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CULTURE

« Moah, le fils de la folle » est le titre du tout premier roman de  Alexis Pengwendé Yaméogo alias Clément Zongo. Premier prix du Grand Prix national des Arts et des Lettres (GPNAL)  lors de la 19 e édition  de la Semaine Nationale de la Culture tenue en 2018, le roman, inspiré d’une histoire vraie dont  l’auteur fut  témoin, a été  dédicacé  le samedi 2 février 2019 à Ouagadougou.

L’auteur Clément Zongo est un homme de plume aux « multiples talents ». Il est connu en tant que communicateur, conseiller des affaires culturelles, journaliste chroniqueur,  poète, romancier, nouvelliste, maître de cérémonie.

« Moah, le fils de la folle »,  une œuvre de 210 pages,  est  une véritable aventure de 34 chapitres tirée d’une histoire vraie  combinée à de la fiction. Elle déroule les péripéties de la vie de ''Moah'' et sa mère qui est une folle mais qui, au final deviendra président de la République de ''Gomboland ''. 

Comme l’auteur le dit, il est lui-même comme un grand miroir qui se balade et capte tout de la société. Ces écrits prennent toujours source dans le vécu. ‘’ Moah, le fils de la folle’’, préfacé par Yves Dakouo, professeur de sémiotique à l’Université Ouaga 1 ,est l’histoire d’un enfant de 5 ans collé comme un vêtement  à sa mère qui est ‘’ une malade  mentale ‘’ « J’essaie de retracer un peu l’histoire de cet enfant parce que c’est une histoire vraie que j’ai vécu et j’ai essayé de couler cette histoire dans un imaginaire plus ou moins captivant.» a expliqué l’auteur.

Selon Clément Zongo,  n’ayant pas pu supporter cette scène ‘’malheureuse’’ vécue, il s’est décidé deux semaines plus tard  à écrire le roman : « Voir cet enfant dans ce marché ce jour qui refusait d’aller chez sa propre mère, c’était très touchant et je me suis demandé pourquoi un enfant si innocent qui est d’habitude avec sa maman, choisit ce jour-là pour refuser d’aller dans ses bras.  J’avoue que quand je suis rentré je n’ai pas pu supporter ». Pour Clément Zongo, le roman est une métaphore qui s’appuie sur la fiction pour dénoncer les tares d’une étonnante humanité en perdition. C’est un véritable pamphlet jeté à la figure de l’indifférent au cœur blindé qui résiste à la compassion. Ce roman est même une invite à la renaissance spirituelle de l’être humain 

« C’est une façon pour moi d’interpeller les gens. Même si vous ne pouvez pas aider ces gens-là, ne les marginalisez pas, ne les stigmatisez pas, essayez de faire ce que vous  pouvez  pour eux. C’est un cri de cœur que je lance à tout le monde. Quand nous voyons ces femmes malades qui tombent enceintes de personnes ‘’saines’’ comme vous et moi ; vous avez beau cherché  les raisons,  c’est difficile de comprendre ».

 A en croire le représentant du parrain, Soumaila Sako, la thématique développée dans cette œuvre répond aux préoccupations  du ministère en charge de la Solidarité nationale et, au-delà de la fiction, cette œuvre est une coupure de la réalité, la vérité d’un monde en quête de valeur et de sens. Pour lui, l’histoire relatée dans ce roman n’est pas qu’une simple caricature d’un monde en perdition, c’est le quotidien de notre société « En effet, « Moah le fils de la folle » décrit le destin implacable d’une existence persécutée, ridiculisée, abandonnée.»

Paru aux éditions  Céprodif, le roman est disponible dans les  librairies de la place, à Sidwaya et à la RTB au prix de 5 000 FCFA.

 

 

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