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Zimbabwe: Le président Robert Mugabe a fait sa première apparition publique depuis le coup de force de l'armée
Burkina Faso: Blaise Compaoré sort de son silence et dément tout lien avec les terroristes basés au Sahel 

CULTURE

Etabli depuis 13 ans maintenant à New York, aux Etats-Unis, Kiswendsida Gérard Koala, très attaché à la culture de sa terre natale, crée, en 2015, le Festival Ouaga New York afin de faire vivre la culture burkinabè dans cette ville américaine en symbiose avec la diaspora. Fasozine a rencontré pour vous celui qui faisait partie, dans les années 2000, du grand cercle des opérateurs culturels et promoteurs de spectacles burkinabè les plus en vogue, et qui est aujourd’hui agent social et disc-jockey à New York. Il aborde entre autres, avec notre reporter, les grandes articulations de son événementiel, dont la troisième édition se tiendra du 15 au 17 septembre 2017.

Fasozine: Comment est né le Fony?
Gérard Koala: Ce sont des sentiments d’amertume qui m’ont amené à initier ce festival. Durant les 13 ans de ma vie aux Etats-Unis d’Amérique, j’ai animé des cérémonies lors d’événements organisés par des Sénégalais, des Ivoiriens, entre autres où défilaient plusieurs artistes de ces pays. Alors je me suis demandé pourquoi pas les nôtres. C’est ainsi que m’est venue l’idée de créer le Fony (Festival Ouaga New York, Ndlr).
Au-delà de la musique, on s’est dit que le Burkina Faso est un grand pays de culture avec le Fespaco, la SNC et le Siao, etc. Il nous fallait regrouper tous les acteurs intervenant dans ces secteurs en un seul festival nommé Fony, qui servira de pont culturel entre les deux villes que sont Ouagadougou et New York.

Quel bilan tirez-vous des deux premières éditions?
En deux éditions, nous avons réussi à faire venir une quinzaine d’artistes musiciens, cinéastes, plasticiens à New York. Nous pensons donc que nous avons contribué à faire découvrir notre culture au peuple américain et à interpeller nos concitoyens sur le rôle de la culture dans la valorisation de notre identité.
Au cours du festival, quand tous les Burkinabè et leurs enfants vivant à New York arborent leur tenue traditionnelle en Faso Danfani et en luili-péendé, vous avez l’impression qu’on a transporté Ouagadougou à New York et c’est très beau à voir!

Comment arrivez-vous à relever le défi d’organiser un festival dans une ville cosmopolite comme New York?
Cela n’est pas du tout facile, en effet. Cependant, nous avons l’avantage de croire à ce que nous faisons. Tous les membres de l’équipe qui travaillent dans l’organisation du Fony adorent leur pays. Et cela est devenu pour nous une obligation de réussite malgré les obstacles. Mais nous surmontons les difficultés grâce au soutien des autorités burkinabè et notamment du président du Faso, du ministère en charge de la Culture, de celui en charge des Affaires étrangères, et surtout du peuple burkinabè

Quelles sont ces difficultés?
Les difficultés sont d’abord d’ordre financier. C’est pour cela que toutes les personnes qui travaillent pour le Fony le font par patriotisme sans attendre aucune contrepartie financière. Il faut que les uns et les autres comprennent que lorsque nous venons chercher des sponsors et partenaires financiers, c’est pour nous aider à couvrir le budget du festival.
En plus de cela, il nous faut aussi communiquer pour mieux faire comprendre l’objectif visé par le festival à nos compatriotes vivant au Burkina. Le Fony est créé pour tous les Burkinabè et nous attendons que les Burkinabè prévoient dans leur programme annuel ce déplacement annuel pour New York en septembre, pour aller faire vivre la culture burkinabè au reste du monde. Ils ne doivent pas attendre que nous les invitions.

Quelles sont les différentes activités menées pendant le festival?
A partir de la deuxième édition, nous avons décidé de tenir le Fony sur trois jours. Trois jours durant lesquels nous avons trois actes: la cérémonie d’ouverture suivie de la rencontre professionnelle; la soirée gala; la foire aux brochettes.
La rencontre professionnelle est une activité où nous débattons avec des spécialistes de différents sujets qui ont trait à la culture et au développement socioéconomique, tandis que la soirée gala demeure l’activité majeure du festival. C’est une nuit culturelle au cours de laquelle nous organisons des projections de films burkinabè, des défilés de mode avec des tenues traditionnelles comme le Faso danfani, le tout agrémenté par une dégustation de mets locaux et une prestation scénique d’artistes chanteurs et comédiens. C’est au cours de la soirée que l’on procède à la remise du grand prix du Fony à une personnalité qui aura œuvré, au cours de l’année, à promouvoir le Burkina Faso à travers ses actes.
Quant à la foire aux brochettes, c’est un moment gastronomie où on ne grille que des brochettes made in Burkina dans un grand parc. Tout le monde y va habiller en tenue burkinabè, ce qui crée naturellement une attraction.

Pourquoi un grand prix du Fony?
La particularité du grand prix Fony est qu’il n’est pas décerné à l’issue d’une compétition. C’est la coordination du Fony qui décide de donner le grand prix Mahamadou Ouédraogo — du nom de ce grand homme de la culture burkinabè — à un Burkinabè qui, dans un coin du monde, aura œuvré de par ses actions à faire quelque chose de fabuleux au profit du Burkina Faso.
Le lauréat de la première édition, en 2015, était le président Michel Kafando qui, par sa gestion de la Transition, a réussi à garder notre pays dans une cohésion parfaite et à préserver notre pays au cours d’une année. Lors de la deuxième édition du festival, ce prix est revenu concomitamment à deux personnalités: le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, pour sa promotion du Faso Danfani à travers son habillement, et l’opérateur économique burkinabè Issaka Sawadogo, basé en Côte d’Ivoire, qui a sauvé la vie de plusieurs Burkinabè pendant la crise ivoirienne, en permettant que des bus les transportent de leurs lieux de résidence — où ils étaient menacés de mort — à leurs villages du Burkina.

Que prévoyez-vous de spécial pour l’édition 2017 du Fony, qui se tiendra du 15 au 17 septembre prochain?
La troisième édition se tiendra effectivement du 15 au 17 septembre 2017 à New York sous le thème «Bâtir ensemble le Burkina Faso avec sa diaspora». Pour ce faire, nous allons inviter des spécialistes du domaine de la culture, mais aussi du domaine associatif parce que nous avons vu comment la jeunesse au Burkina a contribué à faire beaucoup de choses ici. Nous voulons que cette jeunesse vienne échanger avec les jeunes burkinabè de la diaspora.
Lors de ces échanges d’idées, il faut que l’on puisse trouver ensemble des propositions concrètes pour faire comprendre à la diaspora qu’elle a une part de responsabilité dans la construction du Burkina Faso. De même, il faut que les Burkinabè qui sont restés au pays comprennent que leurs frères et sœurs de la diaspora, lorsqu’ils décident de revenir, doivent avoir de la place pour qu’ensemble ils puissent construire notre pays.

Quelles sont les perspectives?
Nous souhaitons que dans le futur, le Fony puisse être cité parmi les grands festivals connus dans le monde comme le Fespaco, les Nuits d’Afrique à Montréal, au Canada. En somme, s’élever au rang d’activité génératrice de changement de vie pour les populations vulnérables.
De par le Fony, nous essayons maintenant de mener une action sociale. L’année dernière par exemple, nous avons voulu offrir un seul forage à un village, et grâce à nos partenaires, nous avons pu avoir une promesse de huit forages! Cette année et les années à venir, nous verrons ce que nous pouvons faire pour venir davantage en aide à nos compatriotes en difficulté.

© Fasozine N°70, Juillet-Août 2017

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