient décidé d’augmenter les droits d’entrées dans les salles. Le chef de l’Etat de l’époque, Aboubacar Sangoulé Lamizana, était alors fâché et a décidé de nationaliser les salles de ciné. On a alors envoyé un monsieur en France pour chercher des films mais il n’est revenu qu’avec un seul film, "Z", de Costat-Gavras. C’est alors qu’ils ont appelé Sembène qui est venu se mettre à la disposition du cinéma africain et a décidé que ses films ne sont plus en compétition au Fespaco. Sans des personnalités comme Lamizana, le Fespaco n’existerait pas, il serait difficile de parler d’un cinéma national. Sur les droits d’entrée dans les salles de ciné, il prélevait 15% qui allaient dans un compte domicilié au Trésor public et qui était destiné à financer les productions cinématographiques. Les premiers longs métrages burkinabè ont été financés par ce fonds-là. 

En quoi pourrait consister cet hommage aux pionniers?

Le ministre de la Culture du Burkina Faso a écrit à l’ambassadeur de France pour que nous puissions disposer des images de la première édition. Il n’y en a pas, ni à la cinémathèque ni aux archives nationales, ni même les Carrefour africains de février 1969. Nous sommes donc obligés de nous adresser notamment à l’Institut national de l’audiovisuel (INA) en France. L’hommage aux pionniers et aux disparus fait partie du conducteur de la cérémonie d’ouverture. Malheureusement, Mamadou Dim Kola, le réalisateur du premier long métrage burkinabè, Le Sang des parias, n’est plus, mais René Bernard Yonly, réalisateur du deuxième long métrage, Le Chemin de la réconciliation, dont l’acteur principal est Seydou Richard Traoré, promoteur de Seydoni Production, est encore vivant. 

Et puis nous allons placer l’ouverture comme la clôture sous la symbolique du chiffre 50. Cinquante amazones par exemple qui font irruption dans le stade avec le drapeau du Fespaco. Nous voulons casser également les codes au niveau de la médiatisation, surtout dans le rôle que la télévision doit jouer dans les temps forts du cinquantenaire du Fespaco. La télé ne doit pas se contenter de venir couvrir, elle doit participer à la conception. Je trouve que la télé ne joue pas suffisamment sur le suspens en donnant par exemple de courts extraits des films nominés avant la proclamation des résultats. Je ne néglige pas les autres médias, chaque média jouera sa partition. Mais notre premier public au Fespaco, ce ne sont pas ceux qui sont au stade, ce sont ceux qui suivent la cérémonie en direct à la télé. Ceux qui sont au stade sont plutôt des acteurs de la cérémonie. 

Vous avez également parlé du deuxième axe qui concerne le respect des normes professionnelles… 

Pour le respect des normes professionnelles, il y a déjà la prise en compte de certains genres qui sont en vogue. Il y a désormais le genre documentaire qui fait partie du palmarès officiel.

Et le mini- Fespaco dans tout cela?    

Le mini- Fespaco qui a lieu après le festival, en plus de Bobo Dioulasso, va s’étendre à Ouahigouya. Le ministre nous a également suggéré de voir dans quelle mesure l’on peut faire une tournée de projection dans les différents chefs-lieux de région des différents Etalon de Yennega, avant la tenue du Fespaco. 

 

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